LAINES.
LAINES
L
LABDANUM. Le labdanum y ou ladanum y est unerésine onctueuse d’une odeur agréable qui se trouve surles feuilles et les branches du cystus creticui, plantequi croit dans l’île de Candie et dans la Syrie . Natu-rellement c’est une substance molle et d'une couleurbrune foncée ; mais elle devient dure quand on la con-serve; sa densité = 4,1006; elle a un goût amer. Ons'en sert principalement en médecine pour faire desomplâtres.
LACET {machine à faire le). Voyez COBDONNet.
acide LACTIQUE. Cet acide, découvert par Schéele dans le petit lait, et retrouvé depuis dans beaucoupd’autres substances fermentées, se prépare ordinaire-ment, en réduisant le petit lait à 4/8 de son volume,filtrant, ajoutant de la chaux, filtrant de nouveau, fai-sant cristalliser le lactate de chaux, le purifiant parcristallisation, et enfin le décomposant par l’acide oxa-lique et filtrant.
Pur et concentré dans le vide, l’acide lactique con-stitue un liquide incolore et sirupeux, renfermant deuxéquivalents d’eau, et dont la composition est repré-sentée par la formule C® H 8 O* 2 H (I) 2 O.
L’acide lactique forme, avec les bases, des sels quiportent le nom de lactates ; le seul de ces sels qui aitquelque importance au point de vue qui nous occupe,est le lactate de fer, très employé en médecine contre lespâles couleurs, etc., et qui se prépare en grand pardouble décomposition, au moyen du lactate de chauxet du sulfate de fer.
LACTOMÈTRE. Voyez lait.
LAINES ( FABRICATION DES ÉTOFFES DE ). —Des laines , de leurs caractères et de leur emploi. Lalaine est une des matières textiles qui présente au plushaut degré les propriétés les plus recherchées dans laconfection des tissus: sa finesse, sa douceur, sa résis-tance si puissamment développée par sa propriété feu-trante, son affinité pour les couleurs, sa faible conduc-tibilité de la chaleur, et ses propriétés évaporatoires ethygrométriques, concourent à donner aux étoffes qu’elleproduit la légèreté, la souplesse, la richesse des nuanceset les qualités hygiéniques si nécessaires aux vêtements,tentures et tapis.
Ces caractères qui sont plus ou moins développéssuivant les nombreuses variétés de laines qu’on ren-contre, ont permis à l’industrie de modifier les pro-priétés des tissus qu’elle sert à fabriquer, de manièreà les rendre d’un’usage convenable à tous les climats,en utilisant une matière première que presque tousfournissent, et qui a dû dès les temps les plus reculésoffrir aux peuples pasteurs les ressources qu’en retirel’agriculture moderne. On peut donc considérer l’in-dustrie des laines comme une des plus anciennes et desplus universelles.
La recherche de son origine nous conduirait néces-sairement à répéter ce que la plupart des auteurs, surla matière, ont déjà dit, et à prouver que les livres lesplus anciens qui nous soient parvenus mentio nn ant lestissus de laine. '
Nous nous bornerons à citer les lois du Manou, qu’onconsidère comme antérieures à la Bible , et dans les-quelles il est question d’étoffes de laines et de draps enpoils de chèvre (4 ) ; mais rien ne nous apprend si cesétoffes de laines étaient feutrées et foulées ; tout fait
0) <20 versets, V« livre des lois du Manou, traduites dusanscrit par M. Munk.
présumer le contraire; le foulage diminuant la souplessedes tissus en augmentant leur propriété conservatricede la chaleur, a. par cette raison, dû être évité par laplupart des peuples de l’Orient.
Mais quoique l’application de la propriété feutrantede la laine, qui lui donne un caractère si tranché parmiles matières textiles, paraisse plus récente et être dueaux peuples du Nord, on n’est pas pins fixé sur letemps, les lieux et les circonstances qui lu! ont donnénaissance, qu’on ne l’est sur l’origine de la plupart desindustries en général. Pline parle cependant du foulageet le fait remonter à une haute antiquité.
Ce qu’il y a de remarquable et ce qui doit d’ailleursêtre encore une preuve de l’ancienneté de la fabricationdes étoffes de laine drapées, c’est que les premièrestraces que nous pouvons découvrir des procédés em-ployés, nous montrent que l’on se servait alors de tousceux pratiqués encore aujourd'hui.
Les statuts, ordonnances, lettres, patentes, sur ladraperie et la foulonnerie, remontant au douzièmesiècle, de précieux vitraux de couleur que les églisesd’Elbeuf doivent aux premières corporations des drape-ries ; des échantillons d’étoffes de la même époque quenous avons pu exatniner nous ont confirmé ce fait, etprouvent que non seulement tous nos procédés d’au-jourd’hui étaient en usage, mais qu’on les appliquaitdéjà avec beaucoup d’habileté.
Le progrès moderne se borne donc exclusivement à l’a-mélioration et au perfectionnement des machines qui ontcontribué à fabriquer plus vite, plus régulièrement etplus facilement.
Mais cette amélioration duc à l'introduction des ma-chines, qui remonte à peine à un demi-siècle, paraitdéjà être arrivée à sa limite, si nous en jugeons par lesnombreuses et vaines tentatives faites journellementdans la même direction sans pouvoir sortir des erre-ments connus ; aussi pensons-nous que la loi du progrèsdoit désormais recevoir son accomplissement par uneautre voie.
Nous espérons éclairer et justifier ces idées parlesobservations que nous aurons à présenter dans la suitede cet article.
Production de la laine. On sait que la laine employéepar l’industrie est une matière cornée, sécrétée, à tra-vers une quantité innombrable de pores ou de filières,de formes plus ou moins régulières dont l’épiderme dumouton est parsemé, que cette substance flexible etcassante se prolonge à l’extérieur de la peau par desdéveloppements qui partent de la base et vont se dessé-cher en s’accumulant au sommet, qu’elle a une consti-tution et des fonctions analogues à celles des cheveux,poils, plumes, etc.
Elle est le plus précieux rapport du mouton vivant,dont on la récolte annuellement dans la saison chaude(courant de juin) (4 ), on la désigne alors sous le nom delaine en toison, pour la distinguer de celle provenantdes animaux morts à la boucherie, ou par suite de ma-ladie, que l’on connaît indifféremment sous le nom d’é-couillesy pelures., ou pélades; cette dernière dénomina-tion est plus spécialement usitée dans le Midi pour 1©3laines de Provence .
Les laines de bêtes mortes à la boucherie sont moinsestimées que celles de toison, et plus que celles prove-
(I) Dans certains pays la tonte a lieu deux fois par ai.,
au printemps et en automne.