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GEOLOGIE .

GÉOLOGIE.

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TERRAINS IGNES.

Les roches igàées, quelle que soit leur homogénéitéapparente, sont généralement cristallines et composéesde divers minéraux soumis à certaines lois d’associa-tion. Ces minéraux sont le feldspath, le pyroxène, l’am-phibole, le quarz, le mica, l’amphigène, la serpentine,le péridot et le fer oxydé souvent titanifère.

Ces divers minéraux sont soumis, dans leurs associa-tions, à des affinités et à des antipathies qui paraissenttantôt inhérentes à leur nature, et qui, d’autres fois,semblent résulter de l’état particulier du globe à cer-taines époques. Ainsi, par exemple, le quarz, si abon-dant dans les granités, l’est beaucoup moins dans lesporphyres ; il est très rare dans les trachytes et nul dansles laves modernes. Or, si l’on observe que cette dimi-nution graduelle du quarz dans les roches ignées feld-spathiques, coïncide précisément avec leur ordre géo-gnostique, on sera directement conduit à conclure quel’état géogénique du globe fut tel, relativement auxroches ignées, qu’il tendait à l’élimination du quarz :la répulsion constante qui existe entre l’amphibole etle pyroxène, paraît aussi dériver de causes analogues.

Quant aux affinités et aux antipathies purement mi-néralogiques, on peut citer l’association si fréquente dufer oxydulé et des roches serpentineuses, celle qui existeeutre le péridot et les pyroxènes de la formation basal-tique, tandis que ce péridot est constamment éliminépar la présence du feldspath. L’exclusion du feldspathpar l’amphigène dans une partie des laves modernes,l’abondance du mica dans les granités, tandis que lessyémtes en contiennent beaucoup moins, les pétrosilexet les trachytes si peu, sont de nouveaux exemples,que l’on pourrait augmenter encore. On s’explique,d’après ces lois d’association, comment il se fait que lenombre des roches soit si peu considérable, relativementà celles dont on pourrait supposer l’existence.

Les formes qu’affectent les roches ignées sont géné-ralement massives ; elles présentent peu de lignes destratification. Souvent elles constituent seules les agglo-mérations montagneuses, en forme de groupes ou dechaînes, mais plus souvent encore elles ne constituentqu’une partie de ces contrées, soit qu’elles en couron-nent les crêtes, soit qu’elles apparaissent au pied desmontagnes, comme sur leur fracture d’élévation.

Leurs masses, tantôt agglomérées, tantôt entassées,so lient presque toujours, par leur distribution, auxgrands accidents du sol. Quant aux détails de leursformes, ils dépendent en grande partie de leur position.Les masses isolément superposées à la surface du sol,affectent tantôt celle de dômes arrondis, tantôt celle demurailles crénelées et dentelées, suivant la nature de laroche. Les formes plates et affaissées, celles de couléesplus ou moins morcelées, couronnant des sommitésd’une autre composition, sont également très fréquentes.Lorsque les masses ignées sont engagées dans les ter-rains préexistants, elles se présentent ordinairementsous forme de filons ou masses qui coupent la stratifi-cation, dont la puissance peut varier depuis quelquesdécimètres jusqu’à des centaines de mètres; leurs af-fleurements, tantôt difficiles à suivre, se prolongent quel-quefois, sous forme de hautes murailles, sur plusieurslieues de longueur. On les voit encore en masses inter-calées dans le sens de la stratification, tantôt si régu-lièrement qu’on les prendrait pour une couche sédimen-taire, tantôt avec des renflements, des étranglementset des ramifications qui annoncent leur intercalationpostérieure.

Quelle que soit du reste la position de ces massesignées, les détails de leur forme fournissent générale-ment des données sur leur mode d’émission et sur leurfluidité primitive. Ces appTéciations hypothétiques jet-tent un intérêt tout particulier sur cette classe de ter-

rains; elles conduisent à la connaissance de leurs phé-nomènes géognostiques. Quant à leur classificationgéognostique, elle ne peut guère s’obtenir que par l’é-tude des rapports qu’ils présentent avec la série desterrains sédimentaires.

En effet, les terrains ignés sont beaucoup plus remar-quables par la forme et la hauteur de leurs masses quepar leur étendue superficielle. Il en résulte Que l’on ararement des exemples de superposition entre eux, pourconstater leur âge relatif; et comme d’ailleurs les di-verses parties d’un même terrain ne sont pas contem-poraines, leur âge absolu ne peut être déterminé quecomparativement aux dépôts sédimentaires.

Les roches des deux séries se trouvent souvent encontact, et cependant l’on pourra, dans beaucoup decas, parcourir des contrées très étendues, sans que lesdépôts sédimentaires présentent d’interruptions. Cescontrées sont celles dont les surfaces planes sont for-mées de dépôts assez récents, et qui n’ont subi quedes dérangements peu considérables. Mais lorsque lescapots sédimentaires auront été fortement accidentés,de manière à donner naissance à des chaînes ou desgroupes de montagnes, il y aura presque toujours certi-tude de roches ignées.

La présence des roches ignées est donc intimementliée aux bouleversements qu’a subis le sol. Dans le casde soulèvement d’une chaîne de montagnes à traversune série plus ou moins compliquée de dépôts, ellesconstitueront souvent l’axe central, qui se trouveraainsi l’axe minéralogique de la chaîne, les terrains semontrant dans le même ordre sur chaque versant. D’au-tres fois, les masses ignées se présenteront alignées aupied de la chaîne; mais dans ce cas il y aura grandeprobabilité que leur sortie ne sera pas contemporaine dusoulèvement, et qu’elle n’aura eu lieu qu’à la faveur demouvements postérieurs. Dans l’un et l’autre cas, ladirection de ces masses sera parallèle à la direction dela chaîne, c’est-à-dire à la direction des couches sédi-mentaires.

Si le soulèvement, au lieu d’avoir eu lieu suivant uneligne droite, n’a affecté qu’un seul point de l'écorce mi-nérale du globe, les dépôts sédimentaires superposésauront été soulevés vers ce point central, vers lequelelles convergeront. Mais n’ayant point assez d’élasticitépour se prêter à la dilatation qu’exige un tel bombementdu sol, les couches se sont généralement rompues, lais-sant dans ce centre une cavité circulaire, que l’on estconvenu d’appeler cratère de soulèvement . C’est dans lecentre de ce cratère que se trouveront généralement lesroches ignées contemporaines du soulèvement.

Sous le rapport minéralogique, il semble que desproduits d’origines aussi différentes que les rochesignées et sédimentaires, doivent toujours être très dis-tincts. Cette distinction sera en effet très facile toutesles fois que ces dernières seront restées telles que les afaites la sédimentation; mais lorsqu’elles ont été encontact avec les roches ignées, les circonstances éner-giques de température et de pression, auxquelles ellesont été soumises, ont plus ou moins altéré leur naturepremière, de telle sorte qu’un centre de perturbation etd’émission des roches ignées est presque toujours, pourles dépôts sédimentaires, un centre d’altérations, quiiront toujours en diminuant, à mesure qu’on s’éloi-gnera de ce point, mais qui se propageront d’autantplus loin que l’action aura été plus vive et la roche plusimpressionnable.

Ces altérations sont faciles à expliquer, lorsque lesprincipes constituants sont restés les mêmes. Ainsi desgrès ont souvent été changés, par le contact des rochesignées, en quarz compacte, des calcaires en marbres,des grauwaekes on gneiss ; mais il n’en est plus demême lorsque de nouveaux principes ont été intro-, duits.

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