GRAVURE.
GRAVURE
Un contact d’une demi-minute entre le glyphogèneet le métal suffit pour produire les tons légers» et lemême liquide peut servir deux ou trois fois, si le travailexige plusieurs tons, en évitant toutefois de reverser surla planche le précipité qui se forme pendant la morsure.,
Gravure au burin. Le burin est une petite barre d’a-cier trempé, dont la section présente, soit un carré,soit un losange plus ou moins allongé. On affûteles burins en dressant sur une pierre à l’huile leurextrémité , suivant un plan plus ou moins inclinésur l’axe, d’où résulte une pointe plus ou moins sou-tenue formée par ce plan et deux faces du burin. Ainsi,pour la gravure sur acier, l’inclinaison doit être moin-dre que pour le cuivre ; si le bec était trop aigu, leburin s’égrènerait à chaque instant.
La soie du burin s’enfonce dans un manche en formede champignon, dont on enlève une partie qui empê-cherait d’iucliner suffisamment le burin.
U est clair qu’en faisant agir le burin sur la planchede cuivre, on creusera un sillon et on enlèvera un co-peau. En levant le poignet le burin s’enfoncera davan-tage, le trait deviendra plus large ; ce sera le con-traire en l’abaissant. Enfin, pour les parties circulaires,on trouve souvent avantage à faire mouvoir de lamain gauche la planche, pendant que la main droiteguide le burin.
On voit que pour graver au burin, soit qu’on fasseentièrement des planches par ce procédé, soit qu’oncomplète l’effet de l’eau-forte, il faut peu d’apprêt etpeu d’outils. Une planche de cuivre rouge bien polie ;un coussinet de cuir rempli de son ou de laine pour lasoutenir ; une pointe d’acier pour tracer ; divers burinsbien acérés pour inciser le cuivre ; un outil d’acier quia, d’un bout, un brunissoir pour polir le cuivre,et, de l’autre bout, un grattoir triangulaire et tran-chant pour le ratisser : une pierre à huile, montéesur son bois pour affûter les burins; enfin un tam-pon de feutre noirci, dont on frotte la planche pouren remplir les traits, et les mieux distinguer à me-sure que la gravure s’avance, sont tout l’équipaged’un graveur au burin, n’ayant besoin d’ailleurs d’au-cun autre apprêt, pour préparer sa planche, ni pour lagraver : le succès dépend d’un grand goût de dessin pourla disposition, et d’une main sûre et légère pour l’exé-cution.
Gravure en manière noire. Cette gravure a l’avan-tage d’être beaucoup plus prompte et plus expéditiveque celle en taille-douce. La préparation du cuivreest iongue et ennuyeuse, mais on peut se reposer de cetravail sur des gens qu’on aura dressés à cela ; il nes’agit que d’un peu de soin, d’attention et de patience.
Pour cette préparation, on se sert d’un outil d’acicrappelé berceau , qui est d’une forme circulaire, afinqu’on puisse le conduire sur la planche sans qu’il s’yengage ; il est armé de petites dents très fines, forméespar les hachures que l’on a faites à l’outil en gravantdessus des traits droits, fort près les uns des autres ettrès également espacés.
On balance ce berceau sur la planche sans appuyerbeaucoup, en sens horizontal, en sens vertical, et endiagonale. Il faut recommencer cette opération environvingt fois, pour que le grain marqué sur le cuivre soitd’un velouté égal partout et bien moelleux; car c’estde l’égalité et de la finesse des hachures, marquées parl'instrument sur la planche de cuivre, que dépend toutela beauté de cette gravure. C’est cette finesse de ha-chures en tous sens que l’on appelle grain velouté etmoelleux, parce que, si on imprimait avec cette plan-che ainsi préparée, elle donnerait au papier l’apparenced’un velours de la même couleur que celles qu’on au-rait employées pour l’impression.
Cette opération se fait aujourd’hui très bien parprocédés mécaniques.
Quand la planche est entièrement préparée, commenous venons de le dire, on calque son trait sur le cuivre en frottant le papier du trait par derrière avec dela craie; comme elle ne tient pas beaucoup, on peutla redessiner ensuite avec de la mine de plomb ou del’encre de la Chine .
La gravure se fait en grattant et usant le grain dela planche, de façon qu’on ne le laisse intact que dansles touches les plus fortes. On commence d’abord parles masses de lumières : on va peu à peu dans les re-flets; après quoi l’on noircit toute la planche avec untampon de feutre pour en voir l’effet.
Cette gravure n’est pas propre à toutes sortes de su-jets comme celle au burin; ceux qui demandent del’obscurité, comme les effets de nuit et les tableaux oùil y a beaucoup de bruns, sont les plus faciles à traiter.Elle a le défaut de manquer de fermeté, et ce graindont elle est composée lui donne une certaine mollessequi n'est pas facilement susceptible d’une touche har-die. Elle est cependant capable de grands effets parsuite de l’obscurité qu’elle laisse dans les masses.
Gravure à l’aquatinte. La gravure à l’aquatinte estune espèce d’eau-forte, qui offre un réseau très serréqui s’obtient par une action chimique.
La planche étant vernie, on recouvre avec un pinceautrempé dans un mélange d’huile d’olive, d’essence detérébenthine et de noir de fumée, les parties qui doi-vent recevoir le grain. Ce mélange dissout le vernisqu’on enlève facilement avec un linge.
Plaçant la planche, ainsi partiellement découverte,dans une caisse dans laquelle on soulève par un souf-flet de la résine en poudre très fine, sa surface se trouverecouverte de grains que l’on fixe à la planche en lafaisant chauffer un peu. On grave alors à la pointe,puis on fait mordre à l’acide, et, par la répétition de cesopérations, on obtient la gravure et les effets de tonsfoncés qui sont le propre de ce genre de gravure.
Gravure de la musique. On se sert pour cette gravure,de planches d’étain de 2 à 3 millimètres d’épaisseur,planées, polies et préparées par le potier d’étain. Legraveur les reçoit ainsi prêtes à être gravées.
Il prend d’abord ses mesures pour déterminer la quan-tité de portées qu’il veut mettre sur la planche (on ap-pelle portées les cinq lignes ou barres sur lesquelles onécrit les notes de musique); ensuite il prend la mesuredes distances de ces lignes, et les pique de là pointe ducompas.
Si l’on doit graver des paroles sous la musique, c’estpar là qu’il faut commencer : l’on trace d’abord deuxpetites lignes très légères pour déterminer la hauteurdes lettres ; ensuite l’on trace de même les distances deslettres et des paroles, relativement à la quantité denotes de musique que l’on doit mettre sur chaque syllabe.
La planche étant ainsi préparée, on grave les lignesdes portées avec un instrument appelé couteau, quel’on conduit le long d’une règle de fer ou de cuivre ;ensuite, avec un instrument à trois quarres, appelégrattoir , l’on ébarbe ces lignes, après qnoi on les politavec un autre instrument d’acier très poli, que l'on ap-pelle iirunissoir. Cela fait, l’on pose la planche sur unmorceau de pierre ou de marbre pour y frapper auxendroits convenables toutes les différentes figures de lamusique, que l’on appelle clefs , nôtres, croches, rondes ,blanches , dièzes, bémols, bécarres , soupirs, demi-soupirs , les signes des renvois , et même le point.
Toutes ces notes, ou figures, se frappent avec despoinçons, au bout desquels elles sont gravées en relief.
Le poinçon avec lequel on frappe la tête de la noire ,sert aussi pour toutes les têtes de croches et doubles cro-ches, etc., dont la figure ne diffère de celle de la noire ,que parce qu’elles ont au bout de leur queue un cro-chet simple ou double, triple, etc. Le poinçon de la