OLEOXIETRE.
OLEOMETRE.
Si
sésame. . ^_S3
L'instrument ayant été gradué pouf la températurede + 15°, il y a donc toujours nécessité de consulter latempérature de l’huile au moment où l’on y plongel’oléomètre, et de faire une correctionau chiffre obtenu lorsque la tempé-rature est supérieure ou inférieure à
1 o u . D’après M. Lefebvre, la cor-rection pour toutes ces huiles est de4'4/2 centigrade pour un millième dedensité en plus ou eu moins, à partirde 4 b° : soit 3“ centigr. pour 2 mil-lièmes, 6“ pour 4 millièmes, etc. Lorsdonc qu’une huile est à-)-18° centigr.,l'oléomètre descend alors à 2 millièmesau-dessous de la densité réelle, et ilfaut donc augmenter de 2 millièmes lechiffre trouvé. Si l’huile est à -f- 42°,l'instrument s’arrête à 2 millièmes au-dessus de la véritable densité, et il fautd’abord diminuer ces 2 millièmes de ladensité apparente.
A + 3° centigr. pour les huiles decolza et de navette, à + 8° pour l’huiled’olive, la vérification ne peut avoirlieu à cause de leur concrétion. 11 fautalors faire chauffer l’huile dans le tubed’essai, soit avec la main, soit avec del’eau tiède, et avoir la précaution d’agi-ter l’huile avec une baguette, ou mêmeavec le thermomètre.
Pour éviter tous les calculs relatifsaux corrections de température, M. Le-febvre a dressé des tableaux donnantles poids des huiles à l'hectolitre pourtoutes les températures ordinaires, c’està dire celles qui sont comprises entreri-30°, et—6° centigr. On les trouveradans le tableau de la page suivante.
L’instrument de M. Lefebvre donnele moyen non-seulement de faire la dis-tinction des huiles entre elles, mais,jusqu’à un certain point, de faire con-naître les mélanges des unes avec lesautres, car les huiles n’éprouvant au-cune modification chimique par leursimple mélange, il est évident que lesdensités des mélanges récemmiàentpréparés sont proportionnelles auxquantités respectives des huiles mêlées.
L’oléomètre pourra donc indiquer, aumoins dans le plus grand nombre descas, les rapports de quantités entredeux huiles qui auront été mélangées.
Si, par exemple, l’huile de colza a étéadditionnée de son volume d'huile delin, comme il y a entre ces deux huiles 20 millièmesdo différence pour la densité, l’oléomètre plongé dansun pareil mélange s’arrêtera à 25, soit 9,250, qui estla densité de l’huile d’œillette. Si le mélange a été faitdans les rapports de 1/4 de lin et 3/4 de colza, l’in-strument indiquera 9,200. Enfin, si le mélange n’estque de d/40 e de lin, on aura 2 millièmes en plus de ladensité de l’huile de colza, soit 9,170.
Mais pour tirer des indications précises de l’oléo-mètre dans ces cas de mélange, il est évident qu’il fautpouvoir à l’avance reconnaître quelle est l’huile qui aété ajoutée à l’huile de plus grande valeur. Or, c’estici que M. Lefebvre fait intervenir l’action d’un agentchimique, l’acide sulfurique, qui, par les effets de co-loration qu’il produit sur chaque espèce d’huile, per-met de caractériser chacune d’elles, qu’elle soit pure oumélangée.
L’idée de l’emploi de l’acide sulfurique, pour la dis-
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tinction des huiles r cst due à M. Iloydeureich, phar-macien à Strasbourg , qui la fit connaître en 1841. Cechimiste a reconnu, le premier, que lorsqu’on ajouteune goutte d’acide sulfnrique concentré h dix ou quinzegouttes d’une huile quelconque, déposées sur un verreblanc recouvrant une feuille de papier, on voit presquoaussitôt apparaître une coloration qui varie avec l’es-pèce d’huile employée. Ainsi :
L’huile d’olive prend une teinte jaune prononcée, de-venant peu à peuverdâtre ;
jaune d’uD gris sale;d’un ronge vif;de gris sale;jaune, puis orangée;jaune pâle avec con-tour gris s>jle ;d’émeraude bien pro-noncée;
rouge brun passantau brun noir;jau ne avec stries bru-nes au centre ;d’unrougebruu foncé
— d’arachide —
— de sésame —
— de navette —
— de cameline —
— d’œillette —
— de chènevis —
— de lin —
— de coton —
— de baleine —
de colza offre une auréole bleu verdâtre ;de faine offre une auréole gris sale, puis ver*dâtre avec stries jaunes au centre.
Lorsque deux huiles sont mélangées et qu’on lessoumet à l’action du réactif, il se manifeste alors UDecoloration toute différente de celles qu’on obtient avecles huiles pures, et qui permet de reconnaître la naturede l'huile employée par la fraude.
Mais, il faut le dire, les nuances précédentes ne sontpas toujours aussi tranchées que nous l'indiquons ici,et il y a certaines huiles qu’il serait bien difficile dedistinguer de certaines autres au moyen de ces effets decoloration, la différence étant parfois à peine sensible.Ainsi, par exemple, l’huile d’arachide, l’huile d’œiLlette, l’huile d’olive, l’huile de oa-neline, se sont cora?*portées absolument de la même manière dans nos essaisavec l’acide sulfurique. L’acide oléique et l’huile de ba-leine n’offrent pas non plus des différences bien pro-noncées.
D’ailleurs, la même huile ne donne pas toujours desrésultats identiques avec l’acide sulfurique ; le lieu deprovenance, l’ancienneté de l’huile, le mode d’extrac-tion, sont autant de causes qui modifient les effets duréactif. Aussi faut-il toujours, quand on essaie unehuile, opérer comparativement avecd’autreséchautillonsde la même huile pure.
C’est surtout lorsque les huiles sont mélangées lesunes avec les autres, que la distinction au moyen del’acide snlfurique devient excessivement difficile, et cen’est que par une longue habitude, pardes essais com-paratifs sur des mélanges préparés à dessein avec leshuiles qu’on suppose exister dans l'huile fraudée, qu’onpeut arriver, non à une certitude absolue, mais à uneprobabilité. Le problème devient encore plus compliquélorsqu’il s’agit de déterminer les proportions du mé-lange, et nous ne pouvons accorder qu’il soit possibled’obtenir du réactif, sous ce rapport, des indications dequelque valeur.
Au reste, l’emploi de l’acide sulfurique n’est que se-condaire, et il D’est pas indispensable d’y recourir dansle plus grand nombre des cas.
C’est la différence de prix des huiles qui fait qu’oumélange entre elles des espèces de differentes valeurs;c’est enfin la différence de prix des tourteaux qui faitqu’après avoir obtenu l’huile d’une graine, on en broieles tourteaux avec ceux d’une plus grande valeur. Cesmélanges de tourteaux procurent, au rebattage, unehuile qui est toujours introduite dans celle du prix le