DICTIONNAIRE
DES
ARTS ET MANUFACTURES.
--
. G
GAIAC ( angl. guaiac, ail. guaja harz). Résine quiexsude de l'arbre appelé guaiac officinalis qui croîtdans les îles de l’Inde occidentale, et qui n’est guèreemployée que dans les pharmacies.
GALACTOMÈTRE. Aréomètre dont on se sert pourreconnaître la qualité du lait.
GALBANUM. Gomme-résine qui exsude spontané-ment ou par des incisions du bubon galbanum, plante dela famille des Ombelliferes , qui croît en Afrique et parti-culièrement en Ethiopie .
GALENE (angl. galena , ail. bleigîanz). Nom donnéau plomb sulfuré. Voyez plomb.
GALIPOT. Nom donné à la térébenthine du pinusmaritima , solifiée sur l'arbre. Lorsqu’il se trouve mé-langé de débris d'écorces et plus impur, il prend le nomde boiras (voyez térébenthine).
Le galipot est employé dans la fabrication des verniscommuns.
GALLATES. Sels formés par l’acide gallique. Voyezl’article suivant.
noix de GALLE {angl. gall-nuts, a II. gallæpfel).On donne ce nom à des excroissances que l’on trouvesur les feuilles et les menues branches de la variété dechêne dit quercus infectoria , qui croît dans le Levant.Elles sont produites par la piqûre d’un insecte du genrecynips d6 Linnée et de l’ordre des hyménoptères, qui ydépose ses œufs; ils se développent en s’entourant d’uneespèce de tubercule qui est la galle elle-même qui s’ac-croît jusqu’à ce qu’ils aient subi leur métamorphose ;alors ils en percent la paroi et s’échappent; passé cetteépoque la galle pâlit, devient moins dense, moins astrin-gente, et perd ainsi successivement les qualités qui lafont rechercher.
Il résulte du mode de formation des galles, qu’ellessont dues à une extravasion des sucs végétaux et qu’ellesdoivent présenter une organisation ou au moins un tissuhomogène; c’est en effet ce que l’on observe : unegalle de bonne nature présente une cassure entièrementgrenue, brillante au soleil, et qui offre à peine quel-ques différences vers la périphérie, où les matériauxextravasés ont dû subir une altération de la part del’air.
Les galles, quelles qu’elles soient, renferment toutesbeaucoup de tannin, ce qui les rend propres à être em-ployées dans la fabrication des encres, la teintureen noir, le tannage des peaux, etc.
Les galles d’A lep sont les plus estimées ; on en dis-tingue trois sortes : les galles noires qui forment laqualité supérieure sont petites, très denses et très ra-boteuses. Elles renferment presque toujours l’insecteavec lequel elles se sont développées, ce qui se recon-naît à ce qu’elles n’offrent aucune perforation ; lesgalles blanches, plus grosses, moins denses et raoius ra-
boteuses que les galles noires, sont beaucoup moins esti-mées ; les galles vertes ont un aspect et des qualités inter-médiaires àcellesdesdeux espèces précédentes. Les gotode Smyrne sont comparables aux galles d’Alep sous tousles rapports ; mais elles leur sont inférieures en qualité.La Dalmatie , l’Illyrie , la Calabre , etc., produisent desgalles inférieures aux précédentes, plus petites, et quicroissent sur le quercus cerris. Enfin, on trouve enFrance , et généralement presque partout, des gallesde qualités très inférieures, qui croissent sur le chênevert ( quercus ilex ) et le chêne ordinaire ( quercus ro-bur), et qui ne sont guère employées que pour le tan-nage.
Le principe utile et astringent des noix de galle estle tannin, que l’on en retire aisément comme il suit :on prend un tube de verre droit, long et étroit, que l’onétire légèrement à l’extrémité inférieure, dans laqaelleon place ensuite une meche de coton, et que l’on intro-duit dans le col d’un flacon ; on remplit à moitié letube de noix de galle grossièrement pilée et légèrementtassée, puis on verse par dessus de l’éther sulfu-rique hydraté, et on ferme le tube avec un bouchon.La liqueur qui s’est rassemblée au bout de 24 heuresdans le flacon forme deux couches : la couche supérieure, qui est de l’étlier presque pur que l’on enlève etqui peut servir pour une autre opération, et la coucheinférieure qui est une dissolution de tannin dans l’eauprovenant de l’éther et de la noix de galle non dessé-chée. La dissolution est presque sirupeuse ; en l’évapo-rant à sec, sous le récipient d’une machine pneumati-que, on a une matière boursouflée et incristallisable,qui est du tannin dans le plus grand état de pureté quel’on ait pu obtenir.
En épuisant la noix de galle par l’éther, on en re-tire de 40 à 4o p. 100 de tannin.
Le tannin ou acide tannique ( ail. gerbsaure ) est unvéritable acide, rougissant la teinture de tournesol etse combinant avec les bases pour former des tannates.Il est très soluble dans l’eau et l’alcool, moins dans l’é-ther ; il possède une saveur très astringente. Le tanninou l’infasion aqueuse de la noix de galle précipite ungrand nombre de sels métalliques, et cette propriété estquelquefois employée dans l’analyse qualitative. Avecles sels de protoxyde de fer, il n’y a pas de précipité ;avec les sels de peroxyde de fer, il y a un précipitéd’un noir-bleu intense (encre) qui reste en suspensiondans l’eau ; avec les sels de titane, le précipité est d’unrouge de sang; enfin, ki plupart des précipités par lessels métalliques incolores sont d'un blanc sale. Le tan-nin précipite complètement la gélatine, et réciproque-ment ; le précipité est caséeux ; c’est lui qui se formedans le tannage des peaux. La composition du tanninest représentée par la formule C 18 H 16 O lî . A l’état soc,
\ 43