Band 
G-Z.
JPEG-Download
 

STERÉOTYPIE.

STEREOTYPIE.

puisse espérer arriver jamais à les livrer à assez basprix, pour que le capital qui se trouvtainsi détruit nerende pas une pareille spéculation fort douteuse dansla plupart des eus.

Aussi n’est-ce pas à ce procédé qu’on s’est arrêté pourla production de pages fixes. M. Didot en sentit l’in-convénient et proposa un autre procédé. Il consistait,comme tous ceux dont nous allons parler, à prendreune contre-épreuve de la composition mobile, pour pou-voir employer ensuite celle-ci à produire d’autres pa-ges. Les caractères qui servaient à faire la compositionétaient moins hauts que les caractères ordinaires etfondus en alliage très dur. Cet alliage se faisait eu ajou-tant du cuivre à l’alliage ordinaire composé de plombantimoine et étain, pour en augmenter la résistance.La fonte de ces caractères offrait quelques difficultés,parce que l’alliage moins liquide devait se travailler àune température plus élevée, et prenait plus difficile-ment l’empreinte. La page étant composée, on l’enfer-mait dans une boîte d’acier, où elle se trouvait serréedans tous les sens par des vis de pression. Cette boîtese montait au-dessous d’un balancier à vis, analogue àcelui qui sert à frapper les pièces de monnaie ; au-des-sous on mettait une plaque de plomb doux, dont la sur-face était bien dressée ; puis d’un coup de balancier onimprimait la page dans la plaque, et on frappait unematrice de page.

La matrice ainsi obtenue s’ajustait dans un mandrinqui se montait à la partie inférieure d'un mouton. Onmettait du métal à caractères dans un tiroir en carton,et quand celui-ci commençait à se refroidir, approchaitde l’état pâteux, alors, en faisant tomber le mouton, lemétal se moulait parfaitement dans la matrice. Il y aici peu de danger de fondre la matrice, le plomb étantmoins fusible que l’alliage. On retirait avec un canifle cliché ; puis on le dressait comme on fait par lesprocédés actuellemeut en usage. Nous en parlerons plusloin.

On ne pouvait guère employer ce procédé que pourde petits formats, à cause de la difficulté de faire tom-ber les pages bien d’aplomb sur la matrice, ce qui étaituu inconvénient notable. Un autre inconvénient étaitque les lettres pouvaient se refouler quand elles n’é-taient pas assez dures, ce qui pouvait arriver si l’ouvrieravait laissé passer trop de temps sans recharger soncreuset, le cuivre et l’antimoine montant toujours à lasurface du bain métallique et se brûlant rapidement.Enfin la dépense était assez considérable, surtout parl’obligation d’avoir des caractères spéciaux pour le sté-réotypage, tandis que par le procédé actuel on emploietous ceux qui se trouvent dans les imprimeries.

Ce procédé était, on le voit, assez voisin de celui quenous avons décrit à l’article polytypie.

Procédé Herhan. Le procédé Herhan est extrêmementingénieux ; il supprime la fonte des caractères commeune opération superflue, quand le produit à obtenir estune planche stéréotype. Ce sont les matrices elles-mêmes, qui peuvent être prodqites en grand nombrepar le même poinçon, qui servent à composer la pagematrice, et au moyeu de celle-ci il suffit d’une seuleopération de clich&ge pour avoir la page stéréotype.Ce procédé paraît donc d’une simplicité extrême et doitdonner une netteté parfaite à l’œil de la lettre, puisque,opérant avec des matrices en cuivre, on peut clicher àune haute température, et qu’on n’a que la secondecontre-épreuve du poinçon au lieu d’avoir la quatrième ;mais malheureusement il est tont à fait défectueuxen ce que pour chaque matrice il faut faire un tra-vail très difficile, puisqu’il faut la justifier de hauteurpour l’œil, de hauteur totale et d’approche, de force decorps. On était bien parvenu, en justifiant le poinçonet en frappant la matrice au moyen d’un balancier danslequel il était ajusté, à diminuer ce travail, mais il y

avait toujours à retoucher. Or on comprend combien de-vaient coûter, à cause de la précision qui étaitnécessaire,2Ü.ÜU0 matrices seulement, et c’est biën le moins qu’onpuisse supposer, pour composer un ouvrage; et encoreen perdant beaucoup de temps puisque les lettres de-vraient être distribuées presqu’aussitôt qu’on auraitfini de composer. Si l’on ajoute à cela la difficulté queprésente la composition de ces matrices, l’impossibilitédes corrections qui résulte de ce qu’on ne peut tirerd’épreuves, on comprendra facilement les causes del’insuccès d’un ingénieux procédé, pour lequel en ainfructueusement dépensé des sommes considérables.

En général, tous les procédés qui exigent pour leuremploi des dépenses spéciales ne peuvent pas avoir desuccès, ainsi dans le cas qui nous occupe une entreprisequi réussit avec un caractère donné ne peut réussir avecune autre, sans pourtant pouvoir payer les frais néces-saires pour le stéréotypage. C’est précisément là legrand avantage des procédés employés actuellement,où le moule est fait directement sur les caractèresqui se trouvent chez l’imprimeur, et avec lesquels lecliché est produit à peu de frais.

Stéréotypie au moyen du plâtre. La page de l’ouvragequ’on veut stéréotyper étant composée en caractères mo-biles ordiuaires, et les corrections faites, on la serrefortement dans un châssis en fer au moyen de biseauxet de coins, de manière qu’une lettre ne puisse pas s’en-lever ; après avoir placé la page sur un marbre et en-foncé avec un taquoir les lettres qui peuvent se trçuvertrop hautes. Cela fait, on pose sur le châssis uu petit ca-dre d’un demi-pouce environ plus large que la page, quiva en s’évasant vers le haut. Un premier enduit d’un corpsgras est passé sur la lettre pour éviter toute adhérence,puis faisant une bouillie très claire de plâtre de Parisbien cuit, broyé et passé au tamis de soie très fin, onl’applique avec un pinceau et avec une brosse dure etfine ; on frappe sur la page pour chasser l’air et fairepénétrer le plâtre dans tous les creux, puis faisant unebouillie épaisse on remplit le châssis, et on fait sortirl’excédant en promenant une règle à sa surface. Quandle plâtre est pris on enlevé verticalement le châssis, quià cause de son biseau entraîne le moule en plâtre.

Quand ce moule a séché à l’air pendant quelquesheures, on le sèche dans un four fortement chauffé pen-dant plusieurs heures ; on peut alors fondre le cli-ché. Pour cela on a des cuvettes de fonte garnies d’uncouvercle qui entre dedans ; on place entre les deux uneplaque de fonte dressée à l’épaisseur convenable, pourque celle-ci étant contre le couvercle, l’espace vide soitégal à la hauteur qu’ou veut donner au cliché, pluscelle du moule au plâtre.

On place le moule au fond de cette cuvette, l’œilvers le fond. Il paraît plus naturel de le placer inver-sement, mais alors il faudrait le fixer au fond, parceque le métal le soulèverait, ce qui ne serait pas aisé, etl’expérience a prouvé qu’on réussissait bien en le re-tournant. Cela fait, on saisit la cuvette par les deuxbords au moyen d’une pince fixée au bout d’une potencetournante, on l’amène au-dessus d’un bain de métaldans lequel on la fait descendre. Le métal entre pardeux ouvertures, soulevant alors la cuvette on vientla placer sur le rafraîchissoir, qui est une auge rem-plie de sable mouillé. Le refroidissement commence ainsipar la partie inférieure. On place alors sur le couver-cle un poids de 40 à 45 kilos, qui chasse l’excédantde métal et donne une pression qui force la matière d’en-trer dans les creux. Le cliché est alors fait, et il n’y aplus qu’à casser le moule en plâtre et à nettoyer la sur-face du cliché. Ce qui est bien remarquable , c’est quele plâtre remplit admirablement toutes les conditionsdésirées ; il se laisse mouiller par le métal, ce que neferait pas l’argile, par exemple, et par conséquent ce-lui ci eutre dans les déliés les plus fins. De plus, sur les' 260