IMPRESSION SUR ÉTOFFES.
IMPRESSION SUP. ÉTOFFES.
manière de se servir de cet appareil) qui a été inventé,dit-on, par M. de Kurrer, d’Augsbourg , il y a près de30 ans. Cette manière consiste en ce qu’on n’étend pasla couleur sur le canevas avec une racle*, ce qui dispensed’occuper un tireur.
BW:
Le châssis B est recouvert d’une étoffe à jour telleque de la mousseline, ou de la flanelle très claire quidoit être bien tendue sur un cadre en bois comme dansles châssis ordinaires. Quand l’imprimeur applique saplanche sur cette étoffe, la couleur monte et pénètre autravers des mailles ; puis elle se retire et rentre sous letissu, lorsque l’imprimeur enlève sa planche.
Cette disposition prévient jusqu’à un certain pointl’oxygénation de l’indigo ; mais on conçoit facilementque le mode de prendre la couleur sur le châssis exigebeaucoup de soin et d’habileté de la part de l’ouvrier.
Châssis pour l'impression simultanée de plusieurs cou-leurs. Une application du principe de l’émission des cou-leurs sur le châssis, au moyen de la pression du liquidelui-même a été faite en 1836, par MM. Loffet et Man-ger de Rouen pour imprimer plusieurs couleurs à la fois.'voir tom. 45, page 95, des Brevets expirés). Nous al-lons tâcher de faire comprendre le mécanisme de leurinvention.
Le châssis à couleur de MM. Loffet et Maugerest en plomb et divisé en plusieurs compartimentsde forme irrégulière; les couleurs qui doivent l’ali-menter sont renfermées dans des réservoirs séparés,placés à côté, et mis en communication avec lui pardes tuyaux en plomb garnis de robinets. Ces cou-leurs ne doivent pas dépasser le niveau du châssis garnide mousseline qui est placé dessus ; il faut avoir soinque ce niveau reste constant.
Les couleurs, en partant des cases ou réservoirs, serendent chacune dans les compartiments horizontauxqui sont établis au-dessous du châssis où elles arriventpar des tubes verticaux, correspondant à chaque com-partiment de couleur.
Pour empêcher le mélange des diverses couleurs surla mousseline, on cloue de petites lames de plomb quisuivent exactement les contours des compartiments, eton les mastique au-dessous et au-dessus de la toile.
Le châssis de mousseline est soutenu en l’air par desressorts à boudin ; et il s’abaisse sur la couleur, lors-que l’imprimeur appuie sa planche dessus. Les couleurspar suite de la compression et de la loi de l’impénétra-bilité passent au travers des mailles de la mousselineet s’attachent à la planche.
MM. Henri Schlumberger et Auguste Scheurer deMulhouse , ont écrit qu’on pouvait simplifier cet appa-reil en supprimant, par exemple, tous les comparti-ments iuférieurs, et les remplaçant simplement par destubes en caout-chouc qui partiraient des réservoirs decouleurs, et se rendraient ainsi directement dans le châs-
sis à compartiment, ces tubes se courbant et se prêtantà volonté s’adapteraient facilement à tout dessin quel-conque (voir Bulletin de la Société industrielle de Mu-lhouse, tom. XI, page 45.)
Déjà, en 1832,M. Camille Kcechlin avait publié dansle Bulletin n° 28 de la même société, le dessin et la des-cription de deux appareils fondés sur ce principe etplus utiles que les deux dispositions dont il vient d’êtrequestion, surtout pour l’impression des rayures et desdessins en zig-zag de différentes couleurs.
L’un de ces appareils, iuventé vers l’année 1828, enAngleterre, par M. Alfred Thomas, n’est autre chosequ’une bassine divisée en plusieurs compartiments égauxet parallèles, destinés à recevoir chacune des couleursdifférentes qui s’écoulent directement sur l’étoffe à im»primer.
Pour procéder à l’impression à l’aide de cette bassine,on commence par la fixer à demeure au devant d’unemachine à imprimer au rouleau, qui sert tout simple-ment à attirer et sécher les étoffes à fur et à mesurede l’impression, puis on place l’étoffe, enroulée sur unebobine, sous le fond de la bassine, qui est arrondi. Onl’engage ensuite entre les rouleaux de la machine à im-primer.
On ouvre les robinets qui sont adaptés à chaque com-partiment d’une seconde bassine, afin que chaque cou-leur distincto s’écoule dans les cases correspondantesde la première bassine.
On met aussitôt la machine à imprimer en mouve-ment ; et les couleurs qui s’écoulent sur l’étoffe par descaniveaux percés en ligne droite sur le fond de la bas-sine, forment des rayures de différentes couleurs quitombent les unes à côté des autres, sans sc confondreni se mêler.
Les trous d’écoulement, du reste, sont très étroits,rectangulaires et disposés en quinconce, de telle manièreque leurs côtés contigus sont situés sur une même li •gne droite, et parallèles à la lisière de l’étoffe. La lon-gueur du trou ou rectangle varie en outre, suivant lalRrgeur des rayures que l’on vent produire ; mais onpeut toujours obtenir avec la même bassine une rayureuniforme d’une largeur double ou triple d’une autre, enremplissant deux ou trois cases contiguës de la mêmecouleur ; on peut encore produire des rayures sur desétoffes blanches ou teintes par les procédés ordinaires, enne mettant pas de couleurs dans certaines cases qui for-meront ainsi sur l’étoffe un espace vide et non imprimé.
Ce procédé a été appliqué et perfectionné depuis parM. Léon Godefroy, de Puteaux , pour imprimer des zo-nes fondues ou dégradées sur étoffes de laine; mais ilpeut servir de même sur toutes espèces d’étoffes.
La fig. 1266 représente la coupe verticale de l’appa-reil de M. Godefroy adapté à une machine à imprimerau rouleau.
G, bassine divisée dans sa longueur en cinq compar-timents égaux et parallèles qui renferment autant denuances différentes et disposées les unes à côté des au-tres, de manière à pouvoir former sur l’étoffe des zonesparfaitement dégradées.
Cinq robinets posés parallèlement sur le fond de labassine, correspondent chacun à un compartiment decouleur.
Le boisseau de chaque robinet est percé, dans sa lon-gueur, de plusieurs trous rectangulaires, à des distan-ces égales et déterminées, comme on les trouve dans labassine de M. Alfred Thomas; c’est à l aide de ces ro-binets qu’on règle l’écoulement des couleurs, en raisonde l’intensité de la dégradation que l’ou veut avoir, etsurtout de la fluidité des couleurs d’impression. Pourcela, on tourne plus ou moins chaque boisseau de robi-net, dont l’extrémité est accrochée à des leviers perpen-diculaires et distincts, que l’on engrène à la distanceconvenable sur des bielles ou crémaillères horizonta-
162