GRAVURE.
GRAVURE.
ronde sert de même pour frapper la blanche, qui ne dif-féré de la ronde qu'en ce qu’elle a une queue dont laronde est privée.
Quand une note passe les cinq lignes gravées, on re-prend, avec le compas, un entre-deux de ces lignes,que l’on reporte en haut ou en bas, autant de fois quela note qu'il s’agit de placer a d’intervalles au-dessusou au-dessous.
Lorsque tontes les têtes des notes, et les autres figu-res, sont frappées, on plane la planche sur une espèced’enclume ou tas très poli, pour la redresser, et rendreplus nettes et plus unies toutes les figures qui ont étéfrappées. Les queues des noires , blanches , croches , etdoubles croches , se gravent avec le burin. Si plusieurscroches ou doubles croches sont liées ensemble, pourlors on se sert d’un instrument appelé échoppe pour gra-ver les barres qui les lient ensemble. Les pause* et demi -pauses se gravent aussi avec l’échoppe. Certains demi-cercles, que l’on appelle liaison t se font avec le burin.Les accolades que l’on emploie pour joindre deux outrois portées ensemble, et quelquefois plus, se graventavec l’échoppe.
Toutes ces opérations étant faites, on polit la plancheavec le brunissoir et un peu d’eau, pour effacer tous lespetits traits ou rayures qui peuvent y avoir été faitspar ces différentes manœuvres, et qui empêcheraient lanetteté de la gravure si on les laissait subsister ; en-suite on envoie la planche chez l’imprimeur en taille -douce, qui en tire une épreuve. Si, en examinant cetteépreuve, il se trouve quelques notes, principalementdes têtes de noires, blanches, ou autres figures, quiaient été frappées mal à propos, on prend un compas,que l’on appelle compas à repousser , dont les deuxpointes sont retournées eu dedans, et se rejoignent en-semble. On pose une pointe de ce compas sur la faussenote, et de l’autre pointe on fait une marque à l’enversde la planche; ensuite on repousse cette note par l’en-vers avec un poinçon. Cette opération occasionne danscet endroit de Tenvers de la planche un creux assezconsidérable pour être obligé d’y faire couler de la sou-dure ; ce que l’on fait en plaçant une chandelle alluméesous la planche, à l’endroit de la faute à corriger; et àl’envers de la planche, on place un morceau de sou-dure sur le petit creux : aussitôt que la soudure est fon-due, on ôte la lumière promptement ; ensuite on planecette place d’un côté et de l’autre, après quoi on y frappela note telle qu’elle devrait être, et enfin on la plunede nouveau. Si la faute ne consiste qu’en une queuede note qui n’ait point été gravée profondément, ilsuffit, après l’avoir grattée avec le grattoir , de rèpous-ser à sa place l’envers de la planche avec le mar-teau, pour y graver ensuite la figure telle qu’on la dé-sire.
Il y a quelques anciennes musiques gravées sur cui-vre ; mais l’ouvrage est plus long à faire, plus difficil*à corriger, et la dépense des planches est beaucoupplus considérable.
Machine a graver. Conté a inventé une machine àgraver avec laquelle on fait avec la plus grande régula-rité des séries de lignes parallèles également espacées,comme cela est nécessaire pour les ciels des grandesgravures. Elle se compose essentiellement d’une règleou d'un cylindre portant des ondulations que l’on faitmouvoir au moyeu d’une vis de rappel d’un mouvementparfaitement régulier, et d’une pointe (en diamant,pour qu'elle ne puisse s’émousser), qui trace une liguele long de cette règle.
Machine de M. Colas. Une machine dont les produitsont beaucoup attiré l’attention publique dans ces der-nières années, est celle au moyen de laquelle M. Colasa reproduit, gravés en taille-douce, sur une planched’acier ou de cuivre, les effets de relief ou d’enfonce-ment d’une médaille ou d’un bas-relief. Cette machine
u'a pas été décrite, voici à peu près comment on peutconcevoir son action d’après les résultats obtenus.
Qu’on suppose une plate-forme horizontale, sus-ceptible de marcher, de quantités quelconques, maiségales, au moyen d’une vis à tête graduée, et à l’ex-trémité de celle-ci une plate-forme douée des mêmespropriétés, mais perpendiculaire au plan de la pre-mière, les mouvements de3 deux plates formes étantd’aillears liés de telle manière que le mouvement im-primé à l’une entraîne celui de l’autre. Plaçons main-tenant entre les deux plates-formes un chariot pouvantse mouvoir parallèlement aux plans de ces deux plates-formes, et armé de deux branches, dont l’une, hori-zontale, sera perpendiculaire a la plate-forme verticale,et dont l’autre, verticale, sera perpendiculaire à laplate-forme horizontale, la première portant une toucheet la seconde un burin ou une pointe de diamant. Sup-posons enfin qu’outre son mouvement de translationparallèle aux deux plates-formes, le chariot puisse fa-cilement se mouvoir dans une direction perpendiculaireà la plate-forme verticale, et nous aurons la matéria-lisation du principe constitutif de l’ingénieuse machinede M. Colas.
Fixons maintenant Bur la plate-forme verticale lebas-relief à représenter; fixons aussi sur la plate-forme horizontale la planche de cuivre ou d’acier quidoit recevoir l'action du burin ou de la pointe du dia-mant, et amenons les plates-formes dans une positionrelative telle qu’en faisant marcher le chariot, la toucheparcoure le bord extrême de l’un des côtés du bas-relief. Si ce côté est un plan, la touche et le burin semouvront en ligne droite, et une ligne droite sera tra-cée sur la planche. Le déplacement des deux plates-formes, au moyen de la vis de rappel qui les commande,permettra de tracer sur la planche une seconde lignedroite parallèle et à une petite distance de la première,puis se succéderont autant de lignes droites que lecomporteront l’écartement régulier donné aux lignesà tracer et la grandeur de la surface plane parcourued’abord par la touche, qui, enfin, parviendra aux par-ties sculptées du bas-relief. Alors la touche sera re-poussée par les saillies et pénétrera dans les cavités dela sculpture, circonstance qui fera tracer au buriu uneligne ondulée pour les portions correspondantes auxsaillies et aux dépressions du bas relief, et droite pourles portions entièrement planes. Les lignes suivantesparcourues par la touche sur les portions voisines dubas-relief, déterminent d’autres ondulations dans leslignes correspondantes tracées par le burin, et commeces ondulations ne seront autre chose qu’une projectiongéométrique d’un certain ordre, sur un plan des sail-lies et des dépressions du bas-relief, la juxtapositiond’une série de coupes successives, il en résultera uneimage du bas-relief.
L’invention de M Colas, très remarquable au pointde vue de l’art, offre un grand intérêt pour la fabricationdes billets infalsifiables, en tant que copie par la gra-vure.
En effet, qu’on soumette à la machine de M. Colasun bas-relief dont on ait enlevé irrégulièrement quel-ques parties, et qui fera par suite un type unique, onpourra reproduire ce bas-relief sur un billet, recouvertainsi d’une quantité indéfinie de lignes variant d’écar -tement et d’intensité, et qu’aucun travail de gravurene saurait reproduire avec une exactitude suffisantepour tromper l’œil le moins exercé.
Tour à yuillocher. Un des instruments les plus em-ployés pour obteuir par action mécanique des orne-ments et décorations, est le tour à guillocher, très em.ployé dans l’orfèvrerie, l’impression sur étoffe, etc.Nous prendrons pour exemple de l’application de cettecurieuse machine le tour à guillocher employé pour lagravure des rouleaux, et qui différé d’un tour ordinaire