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GOUDRON MINÉRAL.

GOUDRON MINERAL.

térieur, sans odeur ni saveur, et à cassure nette etbrillante, mais opaque; délayée avec leau, elle formeune émulsion de la même teinte, qui, appliquée sur lepapier, sy dessèche facilement, et y forme un vernis dunjaune doré éclatant; aussi l'emploie-t-on avec avantagepour la miniature et laquarelle. En médecine, on sensert comme dun purgatif très énergique.

scammonée. Cette gomme-résine nous arrive duLevant, on lextrait, par incision, autour du collet dela racine du convolvulus scammonia\ elle est en masseporeuse dun gris cendré, friable, ayant une odeur delaitage aigri, et donnant une émulsion verdâtre avecla salive; délayée dans leau, elle y reste presque en-tièrement en suspension, et ne laisse que fort pey derésidu lorsquelle est pure. Cest un excellent purgatiftrès employé en médecine.

GONIOMETRE. Instrument servant à mesurer lesangles des cristaux. Voyez minéralogie.

GOUDHON MINERAL «a fur?* ou bttume. Nous avonsvu à ce dernier mot les applications qui ont été faitesde certains bitumes ou calcaires bitumineux au revête-ment des voûtes, pour les préserver de lhumidité, et àla confection des trottoirs.

goudron minéral artxficiel. La distillation de- houille pratiquée sur une graude échelle dans lesusines à gaz, donne en quantité considérableun goudronregardé longtemps comme une substance inutile. Il nya que peu dannées quon a tenté, comme nous lavonsvu à larticle éclairage au gaz, de lemployer commecombustible pour le chauffage des cornues au moyendappareils de combustion convenables; mais depuisquelques années cette substance, dont on cherchaitsurtout à se débarrasser, a trouvé plusieurs emplois im-portants, et est devenue la base de quelques curieusesindustries; nous les passerons en revue à cause delintérêt quelles présentent en elles-mêmes, et aussicomme exemple frappant des progrès des industriesfondées sur les sciences chimiques, par lemploi des ré-sidus obtenus dans certaines fabrications.

Acide carbnzotique ou pirrique. M. Laurent a montréque lacido azotique dans sa réaction sur de lhuilelourdq de houille (obtenue par la distillation du gou-dron entre 460 et 190 degrés centigrades), produit unacide dun beau jaune citron. M. Quinon, habile tein-turier de Lyon , a appliqué avec succès ce corps à la tein-ture sur soie. Il peut servir aussi à teindre la laine, maisil ne se fixe pas sur les fibres textiles dorigine végétale.

Voici comment M. Payen en décrit la préparation :

Dans une capsule ayant une capacité triple du vo-lume des matières employées, on verse trois partiesdacide azotique à 36°, dont on élève parla vapeur oule bain-marie la température a 60° centigrades; onretire la capsule de la source de chaleur et lon y versepeu à peu, à laide dun tube effilé plongeant jusquaufond, de lhuile de houille; à chaque additiou dhuileune vive réaction a lieu.

Pour compléter Ta transformation , lorsque toutelhuile est ajoutée, on verse trois nouvelles parties da-cide azotique, ou porte il lébullition, et lon fait éva-porer à consistance sirupeuse sans dessécher, car leproduit senflammerait.

Le liquide se prend par le refroidissement en massepâteuse, quon lave à leau froide pour éliminer lexcèsdacide; on fait dissoudre dans leau bouillante, onajoute à la dissolution do l'acide sulfurique très étendu(à 0,001) pour séparer la matière résinoide.

Le prix de cetto teinture est peu élevé, car 4 grammedacide suffît pour teindre 4 kil. de soie. Elle opèresans mordants, sans rinçage, à la température de 30 à40°. Elle fournit une couleur très belle et très solidepour les jaunes citrons clairs et moyens, depuis lanuance paille jusquà la nuance soufre, ou même mais,avec addition de rocou.

Fabrication des houilles agglomérées dites péras. Danslexploitation des mines de houille, on tire peu oupoint de valeur des menus fragments, et cela en raisonde la difficulté de les brûler sur des grilles au traversdesquelles ils passent en trop grand nombre.

On est parvenu avec succès dans quelques exploita-tions, et notamment à Blanzy , à en former des blocsqui offrent sur la houille en gros morceaux certainsavantages. Pour cela, après avoir lavé la houille pourla débarrasser des parties schisteuses, comme nouslavons vu à larticle coke, on la chauffe vers 200° eton limprègne de brai gras; le mélange, comprimé forte-ment par une presse hydraulique, prend la forme rec-tangulaire du moule, et les particules de bouille enduitesde goudron de houille concentré, contractent une adhé-rence assez grande qui saccroît encore par le refroidis-sement. On a imaginé dernièrement une machineprésentant, sur un disque qui tourne, les moules suc-cessivement remplis à laction dun levier articulé quicomprime rapidement le mélange; chaque pain com-primé est repoussé de bas en haut par le fond même dumoule, comme cela a lieu dans quelques machines à fa-briquer les briques. Cette machine diminue les dépensesde main-dœuvre, seul inconvénient du système, car lespéras bien fabriqués, cest-à-dire ne renfermant pasassez de brai gras pour se ramollir et se souder entreeux, résistent mieux que la plupart des bouilles. Ussont plus faciles à arrimer daus les soutes des ba-teaux, et permettent déconomiser deux dixièmes delespace.

Charbon de Paris . Une industrie curieuse a été fon-dée à Paris par M. Popelin Ducarrc, cest celle de lafabrication dun charbon moulé composé de matièrescarbonisées agglomérées en cylindres analogues aux for-mes ordinaires du charbon de bois. Cette agglomérationne peut être produite quau moyen dune substance sus-ceptible non-seulement de relier ces matières, maisencore de les maintenir après sa propre carbonisation.Le goudron provenant des usines déclairage au gazremplit parfaitement ccs conditions, de plus il laisse20 ou 25 centièmes de son poids de charbon exempt dematières volatiles et de cendres interposés entre lesparticules à réunir.

Quant aux matières premières linventeur a, nouscroyons, dépensé inutilement beaucoup dargent à vou-loir réaliser le programme quil sétait proposé dutili-ser les bruyères, les brindilles des forêts, toutes subs-tances de peu de valeur il est vrai à létat brut, mais quidevant être carbonisées dans des fours spéciaux ne va-laient pas les frais de transport et de carbonisation. Ilna pas été plus heureux en voulant employer dansune proportion considérable le tan épuisé, dont lestanneries de Paris nont quun débouché peu avanta-»geux. Lénorme proportion de cendres que produitun semblable combustible, analogue à celui connusous le nom de mottes, ne permet de lemployer quedans un petit nombre de cas. Les seules substancesqui fussent à la disposition de linventeur pour fa-briquer un charbon propre aux usages domestiques,et plus économique que le charbon de bois, étaient :4 ° la poussière de charbon de bois ; 2° la poussièrede charbon de tourbe, ces deux substances se con-centrant comme résidus des fonds de bateaux etdes différents magasins; et enfin 3° le coke. Les dé-bris de charbon dorigine végétale, en assurant la fa-cile combustion du charbon de Paris , ont permis lemélange dune certaine quantité de coke, et par suitela fabrication dun combustible assez économique, puis-que toutes les substances qui en font partie sont tontesmoins chères que le charbon de bois. On voit aussique ce combustible, formé nécessairement en grandepartie de charbon dorigine végétale, ne peut vraimentréussir quautant quon peut trouver à bon marché des