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SUCRE.

SUCRE.

est une solution aqueuse de sucre décoloré complète-ment saturée à la chaleur de l’étnve.

Il se forme à la surface du sucre claircé une croûtedure plus colorée que le reste du sucre; on l’enlève etl’on met sur la forme un drap blanc mouillé, qui pro-duit à peu près le même effet que le terrage.

L’endroit où se pratique le clairçage s’appelle ptir-gerie; on a soin d’y maintenir une température de2o°»

Les formes sont en terre cuite ; cependant on en con-struit en zinc qui ont l’avantage de ne point adhérerautant au sucre et qui facilitent ainsi le lochage ; maiselles offrent peu de solidité et ont sur le sucro une in-fluence qui n’est pas sans danger pour le consomma-teur, à moius qu’elles ne soient tenues dans un état depropreté parfaite.

Après le clairçage, le pain est coupé en deux, lestêtes sont mises dans les formes sur des pots pourachever de s’égoutter, et les moitiés sont posées sur leursbases afin d’en achever la dessiccation. Aussitôt qu’el-les sont bien desséchées, on fait le choix et on égrènele sucre.

Les résidus des premières cristallisations et des clair-çages soumis à la recuite, puis à l’égouttage, donnentun second produit dont l’égouttage est de nouveau re-cuit et donne un troisième produit que l’on ne claircepoint et qui se vend comme qualité inférieure. Leségouts de ce troisième produit se vendent comme mé-lasses. Dans quelques fabriques où la cuite est légère,il n’est pas rare de voir pousser ces opérations jusqu’àquatre et même cinq produits différents. En général oqdoit cesser de soumettre à la recuite quand les égoutsmarquent 44° de densité à l’aréomètre ; ils ne sont plusalors cristallisables.

Fabrication du sucre de betteraves par le procédé Schut-senback. Ce procédé encore peu répandu en France consiste essentiellement dans une dessiccation préa-lable de la betterave qui en prévient l’altération et fa-cilite la conservation; il en résulte que ce procédé,réduisant le poids des betteraves des 4/5, permet deles cultiver loin des usines; enfin, l’expérience a mon-tré que l’on obtient des sucres plus beaux et en plusgrande quantité et que la fabrication exige un moindrematériel; le seul point qui présente encore quelquesdifficultés est la dessiccatfon même de la betterave.Nous pensons d’ailleurs qu’il sera intéressant de faireconnaître ici l’état actuel de ce nouveau mode de fabri-cation.

Le procédé de dessiccation est assez répandu dans legrand-duché de Bade et le Wurtemberg. La principaleusine est établie à Waghæurel près Mannheim ; elle aopéré sur 30 millions de kil. de betteraves, en 4845,et doit en traiter 50 millions en 4846. Les touraillesou étuves dans lesquelles s’opère la dessiccation ont24 met. carr. de surface ; on sèche 300 kil. de bette-raves par mètre carré en 24 heures ; la betterave perd80 à 84 p. 400 de son poids par l’évaporation. Pourtraiter la cossette ou betterave desséchée, on la broied’abord dans un moulin. Une seule filtration suffit pourl’épuiser de sucre ; on obtient un jus parfaitement clairmarquant de 20 à 25° à l’aréomètre de Baumé, et con-tenant 40 à 42 p. 400 de sucre, tandis que le jus ob-tenu de la pulpe fraîche, lequel ne marque que 7 à 8°,n’en contient que 40 p. 400; ainsi, pour obtenir 40parties de sucre, il faudrait par l’ancien procédé éva-porer 360 parties d’eau, ou six fois autant qu’en éva-porant le jus obtenu par le procédé nouveau. On éco-nomise donc, dans l’évaporation ou la cuite, plus quele combustible qui a servi à la dessiccation. En résuméles frais de fabrication sont considérablement diminués,les râpes et les presses sont supprimées, les claies et lessacs sont remplacés par des filtres en toile peu coûteux;enfin on fabrique dans le même local et avec les mêmes

appareils 4 5 à 4 8 fois autant de sucre que par les pro-cédés anciens.

Nous extrayons ce qui suit sur le traitement de labetterave par dessiccation et macération, à l’usined’Herin, d’une communication faite à la séance dela Société d’encouragement, du 48 mars 4846, parM. Evrard, fabricant de sucre à Valenciennes. Le tra-vail de la dessiccation a été très satisfaisant; la cossetteobtenue est blanche; elle s’est parfaitement conservéedans le magasin et même dans une grange humide.

400 kil. de betteraves donnent environ 48 kil. decossettes.

Pour sécher 40,000 kil. de betteraves, il faut i0 hec-tolitres de houille à 4 fr. 50 l’hectol. ... 60 fr.

20 journées de femme à 80 cent. . . . 46 fr.

4 4 journées d’homme à 4 fr. 50. ... 21 fr.

Intérêt des tourailles, qui ont coûté 4 4,000 fr.,pendant 9 jours, à 7 p. 400,. . . . . 44 fr.

408 fr.

4 00 kil. de cossettes reviennent à 4 4 fr. 4 4.

La macération de la cossette a été opérée dans l’ap-pareil de M. Duquesne qui est hermétiquement fermé,ce qui a pour but de prévenir le contact de l’air et lerefroidissement de la pulpe. M. Evrard a épuisé com-plètement et à diverses reprises la betterave sèche,sans addition de chaux et sans remarquer la moindretrace de fermentation. Cependant, pour éviter des dé-pôts abondants qui encombraient l’atelier lorsqu’onajoutait de la chaux au jus pour le neutraliser et ledéféquer, il a été conduit à déféquer le jus sur la cos-sette en la traitant directement par la chaux; néan-moins la pulpe épurée ne contient plus de chaux caus-tique et convient pour engraisser les bestiaux. 4 00 kil.de cossettes rendent 38 kil. de sucre.

Pour terminer ce qui regarde ce procédé, nous dironsque son auteur, M. Schutzenbach, vient de l’appliquerdans une usine immense qu’il vient de fonder en Gal-licie, au pied des monts Karpathes, à 50 lieues deLemberg ; cette usine peut produire au moins 20 mil-lions de kil. de sucre raffiné par année, et se composed’une sucrerie centrale et de 44 sécheries placées au-tour de la sucrerie, en rayonnant à- 7 ou 8 lieues decelle-ci. La betterave produite autour de ces sécheriesy est séchée dans de vastes tourailles ; elle laisse unecossette qui renferme près de moitié de son poids desucre; 400 kil. de betteraves fraîches donnent 20 kil.de oossettes. Transportées à l’usine centrale, ces cos-settes y sont lavées en vases clos et donnent un siropqui arrivé directement à 30° Baumé ; celui-ci évaporéà l’air libre, fournit, du premier jet, du sucre raffiné;calculé sur le poids de la betterave fraîche, celui dusucre s'élève à 6 p. 400. On doit remarquer ici la sup-.pression des appareils a évaporation dans le vide, sup-pression que devait faciliter la nature des betteravesqui ont probablement été récoltées dans des terrainsbeaucoup moins fumés que les nôtres.

M. Schutzenbach estime que la dépense pour fondercette sucrerie avec ses annexes ne s’élève pas à 4 /6de celle qu’il eût fallu atteindre pour obtenir les mêmesrésultats par les anciens procédés.

Clairçage' des sucres par la force centrifuge. Nousavons vu que le clairçage était produit par la descentede parties liquides mélangées à des substances solides.Ce résultat, qui ne peut so produire que lentement,par l’effet de la capillarité et de la pesanteur, a lieuavec une grande rapidité dàns l’appareil dont nousallons parler, et dans lequel la force centrifuge, gra-duée à volonté, sépare presque instantanément lesparties solides et liquides. Cet appareil n’est autreque l’hydro-extracteur de Penzold, qui sert à essorerles étoffes, disposé d’une manière particulière parM. Seyrigs. La fig. 4 en représente une coupe, et