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GÉOLOGIE.

GÉOLOGIE.

Une formation sédim&ntaire, d’après ce qui a été ditprécédemment, est l’ensemble des couches déposéesdans l’intervalle de deux révolutions.

Les caractères distinctifs d'une formation indépen-dante sont :

Les caractères de gisement et de stratification ;une formation indépendante pouvant reposer presqueindifféremment sur toutes celles qui l’ont précédée, etprésentant avec elles, ainsi qu’avec celles qui l’ontsuivie, des discordances de stratification plus ou moinsfréquentes.

2" Les caractères de composition; car, malgré lesnombreuses anomalies qui peuvent exister, une forma-tion a presque toujours des caractères de compositionqui lui sont propres, soit qu’ils résultent de la naturemême des roches constituantes ou de substances acci-dentelles, surtout si on la considère dans des contréesassez rapprochées.

3° Les caractères organiques, soit qu’ils résultent dela présence de certains fossiles qui seront tout à faitpropres à cette formation, ou qui s’y trouveront avecune profusion remarquable, soit de l’absence totale deceux qui caractérisent les formations voisines.

Généralement, deux formations superposées serontdistinctement séparées, même lorsque leur stratifica-tion sera concordante, si elles ne se suivent pas immé-diatement dans l’échelle géognostique, de telle sortequ’il y ait entre elles une lacune. On voit, dans ce cas,les caractères précités se modifier, à partir d’une lignenettement déterminée; mais il n’en est pas ordinai-rement ainsi pour deux formations qui sc suivent im-médiatement. On voit alors les couches supérieures del’une alterner avec les couches inférieures de l’autre,les caractères minéralogiques et zooiogiques se fondreet se modifier graduellement, de telle sorte qu’il n’y achangement complet qu’en faisant abstraction d’un en-semble de couches plus ou moins puissant. En un mot,lorsque deux formations consécutives se sont super-posées sans qu’il y ait discordance dans leur strati-fication , il y aura très souvent passage de l’une àl’autre.

Les formations se subdivisent en étages, qui peuventdifférer entre eux par une composition tout à fait distincte, ou seulement par le développement plus oumoins grand de certaines roches. Ces étages peuventse diviser eux-mêmes en assises et les assises encouches.

La dénomination de terrain a une acception plusétendue que celle de formation. Un terrain peut eucomprendre plusieurs qui seront réunies entre elles pardes analogies plus ou moins prononcées, de telle sorteque les terrains représenteront les grandes uuités, c’est-a-dire les intervalles écoulés entre les grandes révolutions du globe; tandis que les formations qui subdi-visent ces intervalles seront isolées entre elles par desrévolutions qui, sans modifier aussi complètement laconfiguration des mers et des masses continentales,auront cependant amené des discordances de stratifica-tion , la génération de roches différemment caracté-risées, et ues changements notables dans la série orga-nique.

L’observateur qui parcourt une contrée où la sériedes terrains sédimentaires est très développée, doitd’abord bien reconnaître les caractères et les limitesdes formations les mieux caractérisées, afin de pouvoirensuite déterminer de proche en prodiges formationsqui se trouvent au-dessus et au-dessous de ces horizonsgéognostiques.

En considérant toute la série sédimentaire pour yétablir les plus larges subdivisions, deux terrains pa-raissent plus propres que tous les autres pour remplir

ce rôle d’horizons géognostiques. D’abord, le terrainhouiller, caractérisé par une très grande abondance decarboae, par un grand développement de roches aréna-cées et par des débris organiques, surtout des végétaux,très nombreux et très distincts. Ce terrain, étant géné-ralement exploité; est d’ailleurs mieux connu qu’aucunautre, et les discordances de stratification qui l’isolentpresque constamment des terrains inférieurs et supé-rieurs, le désignent en outre comme placé entre deuxdes principales révolutions du globe. Vient, en secondlieu, le terrain crétacé, terrain à la fois très développéet très bien caractérisé sous le rapport minéralogiqueet zoologique. Les caractères tranchés de ces deux ter-rains ont déterminé, dès la naissance de la géognosie,da subdivision des terrains sédimentaires en terrains detransition , terrains secondaires et terrains tertiaires.

La série des terrains de transition , qui comprend tousles terrains inférieurs au terrain houiller, est principa-lement composée de schistes, de roches d’agrégation etde calcaires cristallins, qui prennent souvent les cou-leurs sombres et la structure schisteuse qui semblentcaractériser la majorité de ces dépôts. Les êtres orga-niques commencent ù se développer dans cette période,et l’on y voit, outre de nombreux végétaux, des ani-maux placés tout à fait au bas de l’échelle organique ;tels sont les encrines, les productus, les trilobites, lesnautiles, les ortbocères, etc.... Les dépôts sont eu outreremarquables par les dislocations et les contournementsqu’ils ont éprouvés ; caractère, d’ailleurs, bien naturel,puisque étant les plus anciens, ils durent nécessaire-ment être affectés par toutes les oscillations qui ont eulieu pendant les périodes suivantes.

La série des terrains secondaires embrasse tons lesdépôts compris entre la limite inférieure du terrainhouiller et la limite supérieure du terrain crétacé : c’estla série la plus puissante et la plus variée. Les grès, lescalcaires, les argiles, en forment presque toute lamasse, et les minerais de fer, le gypse, le sel, y con-stituent des couches et des amas dont l’abondance estsouvent caractéristique. Beaucoup de fossiles, tels queles ammonites, les bélemnites, les gryphées, etc.,naissent et finissent avec cette période, pendant laquelleou voit se développer les animaux vertébrés.

La série des terrains tertiaires , qui comprend tous lesdépôts supérieurs au terrain crétacé, se compose aussiprincipalement de calcaire, de grès et d’argile, maison y remarque la diminution graduelle de l’influencedes agents chimiques. Les roches sont moins compac-tes ; les couches ont plus souvent conservé leur horizon-talité; enfin, les débris organiques y sont encore plusnombreux et plus variés que dans la série précédente.On y voit paraître les mammifères représentés, tantôtpar des animaux qui n'existent plus, tels que les anoplo-therium, les palæotherium. les mastodontes, etc.; tan-tôt par des analogues aux espèces actuelles, tels queles éléphants, les rhinocéros, les hyènes, les ours, etc. :le nombre des coquilles marines et fluviatiles y est pro-digieux, et elles ne présentent que peu d’analogie avecles coquilles secondaires. Les cérites, les turritelles, lescythérées, les planorbes, les lymnées, etc., sont les pluscaractéristiques.

Les dimensions de cet ouvrage ne nous permettentpas d’entrer dans les détails de description de chacunde ces terrains en particulier, pour lesquels nous ren-voyons aux ouvrages spéciaux, et nous nous contente-rons d’en présenter un résumé dans le tableau suivant,dans lequel nous intercalerons, entre chaque formation,les soulèvements qui ont marqué la limite de chacuned’elles. Ce tableau indiquera alors, à la fois, la positionrelative des terrains, l’époque de l’arrivée au jour desdifférents systèmes de montagnes, et la direction descouches de sédiment qui ont été relevées.