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GRAVURE.

GRAVURE.

lignes fines que d’obtenir celles-ci sur le bois dont les fi-bres offrent delà résistance; le second parce que le ver-nis assez liquide pour couler de la plume, s’étendraquelque peu sur la planche ; on rencontre dans la mor-sure de l’acide un inconvénient énorme, é’est qu’il nepeut creuser un peu profondément sans fouiller en des-sous des traits et les ronger.

Quelques artistes cependant ont obtenu des résultatsassez satisfaisants par une habileté de main qui leurpermet de recouvrir de petit vernis le talus des taillesaprès la morsure de l'acide, soit au pinceau, soit avecun rouleau; mais ce travail est long et d’un emploi dif-ficile. De nombreuses recherches n’ont amené beaucoupd’àrtistes qu’à considérer comme impossible, d’une manière commerciale, la solution du problème de la gra-vure en relief, vu la profondeur des entre-tailles qu’exigela typographie.

La résistance du cuivre qui rend très lente et parsuite coûteuse la gravure de ce métal, par suite sur-tout du travail nécessaire pour enlever le métal dansles grands blancs, est cependant avantageuse pour lesgravures qui exigent une grande pureté de lignes ; lesdessins géométriques, par exemple, parce que cette ré-sistance permet des retouches multipliées pour amenerle trait comme cela a lieu pour le bois. Or, il est facilede concevoir un outil qui creuse très rapidement cesgrands blancs; tel serait une petite fraise verticale mueavec une grande vitesse, qui permettrait d’enlever lesintérieurs avec beaucoup de facilité et d’approcher trèsprès des contours du dessin.

M. Claudet est inventeur d’une machine qui satisfaitaux conditions de ce problème d’une manière très satis-faisante. Il a déjà gravé par son procédé, qui ne nousest pas connu, les figures en relief sur cuivre de plu-sieurs importantes publications. Les figures de cet ar-ticle, relatives à la gravure en typographie, ont étégravées sur cuivre par ce procédé.

Nous devons parler d’un procédé qu’a inventé M. Fi-seau, et qui, bien qu’appliqué à la taille-douce, a vrai-ment pour but de donner du relief, et doit s’appliquer àce genre de gravure. Cherchant à obtenir la gravure desimages fournies au daguerréotype, M. Fizeau a reconnuque les tailles ne pouvaient être creusées qu’à une trèsfaible profondeur par l’acide, autrement les partiesblanches fort peu préservées s’attaquaient aussi. Il aimaginé de remplir les tailles de noir par le procédé deFimpriraeur en taille-douce, puis de dorer par actionchimique la surface libre; ce qui augmente d’autant laprofondeur relative des tailles et par suite le relief desparties saillantes.

Gravure sur pierre lithographique. Les difficultés de lagravure en relief paraissent devoir être beaucoup moin-dres quand on opère sur la pierre lithographique. Ledessin lithographique obtenu avec un crayon gras pé-nètre un peu la pierre ; il préservera donc les traitsde l’action de l’acide, surtout en l’employant à appli-quer un vernis, et à servir de véhicule pour faire péné-trer la matière grasse dans la pierre.

C’est sur cette propriété qu’est basé le procédé deM. Girardet. Il compose un vernis, qui adhère fortementà la pierre, et formé de : cire vierge, i parties; poixde Bourgogne et poix noire, de chaque 1 /2 partie ; poixgrecque ou spalt , 2 parties. Cette dernière substanceest ajoutée aux autres fondues et mélangées; puis lemélange est versé dans l'eau tiède, malaxé et réduit enboules, que l’on dissout dans l’essence de térébenthinepour obtenir le degré de liquidité convenable.

• Le dessin tracé, on encre avec ce vernis ; puis ,Cordant la pierre avec de la cire, on fiait mordre l’acidecomposé d’eau et d’acide nitrique en petite quantité ;uprès cinq minutes, on retire l’acide, et ou passe levernis avec le rouleau, puis encore l’acide.

Le danger que l’acide ne creuse en dessous, ce qui

empêcherait le moulage et la reproduction des pierres,ne permet pas que l’on obtienne dans les grands blancsun vide suffisant par ce procédé. M. Tissier, qui seulexploite aujourd’hui commercialement la gravure surpierre par les acides, est arrivé à creuser la pierre paréchelons, en éloignant ainsi l’action de l’acide destraits, et par suite sans détruire le dessin une foi»formé.

L’infériorité des produits de la gravure sur pierre,relativement à ceux de la gravure sur bois, tient sur-tout à ce que le dessin fait sur pierre lithographiqueavec un crayon mou ne saurait comporter la finesse detraits qu’on obtient avec le crayon dur sur le bois.C’est surtout à changer ce point de départ qu’il faudraitparvenir. Mais en tons cas les gravures obtenues chi-miquement, formées de traits mordus sur les contours,ne pourront jamais avoir de valeur artistique compa-rable au produit du burin d’un habile artiste qui ap-porte à chaque partie du dessin le soin convenable enraison de son degré d’importance.

Gravure de pierres fines y cachets , etc. L’artiste com-mence par modeler en cire sur un morceau d’ardoiseles figures qu’il veut graver; puis il fait choix d'unepierre fine taillée par le lapidaire; ensuite, il met enmouvement le touret y qui consiste principalement enune petite roue d’acier, laquelle est mise en mou-vement par une autre grauùe roue de bois que legraveur fait aller avec le pied. La roue d’acier faitmarcher, suivant le besoin, plusieurs petits outils defer doux non trempé ou de cuivre jaune, qu’on enchâssedans une espèce de tnyau. De ces outils, les uns ont àleur extrémité la forme d’une tête de clou tranchantesur les bords, ce qu’on appelle scie; les autres ont unepetite tête exactement ronde comme un bouton : on lesnomme bouterolles. La pierre qu’on veut graver est or-dinairement montée sur la tête d’une petite poignée debois, où elle est cimentée avec du mastic. Le graveurla prend de la main gauche, et la présente contre l’ou-til mis en action par le touret , et de la main droiteil tient une petite spatule de fer dont le bout a ététrempé dans de l’huile d’olive, où est délayée de lapoudre de diamant, qui est la seule propre pour bienmordre sur les pierres précieuses, et user les parties quidoivent être creusées. C’est avec cette spatule quel’artiste abreuve, quand il est nécessaire, l’outil quiagit sur la pierre.

Lorsque les pierres sont gravées, on les polit avecdu tripoli sur des roues de brosses faites de poil decochon.

Gravure des monnaies , médailles , etc. Les coins aumoyen desquels se frappe la monnaie (voir ce mot) nesont pas gravés directement; ils sont obtenus par lafrappe d’un poinçon-étalon trempé, dans le coin adouci,et que l’on trempe ensuite pour frapper la monnaie.

Le travail du graveur en médailles, qui exige unsi haut degré d’habileté pour rendre par de faiblesinflexions des effets multiples, des figures demandanttant de pureté , peut difficilement s’analyser d’unemanière quelque peu satisfaisante.

La première opération du graveur consiste à des-siner ces figures, et ensuite les modeler en cire blanche,suivant le relief et la grandeur qu’il veut leur donner.C’est d’après ce modèle que se grave le poinçon, mor-ceau d’acier sur lequel on cisèle en relief la figure quel'on veut obtenir en creux sur le coin.

Les outils qu’on emploie pour ce travail sont desciselets, des burins . des échoppes, des rifloirs, etc.

Lorsque le poinçon servant à faire les coins qui doivent frapper la monnaie, a été trempé et enfoncédans l’acier destiné à former le coin, celui-ci est ter-miné, quant aux lettres, légendes, au moyen de poin-çons isolés que l’on enfonce à la place et à la profon-deur convenable.