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OLÉOMÈTRE.

OLÉOMÈTRE.

de loléomètre, qui dans une espèce senfonce peu, etbeaucoup daus une autre.

Pans lhuile de colza, loléomètre sarrête au 0° ;

poisson, à 83° ;

dœillette, à 124°;

chenevis, -à 436°;

lin, à 210°.

Comme on le voit, les différences sont toujours trèstranchée*.

Quand lhuile de colza est mélangée de 5 ou 40p. 400,par exemple, dune autre huile, loléomètre le dénoteaussitôt, en senfonçant duue moindre quantité.

A l'instrument est joint une table, sur laquelle sontindiqués les degrés que doit marquer loléomètre, quandil y a 5, 10, 45, 20, «tc.^ p. 400 dhuile de poissonou toute autre.

Mais parmi les huiles commerciales, il en est deuxqui sont plus légères qne lhuile de colza, à savoir :1 h ut le de cachalot et l'huile de suif ou acide oléique , etqui, par conséquent, peuvent permettre, par leur mé-lange avec la première, lintroduction dune certainequantité dhuiles communes plus denses, sans que To-léomètre indique la fraude. Nous sommes parvenus, eneffet, au moyen de lacide oléique, à introduire dansl'huile de colza jusquà 40 p. 400 dhuile de lin, dœil-lette on de poisson, et loléomètre nen continuait pasmoins de marquer 0°, comme dans une huile tout àfait pure.

Daprès cela, il faut donc toujours avoir la précau-tion, avant de faire usage de loléomètre, de sassurerque lhuile à essayer ne renferme aucune des deuxhuiles plus légères dont il vient dêtre question. Heu-reusement, rien nest plus simple.

Lhuile de cachalot, très rare du reste dans le com-merce, communique à lhuile de colza la propriété debrunir fortement par lintroduction de quelques bullesde chlore gazeux.

Quant à lacide oléique, son odeur repoussante, sonacidité très prononcée, et sa grande solubilité danslalcool à 36°, permettent d'en reconnaître moins de4 à 5 p. 400 dans lhuile de colza. Dans le cas de mé-lange, celle-ci rougit très manifestement le papier bleude tournesol légèrement humide, et elle cède à lalcoolfroid presque tout lacide oléique quelle contient, ensorte que par lévaporation de lalcool, celui-ci apparaîtavec tous ses caractères distinctifs.

Uu grave inconvénient de loléomètre de M. Laurot,cest que, tandis quil marque 0° dans l'huile de colzadhiver, il sarrête au-dessous de 0° dans lhuile decolza dété, ainsi que dans celle de navette dhiver etdété, de sorte quil peut faire considérer comme desfalsifications des mélanges de ces différentes huiles lesunes avec les autres, mélanges que le commerce, ce-pendant, a toujours acceptés comme huile de colzapure.

Cette circonstance, et la nécessité dopérer à chaud,sont bien certainement les causes qui ont empêché lesépurateurs dadopter définitivement linstrument dontil vient d!être question.

II. Oléomètre à froid. Un instrument bien supérieurau précédent, parce quil réunit commodité, prompti-tude et précision dans son emploi, est celui que M. Le-febvre a construit en 4839, et qui repose sur ce prin-cipe :

4° Que les diverses espèces dhuiles pures ont desdensités différentes et variables avec la température ;

2° Quen général, on ne trouve pas deux huiles quiaient la même densité à la même température.

Si donc on arrive à connaître la densité dune huile,et en même temps sa température, on na quà consul-ter les tables qui indiquent les poids des différenteshuiles pour toutes les.températures; lespèce dhuile est

aussitôt déterminée. Sil y a incertitude entre deuxhuiles, des caractères chimiques interviennent qui dé-cident la question.

Daprès M. Lefebvre, voici la densité des diverseshuiles commerciales, récemment préparées, à la tem-pérature normale de -{- 15" ?

DÉSIGNATION

HUILES :

tasiiicomparée-4celle de l'eureprésentéepar 40,069.

POIDS

de

4keetolitre.

POIDS

da

litre.

du -corps du cachalot. .

8,840

kil.

88,40

çr-

884, !

de suif ou acide oléique.

9,003

90,03

900,3

. de colza dhiver.

9,130

91,50

915, '

de navette dhiver. . .

9,134

91,54

915,4 i

de navette dété.....

9,137

91,57

915,7

de pieds de bœuf. . . .

9,160

91,60

916,

de colza dété.

9,167

91,67

916,7

darachide.

9,170

91,70

917,

dolives.

9,170

91,70

917,

damandes douces. . . .

9,180

91,80

918,

de faine.

9,207

92,07

920,7

de raisin.

9,210

92,10

921,

de sésame.

9,233

92,35

923,5

de baleine filtrée. . . .

9,210

92,40

924,

dœillette.

9.233

92,53

925,3

de chenevis.

9,270

92,70

927,

de foie de morue. . .

9,270

92,70

927,

de foie de raie.

9,270

92,70

927,

de camélinc.

9,282

92,82

928,2

de coton.

9,306

93, C6

930,6

de lin.

9,350

93,50

935,

Il est à noter que lorsque les huiles vieillissent, leurdensité augmente toujours sensiblement, sans doute àcause de la modification plus on moins profonde quelleséprouvent de la part de loxygène de lair, qui, commeon sait, est absorbé par elles. Cest ainsi, par exemple,qu'une huile de coton fraîche pèse 9,306, tandis qua-près deux ans de repos dans un flacon, elle pèse 9,320.Laugmentation, toutefois, ne porte que sur les deuxdernières décimales.

Loléomètre de M. Lefebvre a la forme dun aréo-mètre ordinaire, seulement le réservoir cylindriqueest très grand et la tige très longue (fig. 1). Celle-ciporte une échelle graduée sur laquelle sont inscritesles densités comprises entre 9,000 jusquà 9,400, li-mites entre lesquelles sont renfermées les densités desdiverses huiles commerciales. Seulement, comme il eutété impossible de placer quatre chiffres sur léchelle,on a retranché le premier et le dernier, pour ne con-server que les deux du milieu, ce qui na aucun incon-vénient dès quon en est prévenu. Ainsi, les chiffres de4 jusquà 40, placés sur léchelle, doivent être précédésde 9 pour exprimer la densité et le poids de lhectolitre.La place de lhuile de colza, par exemple, se trouve aunombre 45; il faut lire alors 9,150 de densité, ou91 kil. Shectogr. pour le poids de lhectolitre, ou en-core 915 grammes pour un litre.

A la gauche de léchelle et en face de la densité, setrouvent les noms des huiles. Pour la facilité des véri-fications, leur place est représentée par une couleur àpeu près semblable à celle que prend chaque espècesous linlluence de lacide sulfurique concentré. Lescouleurs font mieux distinguer la place sarrête loniveau de lhuile sur linstrument, quand celui-ci estplongé dans les barils ; de cette manière on na pas be-soin de retirer loléomètre pour connaître la densitéexprimée en chiffres.