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SOIE.

SOIE.

guindre, parle moyen de la corde croisée o, qui passe dela poulie p sur la poulie p’, disposée sur l'axe du guin-dre A, qui a ses points d’appui de chaque côté dans lebâti EFGÏÏ.

M. Robinet a calculé avec le plus grand soin les dis-positions relatives de chacune des pièces. Pour que letravail pût être exécuté dans les conditions les plusfavorables, il a rapproché la manivelle motrice de labassine, afin que la surveillance fût plus facile.

Nous avons vu manœuvrer cet appareil, qui fonc-tionne trèsJégèrement, et qui doit être d’un entretien àpeu près nul. Son renderaeut, tant sous le rapport de laquantité de soie que sous le rapport de la qualité, nepeut être qu’avantageux, si on apporte à son .emploitous les soins, les connaissances, que son auteur recommande, et qu’il possède à un si haut degré.

Mode de chauffage des tours. Jusque vers l’au-néc 4810, l’eau des bassines était chauffée exclusi-vement à feu nu. Les bassines étaient placées sur unfoyer direct, comme une chaudière de teinture ou touteautre. La tourneuse, ouvrière qui donnait le mouvementà l’asple, était chargée d’entretenir constamment le feu.Ce mode de chauffage, qui est encore appliqué dans le9petites exploitations du Midi, présente plusieurs incon-vénients. Il occasionne une dépense de combustible as-sez forte, exige beaucoup de place, et expose 'la puretéde la soie à être altérée par les émanations du combus-tible.

C’est pour parer à tous ces inconvénients que M. Gen-soul eut l’idée d’appliquer la vapeur au chauffage del’eau des bassines. Cette idée, si simple et si ration-nelle, donna une véritable célébrité à son nom, et causaune heureuse transformation dans l'industrie séricicole.Un générateur unique est chargé d’alimenter de vapeurtoutes les bassines qui contiennent l'eau à chauffer. Cegénérateur et son foyer sont ordinairement séparés del’atelier du filage, et l’alimentation se fait par destuyaux et des robinets convenablement disposés.

Le système de M. Gensoul étant bien connu, et neprésentant d’ailleurs rien de particulier qui n’existedans tous les appareils de chauffage des liquides par lavapeur, nous croyons pouvoir nous dispenser d’en don-ner une description plus détaillée.

Force motrice. Une autre innovation consiste dans lasubstitution de la force motrice de l’eau ou de la va-peur à celle de l'ouvrière pour mouvoir les tours. Quandon en a un grand nombre à faire marcher, et qu’on aun cours d’eau ou une machine à vapeur à sa disposi-tion, rien de plus facile alors que de commander autantde tours que l’emplacement le permet avec un seul ar-bre. Il suffit de jeter une courroie de la poulie du moteurà une poulie placée sur l’extrémité des guindres, en éta-blissant les rapports convenables entre ces deux pou-lies, pour obtenir la vitesse voulue, qui ne doit pas êtretrop grande, afin que les ouvrières aient Je temps suffi-sant pour suivre parfaitement les fils. Le choix du mo-teur sera déterminé d’après les considérations ordi-naires. On devra seulement considérer que pour letirage des cocons, le moteur ne devra servir qu’une par-tie de l’année, le moins longtemps possible, car Inexpé-rience a prouvé que pour ce système de filage, le plusrépandu actuellement, il y avait grand avantage pour laqualité et le rendement de la soie à dévider les coconsles plus frais possible.

Tour Locatelli. Nous avons réservé en dernier lieu ladescription du tour de M. Locatelli, non parce que samachine est précisément la plus récemment connue,mais parce qu’elle nous a paru réunir toutes les condi-tions désirables pour une machine parfaite de ce genre,une oonstmetion solide, légère, parfaitement raisonnée,et, en un mot, à la hauteur des connaissances mécani-ques de notre époque.

M îsocatelli a pensé qu’il serait bon, pour une matière

aussi précieuse que la soie, de construire une machineau moyen de laquelle on pourrait opérer plus régulière-ment bien, et indépendamment de l’habileté de l’ou-vrière. Il a eu l’ambition de doter l’industrie séricicoled'un appareil au moyen duquel on parviendrait à tra-vailler la soie avec la perfection, l’économie et lafacilité que présente aujourd’hui le travail de nos au-tres matières textiles.

Jusqu’à quel point M. Locatelli a-t-il réussi ? c’estce que la description suivante va nous permettre de dé-cider en partie.

Le tour de M. Locatelli est représenté en plan fi-gure 2292, eu élévation fig. 2293.

Les principales parties qui constituent un tour se re-trouvent dans celui-ci. Il a été disposé originairementpour le filage d’un seul écheveau à la fois. Nous allonsmentionner succinctement chacune de ces parties, surlesquelles nous reviendrons ensuite avec quelques dé-tails. Elles occupent les mêmes places relatives quedans la plupart des appareils semblables. En avant dela machine on remarque la bassine S, au-dessus de la-quelle est disposée la filière F. Entre la bassine etl’asple est placé un montant vertical t\ qui supporte labobine N en porcelaine et le petit cylindre en verre,entre lesquels la croisure doit être opérée. Au pieddu montant se trouve le guide-fil ou va-et-vient c, quireçoit son impulsion par une commande convenable-ment disposée sur l’axe de l’asple A, auquel l’impulsionest donnée au moyen de la manivelle m, mue par unepédale P. On voit que cette dernière disposition estcelle adoptée pour un rouet ordinaire. L’asple tourneà sa partie inférieure dans une caisse creuse C D E F.Tout le système est supporté sur des pieds BB, B’B’,convenablement disposés et solidement assemblés.

Reprenons maintenant, avec quelques détails, cha-cune des parties.

La bassine S est en cuivre étamé: elle reçoit l’eauchaude par le tuyau I, disposé à sa partie inférieure.La brosse b’, fixée dans un anneau de la paroi exté-rieure de la bassine, sert d’essuie-main pour enleverle frison qui pourrait s’attacher aux doigts de la fileusependant le travail. La construction de la filière F quel’on voit au-dessus de la bassine, est toute particulièreet sans analogie avec celle que nous avions vue jus-qu’ici.

La filière est formée par deux parties, par la courbeconcave s et par la filière proprement dite u (fig. 2294).La courber sert à disposer le cocon, qui glisse dans labassine pendant que l’ouvrière retient le brin libre pourle faire passer dans la filière.

Dans le rebord d de cette courbe est pratiquée unefente creuse qui établit un petit intervalle entre ce re-bord et une plaqne en cuivre p’, assemblée par dessuscomme l’indique la fig. 2294 ; sur cette plaque est percéun orifice ou fente conique. Dans l’épaisseur du rebordde la courbe x, se trouve une rainure qui reçoit unelame mince tranchante u, indiquée en détail fig. 2295et 2296. Cette lame ne touche le rebord p’ qu’à l’orificede la filière. Enfin, au-dessus de la plaque p’ et de lafilière est disposé un barbin en verre b’. On a déjà com-pris le but de chacune de ces parties. Pour ajouter unbrin, la fileuse jette dans la courbe ou espèce de cuil-lère z, le cocon qui se rend dans la bassine, pendantque la fileuse retient dans la main l’extrémité libre dubrin qu’elle amène dans la filière F, et tout naturelle-ment autour du barbin b’. La partie du brin que l’ou-vrière tient à la main se trouve coupée avec une grandenetteté par le petit coutean u, et le brin est entraîné au-tour du barbin b’ par le fil montant, qui n’est jamaisexposé à être altéré par un bouchon. Cette additiondes nouveaux cocons, et la partie de l’opération queuous venons de décrire, est si rapidement exécutée, qu’ilest impossible de la suivre et de comprendre comment