TEINTURE.
TEINTURE.
de sumac, de dye-food, de libidivi, l’eau de chaux, lephosphate de soude et de chaux (sel à bouser), lacraie, etc. Il y en a aussi quelques-uns spécialementaffectés aux petits teints, tels que H" le bain faibledu teint, 2° l’eau tiède, 3° le son, 4 tt l’eau de savon lé-gère, etc.
Chaque teinture comprend ainsi, pour être exécutéeavec quelque perfection, son mode de dégorgeage quandle lavage ne suffit pas et on conçoit, par exemple, qu’ilne faut pas dégorger par un bain alcalin un mordantqui doit rester acide pour la couleur à .obtenir et viceversd.
§ 5. Teinture. La teinture proprement dite s’entendde l’opération spéciale et bien distincte, du moins engrand teint , par laquelle ou applique la substance colo-rante sur l’étoffe et à laquelle l’ont préparée les opéra-tions antécédentes, le débouilli, les apprêts, le mordantet le dégorgeage.
Cependant dans tous les procédés de la teinture, cesdiverses opérations ne sont pas toujours parfaitementdistinctes ; ainsi, par exemple, pour quelques bons teintemême, on ne donne point d’apprêts ; pour d’autres onn’a pas besoin de mordants; pour d’autres on n’a pasbesoin de teinture proprement dite, ce qui a lieu pourquelques mordants qui eux-mêmes forment la cou-leur, etc. ; puis encore pour les petite teints on metpresque toujours immédiatement le mordant avec lebain colorant, quoiqu’en général on puisse prouverqu’il y aurait un avantage réel, pour épuiser parfaite-ment les bains de teinture, à faire de même que pourles grands teints , ces opérations séparément, ou d'aprèsun certain mode de pratique qui ne les confonde pasabsolument.
Il y a en outre quelques modifications, en raisonseulement de la nuance ou de la teinte qu’on veut pro-duire; il est facile de prévoir que pour une nuance trèsclaire toutes les opérations antérieures et postérieures àla teiuture proprement dite, sont un peu différentes decelles convenables pour une nuance très foncée. Cesopérations, pour être rationnelles, doivent être re-latives; ainsi, un mordant faible bien lavé n’a besoinque d’un dégorgeage faible, ou même n’en a souventpas besoin ; de même de faibles apprêts ne suffisent paspour une teinture corsée et de forts apprêts sont inuti-les pour des couleurs légères ; de même les proportionsdes agents de la teinture doivent être nécessairementaugmentées et diminuées par les mêmes motifs; lesopérations subséquentes à la teinture peur aviver, ro-ser ou virer les teintes faibles, un lilas clair par exem-ple. n’ont pas besoin d’autant de force et d’action, dumême degré et du même bouillon, que pour les nuan-ces fortes, un violet pur et un plus foncé ; ce sont desobservations de pratique auxquelles on pourrait en join-dre quelques autres, qu’il serait impossible même de ré-sumer ici, mais qui aident évidemment à une bonnedirection des opérations (1).
§ 6. Altérants. MM. Berthollet, Chaptal et Vîtalisont adopté ce mot, quoique peu répandu et non encoreconsacré dans les ateliers; cependant, faute d’autres,on le conservera ici pour exprimer d’une manière géné-rale diverses opérations qui succèdent à la teinture pro-prement dite, et qui ont pour but non pas à'altérer,mais de modifier, aviver, roser, virer, échantillonner etfixer une couleur, une nuance, une teinte, et de lespurifier, nettoyer, vivifier, rehausser ou affaiblir, afind’arriver à l’échantillon fixé et de les finir parfaitement.
4° Avivage. L’avivage s’entend de l’application d’un
O) Le rouge pur est une couleur , le rose est une nuancedu rouge, et le rouge ou le rose virés ou cramoisis, à l’hor-tensia, par un alcali, sont deux teintes du rouge; voici cequ’on a adopté en fabrique, qu’on accepte ici et qu’on ex-plique pour être bien compris.
bain alcalin ou plutôt de l’action que ce bain exercesur une couleur; il est extrêmement rare qu’une tein-ture n’ait pas besoin au moins d’une opération ulté-rieure pour être belle, pour acquérir toute sa pureté,ou pour être échantillonnée rigoureusement ; tantôt ilfaut la débarrasser du dissolvant même de la substancecolorante fixée, tantôt il faut vivifier cette substancemême alliée naturellement à d’antres principes, tantôtil faut désacidifier ou désalcaliner la couleur fixée, etc.,et souvent il faut plusieurs opérations instantanées ousuccessives pour y parvenir.
Les lavages et rinçages ne font qu’enlever les partiesles plus grossières non fixées et les résidns du bain co-lorant qui salissent l’étoffe teinte. Il reste, par exemple,toujours aux teints de garance une nuance fauve quiabsorbe en partie, qui cache, couvre et ternit la couleurrouge principale; et sur quelques mordants la sépara-tion de ces deux couleurs est un problème qui fait ledésespoir de l’opérateur par les difficultés d’isoler l’unesans attaquer l’autre. Les teintes du chayaver n’offrentpas cette difficulté, ou à un bien moindre degré dansquelques couleurs seulement, mais où elle est toujourstrès facile à surmonter quand l’opération de la teintureest bien conduite.
La partie fauve de la garance ne peut pas s’enleverpar l'action seule des alcalis, de Vavitage; il faut yjoindre et y faire concourir aussi l’action des acides,et le rosage est nécessaire pour en débarrasser et purgerpour ainsi dire complètement la couleur ; cette opéra-tion est le complément de l’avivage ; ces deux opéra-tions, dans ce cas, sont inséparables et elles concourentmutuellement à la perfection de la couleur que la pre-mière prépare, prédispose, et que la seconde exalte et' finit.
L’emploi de la garancine, garance épurée préalable-ment, a pour but de parer aiitan^ que possible à cettedifficulté.
2° Rosage. Le rosage, ainsi qu’on vient de le voir,comprend l’intervention d’un acide ou d’un sel acide,sur les couleurs grand teint du moins, par un modospécial à l’action du sel d’étain et d’un acide sur lacouleur avivée de la garance. Cependant on l’appliqueen général selon son étymologie à roser, porter au rose,éclaircir, vivifier, développer, exalter une couleur bonteint ou petit teint. Il s’applique aussi par analogie àl’action du savon seul directement après l’avivage.
3° Virage. Le bain de virage ft pour but, presqueexclusivement dans les petits teints, de modifier la cou-leur directement par un sel, etc., pour l’amener à unenuance ou un ton donné; ainsi, par exemple, en pas-sant une couleur jaune de gaude dans un bain acide,on la détruit en apparence, elle devient blanche; maisobservez que la couleur n’est nullement enlevée du tissu,elle n’est que virée, et en passant à un alcali, le jaunereparaît très intense; ainsi on voit là un exemple, dansune nuance mixte où trop de jaune domine sur l’échan-tillon à imiter, qu’il suffit de virer la couleur propor-tionnellement par un acide pour l’y amener.
L’alunage donné à quelques couleurs de grand teintaprès un avivage et même après un rosage, sur les cou-leurs puce, paUiacat, mordoré, giroflée, mauve, etc.,est alors un bain de virage , utile ici pour échantillonner;il s’applique aussi comme rosage et comme mordant;l’alunage, dans les dispositions convenables, a aussi lapropriété d’augmenter le poids du coton, et on le faitaussi quelquefois eu vue de cette seule spéculation pourle bon marché.
4® Sickiou. On appelle sickion le résidu des bainsd’apprêts huileux des grands teints; ce nom vient desschettys indiens. On applique ce mot à l’opérationmême dans laquelle on l’emploie. On dit aussi sickiou -ter , donner un bain de sickiou; cette opération se faitquelquefois après le garançage, dans le but de préparer