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INCRUSTATIONS.

INCRUSTATIONS.

condenseur des machines à vapeur. Quon se figure uncylindre en métal CC C C (fig. 1309), dans la partiesupérieure duquel arrive à chaque instant, par letuyau A, une grande quantitédeau froide élevée au moyen depompes foulantes ; vers lu partiemoyenne se trouve le tuyau Bdarrivée de la vapeur à conden-ser, et à la partie inférieure letuyau D découlement deau decondensation, écoulement quiseffectue spontanément ; le con-denseur étant placé à 10 mètresau moins au-dessus dun baquetqui sert de cuvette à ce véritabletube barométrique, rempli conti-nuellement deau au lieu de mer-cure, Il arriva, quelques annéesapres la mise en train de lappareil, que le tuyau D sobstrua;on ouvrit le condenseur pourtrouver la cause de cetie obstruc-tion, et on trouva la partie su-périeure CC CB, tapissée dincrustations de carbonatede chaux ferrugineux, de 3 centimètres au moins dé-paisseur ; quelques fragments détachés de ces incrusta-tions étaieut tombés dans le tuyau D quils avaient ob-strué.

Parmi les faits remarquables dincrustation, citons-en encore un, nayant dailleurs que lembarras duchoix. Dans une des filatures de MM. Cambronne frères,à Saint-Quentin , se trouve une machine à vapeur deCavé, à cylindre oscillant et sans condensation, de laforce de 16 chevaux. Ce moteur possède deux généra-teurs, au milieu desquels se trouve un réservoir cylin-drique, plus petit quun bouilleur leau dalimenta-tion va se chaujfer, 'avant dêtre introduite dans leschaudières quil nest pas convenable dalimenter avecde leau froide. Ce tube, ou réservoir, remplissait sonemploi depuis plusieurs aimées, sans avoir été nettoyé,ou du moins sensiblement, vu son petit diamètre quine permet pas, même à un enfant, dy entrer, quand unmatin on le trouva exactement plein de calcaire, etforce fut darrêter la machine pour établir un nouveaumode dalimentation, en attendant la désincrustationdu réservoir en question.

Ce nest pas tout encore pour ces incrustations, sidésagréables sous tous les rapports. Les cylindres eux-mêmes des machines à vapeur en sont quelquefois gar-nis, et ces dépôts sont produits, soit par la vaporisationde leau, qui est entraînée jusque- par la vapeur, soitpar lagglomération des poussières calcaires en suspen-sion dans le générateur, et que la vapeur emporte avecelle. A plus forte raison, les dépôts calcaires péné-treront dans les tuyaux de chauffage, dans les con-duits de vapeur de la chaudière à la machine, sons lessoupapes, partout enfin la vapeur circule, et il nestpas rare de voir les tiroirs des boîtes de distributionencrassés de ces dépôts, et quelquefois rodés, usés parles particules ealcaires les plus dures.

Comme on le voit, les inconvénients sont graves. De-puis longtemps, on a proposé divers moyens pour yremédier ; dabord on a songé à enlever ces dépôts plusou moins souvent, suivant la richesse saline des eauxdalimentation, et il en a déjà été question à l'articleChaudières à vapeur. Le plus souvent, quand on nem-ploie pas de moyens préservateurs dincrustations, onfait usage de burins, pour enlever la couche de dépôtsincrustés. Mais, ee burinage attaque toujours plus oumoins le métal, il prend beaucoup de temps; il estde plus très incommode pour les ouvriers forcés den-trer dans les chaudières encore très chaudes, et dytravailler dans une position gênante. Quelquefois aussi,

mais très rarement cependant, on attaque le dépôt cal-caire par de lacide hydro-chlorique (muriatique du com-merce), qui dissout les carbonates, sil est employé enquantité suffisante, et désagrégé la croûte adhérenteaux parois. Nous ne considérons pas ce moyen commeapplicable avantageusement dans une usine. Il est trèscoûteux, assez lent, et demande des soins assidus de lapart douvriers non habitués aux manipulations chi-miques. Nous ninsisterons pas d'ailleurs sur ces moyensde nettoyer les chaudières, car il est bien plus simple,plus rationnel et plus avantageux de sopposer à laformation des dépôts qui sincrustent et changent, pourainsi dire, les chaudières en carrières de pierres cal-caires.

Plusieurs procédés ont été proposés pour arriver à cebut, pour rendre les incrustations nulles ou moiusabondantes ; nous allons les énumérer et discuter leurefficacité.

Un des plus anciens consiste à établir sur la chau-dière un tube de 4 centimètres de diamètre, muni dunrobinet, jusquau dehors de la chambre de la chaudière.Ce tube pénètre dans le- générateur et va, en se bifur-quant, plonger jusque dans les bouilleurs. Lorsque lefeu est arrêté, depuis une demi-heure à peu près, onouvre le robinet du tube en question ; la pression inté-rieure chasse avec violence au dehors toute la portiondeau qui se trouve au bout du tuyau plongeur, et celle-ci entraîne avec elle les dépôts qui se sont rassemblésau fond des bouilleurs. En renouvelant cette opérationfacile une fois par semaine, on réduit de beaucoup laquantité de dépôt formé entre deux nettoyages. Cemoyen nest pas, rigoureusement parlant, un préser-vatif contre les incrustations, quil a seulement pourbut et pour effet de rendre moins fortes.

Le hasard indiqua, en 1820, à un chauffeur anglais ,un moyen bien simple dempêcher les incrustations.Après avoir vidé sa chaudière, il y avait placé, pendant quelle était encore bien chaude, des pommes deterre pour les faire cuire; mais il les oublia, et ellesrestèrent dans le générateur quand on remit en marche.Quand, apres le laps de temps dhabitude, il arrêtachaudière pour enlever le dépôt calcaire, il le trouvaremplacé par un liquide très épais et boueux. Il se rap-pela alors les pommes de terre laissées dans lappareil,et leur attribua ce résultat si remarquable; lexpériencequil répéta plusieurs fois vint confirmer son opinion.Depuis cette époque, on a employé ce procédé dansbeaucoup dusines anglaises ; on met dans une chau-dière, qui doit être nettoyée tous les mois, un litre depommes de terre par force de cheval. Par lébullitionprolongée, à une température qui varie suivant la pres-sion, sous laquelle travaille le générateur, mais qui dé-passe toujours 100 degrés, la fécule contenue dans lespommes de terre se transforme très probablement endextrine, qui lubréfie les surfaces de la chaudière etdes particules des sels calcaires devenus insolubles,empêche leur adhérence et la formation des croûtesincrustantes. Toutes les matières amylacées produi-raient évidemment le même effet. Ce moyen présenteun inconvénient, daprès les observations de plusieurs in-génieurs. Les matières amylacées parleur transformationen dextrine donnent à leau de la chaudière une cer-taine viscosité qui la dispose à monter dans les tuyauxde sortie de vapeur, et jusque dans les cylindres.M. Grouvelle dit avoir examiné leau dune chaudièrequi avait marché le temps voulu avec des pommes deterre, et avoir trouvé leau bien limpide et pas plusdense que leau distillée. Je ne pense pas que le fait re-marqué par M. Grouvelle contredise lobservation ci-dessus. En effet, la dextrine formée diminue à fur et àmesure de la précipitation des matières salines dontelle lubréfie les surfaces, et doit avoir été complète-ment absorbée lorsquon vide la chaudière.

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