GLUCOSE.
GLUCOSE.
»e sacre de lait, etc., sous l’influence des acides éten-dus, donnent naissance à ce produit, et tout sembleprouver que le sucre de raisin a une composition iden-tique à la sienne.
La glucose se distingue du sucre de canne non seu-lement par sa cristallisation, mais encore par l’actiondes alcalis qui la brunissent, tandis qu’ils n’agissent passur le sucre de canne; elle a, en outre, une grandetendance à s’emparer de l’oxygène, ce que ne fait pasle dernier. Do là un procédé pour reconnaître si dusucre de canne renferme de la glucose. Si on dissout,par exemple, du tartrate de deutoxyde de cuivre dansune solution de potasse chauffée à 400°, le sucre decanne qu'on y projette ne donne lieu à aucun phéno-mène particulier, tandis que la présence delà glucosedans ce sucre, produit immédiatement un précipité d’hy-drate-de protoxyde de cuivre jaune, qui perd bientôtson eau pour produire du protoxyde de cuivre rouge etpulvérulent.
M. Barreswil, se fondant sur cette réaction, a imaginéun procédé pratique pour faire l’essai des sucres aumoyen de liqueurs titrées.
La glucose entre eu fusion à une température peuélevée ; à 1 40°, elle se convertit en caramel ; et, si onchauffe davantage, elle donne naissance aux mêmesproduits que ceux qu’on obtient par la décompositiondu sucre de canne dans les mêmes circonstances.
La glucose est moins soluble dans l’alcool que lesucre de canne; les acides concentrés la détruisent, etla transforment en acide saccharique et en acide oxali-que. Dissoute dans l’eau, la glucose, en présence d’unferment, éprouve immédiatement la fermentation al-coolique ; on sait que tous les sucres ne se transformenten alcool qu’après s’être préalablement transformés englucose.
Cette matière sucrée peut, comme le sucre de canne,donner naissance à des sels à bases de baryte, de chauxet de plomb ; on a même découvert un glucosate de selmarin.
Nous avons dit qu’on pouvait obtenir la glucosede différentes manières ; mais en grand, c’est de lafécule qu’on extrait cette matière.
La diastase et l’acide sulfurique peuvent égalements'employer pour cette préparation; mais si le premierde ces deux agents donne des produits plus purs et plusagréables au goût, le second agit plus rapidement surla fécule, et a, en outre, l’avantage de se trouver par-tout; aussi est-il le seul qui s’emploie industriellement.
En France , la fabrication de la glucose a fait derapides progrès ; dernièrement aussi, on préparait oe pro-duit dans onze fabriques, qui en livraient au commerce6,000,000 de kilogrammes.
Les opérations qui ont lieu dans la fabrication dusucre de fécule sont au nombre de dix :
1" Saccharification;
2° Saturation;
3° Dépôt et soutirage au clair ;
4° Première filtration sur du noir animal ;
5° Première évaporation;
6° Seconde filtration ;
7® Cuite du sirop ;
8° Repos et refroidissement ;
9°. Cristallisation et clairçage ;
10° Egouttage et séchage.
Le but de la iaccharification est de désagréger rapi-dement la fécule, de la convertir en dextrine, puisen sucre, à l’aide de l’acide sulfurique étendu, chaufféà 100°, température qui doit rester la même pendanttoute la réaction.
Sous l’influence de l’eau chaude, chaque grain defécule se gonfle, se distend, et, en présence de l’acide,se transforme en dextrine et devient soluble; à sontour, la dextrine est transformée en glucose. On peut
opérer à feu nu ou à la vapeur; le second mode dechauffage est généralement employé; le premier estdéfectueux, car, quand on l’emploie, il est bien diffi-cile de rester dans les limites de la température voulue ;et si on chauffe trop, il y a coloration du produit.Cependant, comme il est des circonstances où le chauf-fage à feu nu doit être employé, nous allons donner ladescription de l’appareil le plus généralement adoptédans ce cas.
Au-dessus d’un foyer ordinaire (fig. 1098), on dis-
mm
1098.
pose un disque de fonte bombé, sur lequel repose unechaudière en plomb, dont le fond a la même forme quele disque destiné à la protéger d’un coup de feu tropviolent. Dans cette chaudière, on met un poids d’eauquatre fois plus considérable que celui de la féculequ’on veut saccharifier; on ajoute peu à peu à cetteeau une quantité d’acide sulfurique égale à la cinquan-tième partie du poids de cette fécule, et ou chauffe lemélange jusqu’à l’ébullition On met alors la féculepulvérulente et sèche dans le liquide bouillant, portionspar portions, sans cesser le feu, et en agitant conti-nuellement pour empêcher le mélange de s’épaissir, carune formation d’empois s’opposerait aux réactions et àla transmission facile de la chaleur.-
La saccharification terminée, ce que l’on reconnaîtà l’action de l’iode sur la dissolution, on arrête le feu etl'on sature l’acide sulfurique, dont l'action prolongéebrunirait le liquide. Pour saturer cet acide, qui se trouveà l’état libre dans la dissolution, on emploie la craie depréférence à la chaux, car elle coûte moins cher quecette dernière. Les débris de pains de blanc de Meudonréduits en poudre sont excellents pour cet usage.
On ne doit ajouter que peu de carbonate de chaux àla fois, car si le dégagement de l’acide carbonique quiest mis en liberté était trop violent, comme le liquideest visqueux, tout déborderait et la chaudière seraitvidée.
On doit aussi, pendant la saturation, agiter le mé-lange avec un râble, pour établir le contact, afin qu’ilne reste pas de craie non attaquée.
Quand l’effervescence cesse, on s’assure, à l’aide d'unpapier de tournesol bleu, que tout l’acide sulfurique estsaturé, et s’il ne l’était pas on ajouterait encore de lacraie jusqu’à ce que le papier bleu cessât d’être rougi.
Quant au chauffage à la vapeur, son emploi nécessitedes appareils différents. On fait usage alors d’une grandeet forte cuve couverte, chauffée à l’aide d'un tuyau encuivre ou en plomb qui décrit un cercle au fond de cettecuve.
La vapeur est introduite dans l’appareil par des irai fsde scie disposés sur le côté du tuyau, car si elle arrivait