SERRURERIE.
SERRURERIE.
riable; il dépend de la qualité du fer, de celle du char-bon, et surtout de l’habileté du forgeron. Dans tousles cas, il doit entrer dans le prix du compte de re-vient ;
2° Du prix du charbon consommé par la forge ;
3° Du prix de la main-d’œuvre, dans laquelle setrouve compris le temps employé par le forgeron et socaide pour préparer la pièce;
4° Du prix de la pose, dans lequel on ne comprendque le temps employé par l’ouvrier pour poser l’ouvragesur place ;
5° Enfin de faux-frais, dans lesquels on comprend :4 ° la location de la boutique ; 2° la patente et les droits ;3° l'établissement et l'entretien des forges et de leursaccessoires ; 4° le transport des ouvrages faits de l’ate-lier au bâtiment.
Les auteurs varient suz le chiffre que l’on doit alloueraux entrepreneurs pour le déchet et les faux-frais ; tousaccordent 4 /6* du tout pour le bénéfice. Morizot admet4/10* pour le déchet et 4/5* de la main-d’œuvre pourles faux-frais Toussaint accorde 4/6 e de la main-d’œuvre pour les faux-frais.
L'évaluation des ouvrages de quincaillerie est beau-coup plus facile ; elle se compose :
4 * Du prix d’acquisition principale ;
2° De celui des menues fournitures, accessoires àcertaines pièces et servant à leur pose, comme les vis,les clous, etc., etc. ;
3° Enfin du prix de la pose.
Il y a, en général, trois manières de compter les ou-vrages de serrurerie : les uns se comptent au poids, cesont les grosses pièces, les ancres, chaînes , etc. ; les au-tres à la mesure linéaire, telles sont les rampes d'esca-lier, les espagnolettes, etc. ; d'autres, enfin, se comptentà la pièce, ce sont les objets fournis en partie par laquincaillerie, les serrures, pommelles , etc.
Nous ne déterminons ici aucun prix ; ils sont, eneffet, si variables qu’on ne sait pas aujourd’hui cequ’ils seront dans deux ou trois mois.
Dans tout ce que nous venons de dire, on supposetoujours que les fournitures sont faites dans les pre-mières qualités ; lorsqu’elles seront de qualité infé-rieure, l'architecte diminuera de -1 fo, 4 /4 et meme 4 /2du prix de fourniture*, si l’ouvrage est mal fait, il lerefusera.
Il faut une bien grande habitude des détails de ser-rurerie et avoir l’œil bien exercé, pour ne pas se laisserimposer par les énonciations amplifiées de MM. les ser-ruriers. On rencontre quelquefois des entrepreneursqui demandent, dans plusieurs articles de leurs mé-moires, la fourniture d’un objet. Pour une serrure, parexemple, ils compteront ; 1° la fourniture, 2° l 'entrée,3° les boulons, 4° les vis, 5° la gâche, 6° la pose . Leurbut est évidemment d’obtenir un prix plus élevé quecelui qui est dû. Pour les menues réparations d’objetscomposés de plusieurs pièces cachées, comme les ser-rures, on rencontre encore des serruriers qui divisentune légère réparation en plusieurs articles, qui, réunisensemble, donnent un total excédant de beaucoup leprix du même ouvrage neuf.
C’est au vérificateur à rassembler en un seul articletout ce qui appartient au même objet, et qui a été livréen même temps, comme la serrure et ses accessoires;il ne doit régler à part que les objets de façon, c’est-à-dire ceux qui ont été faits exprès pour le besoin spécialde l’emplacement.
2* SECTION. DU SEBRURIEB-CHÀBBON. — Leserrurier-charron s’occupe de tout ce qui a rapport auferrage des voitures. De tous les ouvrages qu’il em-ploie, il en est trois qui sont exclusivement fabriquéspar lui ; les autres peuvent l’être par les serruriers enbâtiments : ces ouvrages sont les essieux , les cols decygne et les ressorts.
On donne le nom de col de cygne à toute courbureque l’on fait subir aune tringle de fer, et qui imite plusou moins la forme du cou d’un cygne. Dans une voi-ture, on appelle col de cygne la pièce en fer qui marieVavant-train&Yarrière-train; elle a pour but de formerune courbe assez élevée pour permettre aux roues del’avant-train de passer dessous, disposition qui permetà l’avant-train de pivoter sur la cheville ouvrière, et àla voiture de tourner comme s’il n’y avait que deuxroues.
Le col de cygne se fabrique en plaçant une barre defer de Berry entre deux barres de fer de roche. Cestrois barres sont bien forgées, bien soudées ensemble àla chaude-suante, et amenées à une grosseur qui, sui-vant la force de la voiture, varie de 0“,04 à O", 05d’équarrissage. Le col de cygne se fait en deux parties,celle du devant et celle de derrière. Quand la pièce estforgée, on lui donne la courbure nécessaire, courburequi est déterminée par la forme de la voiture et la hau-teur de ses roues. Cela fait, on scude les deux partiesensemble ; on chauffe au rouge cerise ; on forge pourdonner définitivement à la pièce la forme et la grosseurvoulue; puis on pousse dessus les ornements, s’il doity en avoir.
Les ressorts de voitures sont des assemblages defeuilles minces d’acier, ayant de 3 à 7 mètres d’épais-seur sur 6 à 8 centimètres de large, qui, par leur élas-ticité, adoucissent la transmission du choc des rouessur les corps durs.
Les ressorts les plus ordinaires ressemblent à uneportion de cercle sur laquelle s’enroule une courroie encuir qui supporte la voiture. Cette courroie vient se*fixer à un petit cric attaché aux patins derrière leressort. Il y a, en général, quatre ressorts par voi-ture. Aujourd’hui, on donne une autre forme aux res-sorts des voitures ; on les fait droits, comme dans leslocomotives.
Le ressort est composé de plus ou moins de feuillesd’acier, suivant la force de la voiture. Les petits en ontcinq, les forts en ont dix, quelquefois douze.
Pou* faire un ressort, le serrurier commence pardéterminer le diamètre de sa courbure et la longueurde sa queue. Ces deux quantités connues, il en déduitla longueur de la première feuille, qui évidemment serala plus grande.
11 forge et il lime cette première feuille pour luidonner la forme voulue. La pièce étant préparée, il laplace dans une étampe ; puis à quelques centimètres del’extrémité de la feuille, et au milieu de sa largeur, ilfait un petit bouton nommé tétion. Ce tétion a unesaillie de 6 à 8 millim. et une épaisseur de 8 à 4 millim.,La seconde feuille, plus courte que la première, sepose dessus ; on fait à 5 ou 6 centim. de son extré-mité, et au milieu de sa largeur, une mortaise lon-gitudinale de 4 ou 5 millim. de large sur 0“,030 à0 W ,035 de long, dans laquelle entre le tétion de lapremière feuille. À 5 ou 6 centimètres de la mortaise,et toujours au milieu de la largeur de la feuille, onfait un petit tétion, qui a la même dimension que celuide la première feuille, et qui entrera dans la mortaiselongitudinale que l’on pratiquera au milieu de la lar-geur et à quelques centimètres de l’extrémité de latroisième feuille, qui, plus courte que la seconde, seposera également dessus. On continuera ainsi jusqu’àla dernière feuille, qui est la plus courte, et qui porteune mortaise longitudinale sans avoir de tétion. Letétion a pour but de permettre aux feuilles du ressort deprendre un petit mouvement d'oscillation sans avoir unmouvement latéral.
Quand les feuilles sont ainsi superposéos, on prati-que, au tiers environ de la plus grande feuille, uneinortaiso qui traverse toutes les feuilles : c’est là quese place le collier du ressort. A partir du collier, on