IMPRIMERIE.
IMPRIMERIE.
nne bonne impression. Quelquefois même on lui faitencore subir une autre opération : chaque feuille estplacée entre deux cartons à satiner et passée de nouveaudans un pressoir fortement serré; ou bien encore lesfeuilles sont mises entre deux planches de cuivre ou dezinc et passées sur un cylindre-d’acier poli. Alors lasurface du papier est aussi unie qu’une glace. Mais onn’emploie ces moyens coûteux que pour les impressionsde luxe et surtout lorsqu’il y a des vignettes. L’ouvrierle porte alors sur son banc et se dispose à imprimer.
Pour nous mieux faire comprendre dans la descriptionque nous voulons donner de la manœuvre d’une presse,nous croyons à propos d’en représenter ici la fig. 4292.
4292.
A, jumelles ; B, contre-poids ; C, platine ; D, rouleaude la manivelle; E, marbre; F, tympan; G, patin; H,barreau; I, bandes.
La presse étant déroulée , l’imprimeur met sa formesur le marbre; il l’ajuste bien au milieu et l’arrête soli-dement, de manière qu’étant roulée sous la plutine,celle-ci la couvre bien également et donne des margesparfaitement égales à la tête et an pied et sur les deuxcôtés.
Ensuite il fait sa marge. C’est une feuille du papier del’ouvrage mise à demeure sur le tympan , et sur laquelleon pose de repère la feuillé qui doit être imprimée. Ilfaut que cette marge se rencontre avec bien de la préci-sion sur la forme. Voici comment on s’y prend (suppo-sons encore un in-B°) : on plie la feuille en quatre, onla pose sur les deux pages qui sont sous la main gauche,le double pli a la barre, et l’autre contre les pages duhaut et du bas. On l’ajuste bien carrément et bien pré-cisément sur le milieu des têtières et de la barre. En cetétat, on laisse tomber quelques gouttes d’eau dessus, eton abaisse doucement le tympan. En passant un peu lamain par dessus le tympan, la feuille, au moyen del’eau qu’on y a répandue, adhère au tympan. On relèvele tympan avec précaution, pour que la feuille, ense déployant, ne se démarge pas. On en fixe les quatrecoins sur le tympan avec un peu de colle, mais onécorne celui du bas, afin de ne pas déchirer la marge enenlevant la feuille.
On met ensuite les pointures. Ce sont deux espècesd’ardillons qui se fixent sur le bord du tympan, à desrepères précis, et qui font de petits trous dans la feuille,de telle sorte qu’en la retournant pour l’imprimer del’autre côté, la feuille rentrant dans tes mêmes pointures ,ou, pour mieux dire, les pointures rentrant dans les
trous qu’elles ont déjà faits, l’impression des deux côtésdoit tomber exactement l’une sur l’autre, ligne sur li-gne, page sur page, sans la moindre déviation. C’estcette parfaite précision qu'on nomme le registre.
Il y a deux manières de faire le registre : c’est d’a-jqster les pointures, 4° pour retourner la feuille sur elle-même, de bas en haut, ce qui se dit retourner in-quartoou in-octavo ; alors on cherche le véritable axe de lafeuille en faisant mouvoir peu à peu, soit en haut, soiten bas, le petit bout de rune ou de l’autre pointure ;2° pour la retourner sur les côtés, d’une poiuture àl’autre, ce qui se dit retourner m-doure, parce qu’en ef-fet, le papier de ce format ne peut pas se retourner au-trement ; alors le point de repère se cherche en avan-çant ou reculant les pointures et en faisant mouvoir lapointe, soit en haut, soit en bas.
On touche un peu la forme. On abaisse la frisquettesur le tympan et ces deux parties ensemble sur la /orme,puis on tire un léger coup, suffisant pour marquer lafrisquette, ce qui sert à la découper. On en f, it tombertoutes les parties imprimées et on réserve les blancs. Lafrisquette, ainsi découpée, sert à garantir les blancs dela feuille de tout barbouillage sans empêcher la lettred’y parvenir.
Ensuite on met en train. Voici ce que c’est : une première feuille est tirée avec précaution; on examine si laplatine ne foule pas plus d’un côté que de l’autre ; ceserait un signe que la forme ne serait pas bien au mi-lieu ; il serait facile d’y remédier, mais il faudrait re-commencer tout ce qu’il y aurait de fait. S’il n’y n,par-ci, par là. que quelques petits endroits qui viennentou trop forts ou trop faibles , cela peut provenir de beaucoup de causes que nous ne nous proposons pas de re-chercher ici, mais il est aisé d’y remédier en enlevantavec des ciseaux la partie de la marge où cela \ ienttrop fort, ou en y ajoutant un petit morceau de papiersupplémentaire, qu’on appelle ime hausse , aux endroitsqui viennent trop faibles. Cette expérience peut se répéter sur quelques autres feuilles, jusqu’à ce qu’on soitpleinement satisfait de l’égalité du foulage et de la net-teté de l’impressioi.. Alors on peut rouler.
Pendant que l’un des deux compagnons s’acquitte dela fonction délicate de la mise en train, son camaradedispose l’appareil d’encrage, représentéfig. 4293 et 4294. Cet appareil, commeon le voit, consiste en une table sur-montée, à l’une de ses extrémités, d’uncylindre en fer, et en un rouleau de gé-latine, composé d’une mixtion de mé-lasse et de colle-forte. L’encre dont onse sert pour imprimer est un composéde vernis et de noir de fumée. Le ver-nis n’est auire chose que de l’huile delin rendue épaisse par la cuisson. Lenoir s'obtient en brûlant du brai ouautres matières grasses. On opère lemélange parfait ne ces substances enles broyant à la molette sur un marbre, ou mieux, enles faisant passer successivement dans différents lami-noirs de plus en plus serrés. Quand on veut avoir deseucres de couleur, on substitue au noir la couleur qu’ondésire, en l’unissant de la même manière au vernis.Pour rendre l’encre siccative, on y ajoute un peu de li-tbarge.
On a soin de toujours tenir la table de l’encrier bienpropre, exempte de toute ordure, poussière, poils,graisse, etc. Le compagnon charge d’encre le cylindrede l’encrier et l’étend également par deux ou trois toursde manivelle; il examine si son rouleau peut faire unbon service, et, après l’avoir bien nettoyé et dégraissé,il prend un peu d’encre, en l’approchant du cylindre, etla distribue sur la table ; il répète cet exercice jusqu’àce que le rouleau soit bien pris. Distribuer , ici c’est ré-
UH
4293.
4294.