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SOIE.

dans les transactions du commerce de la soie. On saiten effet que la soie est un corps très hygrométrique,et peut absorber de 40 à 30 p. 400 de son poids d’eau.

Aussi, la plupart des pays pour lesquels le commercede la soie a quelque importance, se sont-ils préoccupésde la recherche d’un moyen qui puisse mettre les trans-actions commerciales à l’abri des erreurs provenant decette variation. Dès 4750, la ville de Turin possédaitun établissement ou plutôt un séchoir destiné à amenertoutes les soies sur lesquelles on opérait à un degré desiccité uniforme. A Lyon et à Saint-Etienne , cet exem-ple fut suivi dans des maisons particulières. Ce ne futqn’en 4805 qu’un décret institua un établissement pu-blic et unique pour chacune des villes de Lyon et deSaiat-Ëtienne. La direction de ces établissements futconfiée aux administrations locales, qui durent subve-nir aux frais, et furent autorisées à en percevoir les re-venus. Ces établissements reçurent le nom de condi-tions , et la dessiccation qu’on fait subir aux soies celuide conditionnement.

Les moyens employés dans ces premiers établisse-ments pour arriver au but qu’on se proposait étaientdéfectueux; on ne tarda pas à s’en apercevoir. La soie,à l’instant de la vente, était portée dans des salles dela condition pour y être exposée à une température de4 8° à 20° Réaumur, pendant 24 heures lorsque c’étaitde l’organsin, et 48 lorsque c’était de la trame.

La soie pour trame et les écheveaux d’organsin,étaient étalés sur des tiroirs en toile métallique. Lessoies, ainsi disposées étaient placées dans de grandescases grillées, fermées par un scellé, disposées dansles salles dont la température était élevée à 48° ou 20°Réaumur par des poêles ou fourneaux.

On constatait le poids des ballots avant et après leurdessiccation. Le second poids obtenu devenait le poidsmarchand, d’après lequel le vendeur devait livrer lasoie. Lorsqu’on opérait sur de la trame, on ne faisaitjamais subir qu’une seule épreuve à la soie. Le poidsobtenu apres une première exposition à la condition,devenait le poids légal. Lorsqu’on opérait au contrairesur de l’organsin, on renouvelait le séchage pendant24 heures, si la matière avait perdu plus de 2 4 /2et moins de 4 4/2 p. 400, et on prolongeait l’opéra-tion pendant 48 heures lorsque la perte dépassait cedernier chiffre, et après ce dernier séchage on formaitle poids du commerce. Ce mode d’opérer ne poüvaitremédier à une foule d’inconvénients et d’irrégularitésqui se présentaient avec les variations atmosphériqueset le plus ou moins d’encombrement des salles de l’éta-blissement. Lorsque le vent soufflait et que le tempsétait sec, la dessiccation était considérable et les épreu-ves avaient besoin d'être renouvelées ; par des tempshumides les effets contraires avaient lieu. Dans le pre-mier cas le vendeur se plaignait, dans le second la perteétait pour l’acheteur. L’exposition relative des ballotsdans la salle avait également une influence sur les va-riations que présentaient les poids de la soie. Commeil était impossible d’avoir une température constantedans tous les points de l’établissement à cause desportes, des fenêtres, et que l’état hygrométrique y va-riait également avec la plus ou moins grande quantitéde soies et l’état dans lequel elles se trouvaient, etc.,il en résultait souvent que des soies provenant des mê-mes sources, travaillées de la même manière, présen-tant la même qualité et conditionnées simultanément,offraient entre elles des variations considérables. Celadépendait uniquement de leur disposition dans la salleet de leur voisinage des portes ou de soies humides.Le renouvellement des épreuves dont les durées étaientdéterminées, ne pouvait offrir aucune garantie, puisqueles causes d’irrégularité étaient, pour ainsi dire, per-manentes. Il a été prouvé que des soies, que la condi-tion oonsidérait comme parfaitement sèches, conte-

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naient encore une quantité notable près de 4 0 p. 4 00d’eau.

L’ancien mode de conditionnement présentait doncde graves inconvénients qui n’étaient même pas rache-tés par la promptitude de l’opération et l’économie desmanipulations, puisqu’on faisait subir le séchage àtoute la masse. Le service était au contraire long,compliqué et pénible, puisqu’il fallait opérer sur desballots entiers, prolonger quelquefois leur séjour assezlongtemps pour causer une perte d’intérêt sensible, etles employés étaient obligés de séjourner dans une at-mosphère sèche et malsaine. C’est donc avec juste rai-son que ce système avait soulevé des réclamations etrassurait si peu les acheteurs, qu’ils attendaient autantque possible le vent du nord et un temps sec pour faireleurs achats. Il en résultait alors, dans la condition,une accumulation de soies qui entravait et ralentis-sait la marche des opérations, et qui fournissait unesource d’humidité sur laquelle l’acheteur n’avait pascompté.

La chambre du commerce de Lyon , qui avait reconnudepuis longtemps les vices du mode de conditionnementdont nous venons de parler, après avoir fait vainementun appel aux savants et aux hommes spéciaux pourtrouver un moyen sûr et facile d’opérer la condition,chargea, en 4 831, M. Léon Talabot de l’étude de cetteimportante question qu’il résolut bientôt de la manièrela pins complète. Près de dix années se sont écouléesen essais et en expérimentations pour constater d’unemanière authentique les résultats et la valeur du nou-veau système d’après lequel est construite la conditionactuelle de la ville de Lyon , qui a été instituée commeétablissement d’utilité publique par une ordonnanceroyale en date du mois d’avril 4843.

Le système de M. Talabot est aussi simple que sûr.Au lieu de chercher à enlever par le séchage la massed’humidité contenue dans la soie, comme on prétendaitle faire par l’ancien procédé, M. Talabot a cherché àdéterminer quelle quantité absolue d’humidité renfer-maient les soies à conditionner. Pour cela il soumet lasoie à une dessiccation complète en l’exposant à unetempérature de 402° à 403° centigrades. Des peséesfaites avant et après cette dessiccation donnent le poidsbrut de la soie, le poids perdu après le séchage et parconséquent la quantité d’humidité que contenait la soieet par suite le poids absolu de la soie entièrement sèche.Mais au lieu d’opérer sur toute la masse à conditionner,il suffît de faire subir la dessiccation à quelques éche-veaux comme échantillons, et en déduire ensuite laquantité d’humidité de la masse par une règle de pro-portion.

A la condition pnblique de Lyon , on procèdo de lamanière suivante :

On constate d’abord le poids brut du ballot, c’est-à-dire le poids de la soie et de son enveloppe ; on pèseensuite cette dernière pour la défalquer du poids brutafin d’avoir le poids exact ou poids net de la soie. Onextrait de cette soie un certain nombre d’écheveaux,souvent au nombre de trente, d’autant de places diffé-rentes du ballot. On divise ces écheveaux ou échantil-lons en trois lots qu’on pèse immédiatement avec leplus grand soin. On dessèche ensuite d’nne manièreabsolue deux de ces lots dans des appareils différents.La concordance parfaite que les deux résultats doiventoffrir sert comme moyen de contrôler l’exactitude desbalances des appareils et les soins que les employés ap-portent à l’opération. Le lot mis en réserve ne sertqu’autant que l’on trouyerait une différence de 4/2 p.4 00 dans le résultat de la dessiccation des deux pre-miers : alors on renouvellerait l’opération avec le troi-sième.

Lorsqu’on a constaté la concordance parfaite dans ladessiccation des deux échantillons, on en déduit facile-