SERRURERIE.
SERRURERIE
SEMOULE. Voyez amidon et gluten.
SEPIA. La sépia est une couleur brune secrétée parles seiches, mollusques marins que l’on trouve en abon-dance sur nos côtes. On fait d’abord sécher aussirapidement que possible le sac qui la renferme; puis,on broie la matière desséchée avec un peu de potassecaustique en dissolution ; on ajoute une nouvelle quan-tité d’alcali ; on fait bouillir pendant une heure eton filtre. La sépia, composée en presque totalité decarbone à un état de division très grand, se dissout;on filtre, on sature l’alcali par un acide; la sépia seprécipite alors parfaitement purifiée; on la lave àgrande eau, et on la fait rapidement sécher.
SERPENTINE. Sorte de roche verte. (Voyez géo-logie.)
SERRURERIE. La serrurerie comprend la fabrica-tion des ouvrages en fer forgé qui s’emploient dans lesconstructions, les mécaniques, etc., etc., autres queceux qui constituent la construction de machinesproprement dite.
Nous diviserons cet article un deux parties : dans lapremière nous parlerons des matières premières, nousétudierons les principaux outils du serrurier et les pré-parations diverses qu’il fait subir aux matières pre-mières qu’il emploie, pour les convertir en pièces deserrurerie : dans la seconde nous nous occuperons de laserrurerie proprement dite, c’est-à-dire de la fabrica-tion et de la fourniture des diverses pièces de la serru-rerie.
Nous subdiviserons cette seconde partie en troissections qui forment trois professions à part, qui sont :
le serrurier en bâtiments, 2“ le serrurier charron ,3° le serrurier mécanicien. Le premier fait tous les ou-vrages en fer forgé qui s’emploient dans les bâtiments,le second fait ceux qui servent au ferrage des voitures,le troisième, enfin, exécute, d’après des dessins, toutesles pièces en fer forgé qui entrent dans la compositiondes machines.
Ces trois classes de serruriers, bien que s’occupant dela fabrication d’objets différents, rentrent cependantl’une dans l’autre, ainsi les serruriers en bâtiments tra-vaillent dans les ateliers des serruriers charrons et ré-ciproquement. Cependant les forgerons charrons et lestourneurs travaillent exclusivement, les premiers, chezles serruriers charrons, les seconds, chez les serruriersmécaniciens.
PREMIÈRE PARTIE.
' Les matières premières que le serrurier emploie sontle fer, l’acier, le cuivre, le laiton, la houille, le char-bon de bois et quelquefois le coke. Ces substances ontété traitées avec tous les détails nécessaires aux articlesFER, ACIER, CUIVRE, LAITON, COMBUSTIBLES, etc.,nous n’y reviendrons donc pas ici. Nous rappelons seu-lement qu’avant d'employer telle ou telle qualité defer. le serrurier doit toujours faire attention aux fonc-tions que ce fer doit remplir. S’il doit supporter desfardeaux et résister par son poids seul, il emploiera du1er fort et dur. Si, au contraire, il doit résister à desefforts de traction, il emploiera du fer doux.
Un morceau de fer, avant d’être changé en une piècede serrurerie quelconque, subit deux sortes d’élabora-tions. On commence par lui donner grossièrement laforme qu’il doit avoir, c’est ce qui constitue le travailde la forge. Une fois que la pièce est ébauchée, on la finiten la limant, la taraudant, la perçant, etc., et c’est letravail de l'établi. Toutes les pièces de serrurerie nepassent pas à l’établi. Il en est un grand nombre quis’emploient telles qu’elles sortent des mains des forge-rons.
Chez les petits serruriers, la forge et l’établi sont si-tués dans une même pièce. L’établi se trouve dansl’endroit le plus éclairé, la forge, au contraire, se place
dans l’endroit le plus obscur afin de mieux juger descouleurs du fer que l’on chauffe. Chez les grands serru-riers, la forge et tout ce qui en dépend, se trouve dansune pièce généralement au rez-de-chaussée, et l’établiest au-dessus dans une pièce séparée. Les outils que leserrurier emploie se divisent également en deux classes :
les outils de la forge; 2° les outils de l’établi. Lesoutils de la forge, sont : la forge et ses soufflets, lesenclumes, les pinces, les broches, les marteaux de tou-tes grandeurs, les tenailles, les tisonniers, les chassesrondes, carrées et à biseau, les mandrins, les étampes,les tranches, les perçoirs, les tranchets, le casse-fer àfroid. Les outils de l’établi sont : les étaux de toutesformes et de toutes grandeurs, les ciseaux, les burins,les mandrins, les filières et tarauds, les machines à fo-rer et leurs forets, les fraises, les trépans, les mèches,
> les tours, les limes, etc., etc. Plusieurs de ces outilsont été décrits dans divers articles de ce Dictionnaire,d’autres ne l’ont été qu’incomplétement. Nous com-pléterons ici ce qu’il y a à dire sur les principaux d’en-tre eux.
La forge du serrurier se compose de la paillasse ,des contre-cœur , qui portent les tuyères , de là hotte etdu soufflet. Elle se place d’habitude contre le mur dufond de l’atelier dans lequel sont scellées les*barres defer qui forment la paillasse. Le soufflet se place aussihaut que possible, afin de ménager l’espace et de passerlibrement au-dessous sans gêner le service. Autrefois lescontre-cœur se faisaient en briques. Aujourd’hui onremplace la maçonnerie en briques par une plaquede fonte dans laquelle on perce un trou qui laisse passerla tuyère. Cette plaque en fonte dure deux fois pluslongtemps que les briques; on a en outre reconnu quecette disposition économisait du combustible; il en estdé même de l’emploi de l’air chaud ; mais ce derniern’est encore que très rarement usité en France .
Le soufflet généralement employé est un soufflet àdeux vents. Il présente cependant de nombreux incon-vénients. Il occupe beaucoup déplacé relativement àl’effet qu’il produit ; il a de plus le grave inconvénientde ne pas produire un vent continu. Le soufflet à troisvents de Rabier est bien préférable ; il donne un ventplus fort, plus coutiriu, et à force égale il est moitié duprécédent (voyez Collect. des brevets , tom. II, page 122).
Nous conseillerons aussi aux serruriers l’emploi desrégulateurs ou centimètres, instruments très simples,qui permettent de régler la force du vent et d’obtenir àvolonté et après de longs espaces de temps, exactementla même quantité d’air qui une fois a bien réussi pourune opération.
Depuis quelque temps on commence à employer lesétaux parallèles , c’est-à-dire des étaux dans lesquelsla mâchoire mobile reste toujours parallèle à la mâ-choire fixe en s’éloignant d’elle. Ces étaux facilitentsingulièrement le travail des pièces qui présentent degrandes surfaces planes. On rencontre aussi chez quel-ques serruriers les étaux de M. Paulin Desormeaux,au moyen desquels on peut donner à la pièce toutesles inclinaisons voulues.
Les machines à forer, et en général tous les outilsde serrurerie, ont reçu depuis quelques années de nom-breux perfectionnements, ainsi qu’on a pu le voir auxexpositions de 1834, 1839 et 1844. (Voyez percer.)
Le forgeage et le soudage s’exécutent toujours àchaud ; on reconnaît aux caractères suivants que le ferest chauffé au point voulu pour être soudé : 1 ° quand, enfaisant agir le soufflet, il sortira du feu de petites étin-celles brûlantes, qui ne sont autre chose que des par-celles de fer incandescentes détachées de la pièce parla force du vent ; 2° quand, en examinant le morceau defer, on verra que sa surface paraît être couverte d'unecouche liquide qui se remue en tous sens, propriété quia fait donner le nom de chaude suante au degré de eha-