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SOIE.

SOIE.

gnanerie formant le côté gauche du bâtiment, lorsquecette salle servira à l’éducation des vers h soie.

J’admets qu’on est bien d’accord sur le degré de cha-leur (1), d’humidité et de ventilation qu’il faut entrete-nir constamment dans la magnanerie; cela posé, voicicomment j’opérerais :

Ayant attaché des thermomètres contre les carreauxde deux des portes vitrées de la chambre à air, et ayantplacé symétriquement à 4“,6 au-dessus du plancher dela magnanerie deux thermomètres et deux hygomètrespareils, je ferais du feu dans le calorifère d, si l’air ex-térieur était trop froid ; je mettrais de la glace dans lescaisses r (fig.2285), si cet air était trop chaud, et je ver-serais enfin de l’eau dans ces caisses, ou dans quelques-unes d'elles, si l’air employé à la ventilation était tropsec. On conçoit que j’arriverais ainsi facilement, en pra-tique, à donner au courant ventilateur le degré de cha-leur et d’humidité le plus convenable pour entretenirles vers à soie en bon état de santé, et ponr les faireparvenir au plus grand développement possible (2).

Quant au degré de ventilation à donner à la magna-nerie, le fait de l’existence de vers à soie à l’état natu-rel, sur les arbres et en plein air, à la Chine , prouvequ’ici on pourrait ne pas craindre d’outre-passer les li-mites nécessaires à l’assainissement de la salle ; mais ilvaudra mieux ne faire que les atteindre, et il ne faudraque s’aider de l'odorat pour arriver à ce but. Il suffira,en effet, de ne ventiler la magnanerie que de ce qu’ilfaudra pour que l’air ne s’y infecte pas vers le haut dela pièce, ce qu’on pourra reconnaître facilement, et àchaque instant, en se plaçant sur le plancher le pinsélevé vers les derniers rangs de claies (3).

Les dispositions adoptées lors de la construction de lamagnanerie de Villecomble, donnent de grandes facili-tés pour y pouvoir toujours établir une forte ventilation (i).

On sait que, dans une pièce disposée de manière à ceque l’air entrant par le bas puisse sortir par des ouvertures égales percées vers le haut, il suffit, en plus,d’une différence d’un demi-degré centigrade entre latempérature de l’air de la pièce et celle de l’air exté-rieur, pour donner au courant ventilateur la vitessenécessaire à l’assainissement de lu salle, dans le cas oùl’air trouve des ouvertures suffisantes pour y pénétreret pour en sortir. On voit donc que dans le climat du

({) Les propriétaires de magnaneries ne sauraient tropadopter l’usage du thermomètre à index, pour s’assurerconstamment si la température prescrite a été observée enleur absence. Cet instrument se trouve décrit et figuré dansle Bulletin de la société d'encouragement , année 1824,p. 235, et dans mon Traité d’éducation des vers à soie.

(Bonafous.)

(2) Une température trop basse ou trop élevée peut, en

effet, contrarier la croissance des vers à soie, mais c’est lachaleur principalement qui leur est nuisible : 4© en excitantchez ces insectes un appétit qui n’est pas en rapport avecleurs forces digestives; 2° en favorisant la fermentation deleur litière. Certains magoaniers, accoutumés à se guiderd’après une routine aveugle, s’imaginent mal à propos qu’unelitière épaisse est nécessaire pour entretenir la chaleur desvers à soie, et cette erreur me parait uue des plus contrai-res à la réussite des éducations. Non seulement il faut fré-quemment déliter les vers, mais dans celte opération, aulieu de jeter et de déposer à terre la litière des claies,comme on le fait ordinairement, on doit l’enlever avec soinet la transporter loin des habitations. J’ai vu dans mes ate-liers la mortalité s’arrêter comme par enchantement par lesimple enlèvement de la litière. (Bonafous.;

(3) Les personnes vivant dans l’atelier, finissant par êtreinsensibles à l’odeur qui s’y développe, doivent ne pointtoujours se rapporter & elles-mêmes.

(4) On doit, pour bien comprendre ce qui suit, se souve-nir que le système de ventilation dont je parle n’est parfaitque lorsque toutes les fenêtres et les portes de la magnane-rie salubre sont exactemeut fermées. Le contre-maître nedevra jamais ouvrir les fenêtres de l’atelier; quant auxportes, en y plaçant des contrepoids, on sera assuré qu’ellesue resteront jamais ouvertes inutilement.

département de la Seine , on n’aura point de difficultépour établir dans la magnanerie la ventilation conve-nable, qu’on aura très rarement à y faire usage doglace pour refroidir l’air extérieur, et que par consé-quent, on n’y aura presque jamais à faire usage du ta-rare ou du fourneau d’appel, pour donner à la ventila-tion la direction ascensionnelle qu’il faut lui imprimer.

A Villecomble, il faudra presque toujours échaufferl’air extérieur avant de l’introduire dans la magnane-rie, ce but sera facilement atteint au moyen du calori-fère d. Dans ce cas, la ventilation s’établira d’elle -même, et on n’aura qu’à la régler.

Lorsque l’air extérieur sera assez cbaud, on l’obli-gera à traverser la magnanerie en forçant la ventila-tion, soit au moyen du tarare r, soit en faisant usagedu fourneau d'appel spécial, construit au bas de lagrande cheminée, et lorsque cet air sera trop chaudon le refroidira au^degré convenable au moyen de laglace, dans la chambre à air b, et on établira alors laventilation, soit mécaniquement, an moyen du tarare v,soit par le feu, en se servant pour cela du fourneau d’ap-pel spécial z. On voit que, sous ce rapport, le systèmede construction adopté ne laisse rien à désirer. Voyonsmaintenant comment on pourra n’établir dans la ma-gnanerie que le degré de ventilation convenable (1).

Ici trois moyens permettent de bien régler la puis-sance de la ventilation : le premier et le plus simpleconsiste à ne donner aux chatières o que l’ouverturejugée nécessaire pour introduire dans la chambre levolume d’air convenable.

Le second moyen se trouve dans l’emploi raisonnéde la tirette placée entre le tarare et la grande cheminée,et qui peut, à volonté, clore en tout on en partie lepassage x par lequel l’air vicié, sortant de la magua-nerie, peut entrer dans la grande cheminée u (2).

L’emploi plu» ou moins rapide du tarare v donneenfin un troisième moyen de régler convenablement laventilation et sans le secours du feu.

Les détails dans lesquels je viens d’entrer doiventsuffire pour bien faire comprendre tout ce qu’il y auraà faire dans la magnanerie de Villecomble, pour yélever les vers à soie, comme ils pourraient l’être enplein air et sous l’influence d’une constitution atmo-sphérique la plus favorable possible. Le contre-maître,en observant les deux thermomètres visibles du devantde la cloison, et ceux qui doivent être placés symé-triquement dans la magnanerie, arrivera facilement àfaire un emploi judicieux du feu et de la # glace, pourdouner constamment au courant d’air la températureconvenable ; la marche des hygromètres lui indiqueras’il doit ou non ajouter de l’eau vaporisée au courantventilateur, et l’odeur de l’air, au haut de la salle, luidonnera toujours le moyen d’amener la ventilation an’être que suffisante pour opérer l’assainissement de lamagnanerie. Lorsqu’on aura donné uue bonne consigneau contre-maître, ce sera à lui à la bien exécuter, il

(I ) Dans les localités où il est difficile ou trop dispendieuxde se procurer la glace nécessaire, ou peut, entre autresmoyens d’y suppléer, étendre dans l’intérieur des ateliersde grandes toiles mouillées que l’on trempe dans l’eau aussisouvent que l’on le juge convenable. Les vapeurs froides quis’en dégagent produisent uu abaissement de températuredont je me suis fort bien trouvé dans maintes circonstances.

(Bonafous.,)

(2) Je pense qu’en dirigeant bien les travaux d’une ma-gnanerie salubre, l’assainissement y sera tel, qu’on n’auraplus besoin d’y avoir recours à l’emploi des fumigations dechlore gazeux; si cependant on voulait continuer à faireusage de ce moyen de désinfection, ce serait dans la cham-bre à air qu’il faudrait placer les vases contenant le mé-lange fumigatoire.

(fest par l’un de ces deux premiers moyens qu’il faudrarégler la ventilation, toutes les fois que la températurede la magnanerie sera plus élevée que celle de l’air exté-rieur.