Band 
G-Z.
JPEG-Download
 

MICROSCOPE.

MICROSCOPE.

MICROSCOPE. Nous n’avons pas ici la prétentionde faire Phistorique des microscopes et d'en décrire lesdifférentes constructions, mais nous ne pouvons cepen-dant nous dispenser de présenter très-sommairementles principales transformations qu’ils ont subies depuisleur origine.

Les anciens se servaient d’umpoules de verre pourgrossir récriture, et nul doute qu’ils n’en tissent uufréquent usage pour l’exécution de leurs camées. Ilsavaient découvert que les faisceaux lumineux devenusconvergents faisaient voir l’objet amplifié. Le quator-zième siècle vit la découverte des verres travaillés ; ilsfurent seuls employés, comme microscopes, pendantplus de deux cents ans.

Dans l’origine, ce3 lentilles étaient d’assez grandedimension ; puis, le travail se perfectionnant, on arrivaà en construire qui, ayant un rayon de courbure pluscourt, donnèrent de plus fortes amplifications. Tellessont les loupes de tout genre qui consistent essentielle-ment en une lentille convergente à court foyer et quisont fixées daus une monture qui varie selon l’usageque l’on veut en faire. Pour la plupart des recherches,la difficulté de tenir à la main de petits verres obligeabientôt à les monter entre deux plaques de cuivre qui,en rétrécissant l’ouverture, diminuaient l’aberration ;

la nécessité d’un support se fit sentir en môme temps,et le rudiment du microscope simple de nos jours futcréé (1).

C’est avec le microscope simple que furent exécutéstes célèbres travaux de Leeuwenhoek, de Swammerdam le de Lyonnet.

Vers le milieu du dix-septième siècle, de très petiteslentilles en verre fondu furent substituées aux pre-mière-*. Leur foyer étant beaucoup plus court quecelui des lentilles faites à la main, leur grossissementétant donc plus considérable, elles donnèrent lieu àune foule de découvertes. On*no connaît pas le véri-table inventeur de ces petites sphères fondues qui sontattribuées par les uns au Père Délia Torre et par d’au-tres au D r Hooke. Il y a quelques années M. Gaudina singulièrement amélioré ces lentilles en employant

(I) Les loupes, biloupes, lentilles Stanhope ctCoddingion( tig. I, 2 et 3) employées par les horlogers, graveurs, bo-tanistes, minéralogistes, etc., etc , ne sont que des lentillesauxquelles on donne quelquefois le nom de microscopesimple, quoique ce nom soit plus particulièrement appliquéà la lentille simple, quand elle est montée sur un pied quel-conque.

Le microscope simple (fig. -I) est composé d’un miroir Aqui réfléchit la lumière d’un porte-objet B, rendu mobilepur une crémaillère et d’une pièce C destinée à recevoir laton tille.

pour les fabriquer le cristal de roche filé et fondu, parconséquent exempt de la double réfraction. Par unprocédé extrêmement ingénieux et qui lui appartient,il a trouvé le moyen de travailler à la fois la surfaceplane de plus de 100 lentilles, de façon à ce que ceplan corresponde toujours à la partie Ja plus réguliè-rement sphérique de la lentille. Chacune de ces demi-sphères, sertie dans uuc monture très simple et trèscommode, forme un excellent microscope usuel qui a enoutre le mérité d’être à la portée de toutes les bourses ;il n’a qu’un défaut, commun à tous les microscopessimples, c’est d’avoir un champ fort restreint.

Parmi les recherches faites en Angleterre et ayantpour but le perfectionnement des microscopes simples,il faut citer les intéressants travaux de MM. Goring etBrewster sur les lentilles en pierres précieuses, et sur-tout le doublet de Wollaston. En France , M. Kaspnil acontribué a le populariser.

Le microscope composé date du dix-septième siècle ;le premier fut saus doute formé de deux verres distan-cés, dont l’un agit comme objectif et l’autre commeoculaire. Ramsden le perfectionna singulièrementpar l’application de son système oculaire à deuxverres.

Le microscope se compose essentiellement d’une len-tille à court foyer, que l’on dirige vers l’objet et quepour cela ou nomme lentille objectice ou objectif. Pla-cée à une distance de l’objet qui excède peu sa dis-tance focale , cette- lentille forme de cet objet uneimage amplifiée dans le tube qui la supporte. A par-tir de cette image réelle et renversée, les rayons quilui ont donné naissance par leur croisement continuentleur route, de sorte que le lieu de l’espace occupé parl’image rayonne dans une petite étendue à la manièred’un objet véritable; cette image peut donc être exa-minée dans l’espace, regardée de près et à la loupecomme un objet réel. C’est pourquoi l’on monte à l’ex-trémité du tube opposée à celle que porte l’objectif,une autre lentille ou un système de lentilles, d’un foyerordinairement plus long et qui,pétant du côté de l’œil,preud le nom d’ocufoir®. En regardant à travers l’ocu-laire, on voit grossie l’image déjà amplifiée de l’objetsoumis à l’observation ; ainsi le grossissement d’un mi-croscope composé est égal au grossissement de l’objectifmultiplié par celui de l’oculaire.

11 est impossible de citer ici même les principaux per-fectionnements que le microscope subit jusqu’au mo-ment où Euler , en 1760, indiqua la construction deslentilles achromatiques qui devaient le porter à sa per-fection, et qui, le croirn-t-ou? ne furent exécutéesqu’en 1816 par Fraunhofer, célèbre opticien de Mu-nich. En France , le premier microscope achromatiquefut présenté à l’Institut en 1823 par M. Selligue. Parmiles opticiens ou savants qui ont contribué à l’amener àla perfection qu’il possède actuellement, il faut mettremu premier rang, en Italie, M. Amici ; en Allemagne ,Ploëssl, Schiek et Pistor; en Angleterre, MM. Tul-ley, Pritchard et surtout M. Ross. En Frauce, nous de-vons citer MM. C. Chevalier, Oberhauser, Trecourt;nous-même, si nous ue lui avons pas apporté degrands perfectionnements, nous l’avons vulgarisé enle mettant à la portée d’un grand nombre de per-sonnes.

Les micrographes ont toujours été partagés en deuxcamps : les uns partisans exclusifs du microscope sim-ple, les autres ne reconnaissant pour bonnes et vala-bles que les observations faites avec le microscopecomposé; les perfectionnements immenses apportés ré-cemment à celui-ci ont porté le dernier coup aux mi-croscopes simpleSy qui ne peuvent rivaliser pour l’é-tendue du champ, pour la force des grossissements,

: avec les microscopes composés à lentilles achromatiques,dont les grossissements peuvent atteindre 1500 fois et