TIRAGE.
TISSAGE.
menter le tirage. Vitruve en parle positivement, et il jse trouve rapporté dans la Caminologie et dans quelques iautres ouvrages.
Il était cependant resté inappliqué, lorsqu’il a étéemployé de nouveau avec un succès remarquable parM. Pelletau, qui ignorait peut être ces travaux anté-rieurs, et qui en a au moins saisi avec sagacité laportée. Le jet de vapeur paraît produire un vide au-tour de lui, et appeler ainsi toute la colonne d’air enlui donnant un mouvement rapide de translation ; d’oùrésulte un tirage extrêmement fort dans les carneauxet dans le foyer. Ce phénomène est certainement ana-logue à celui qui a été observé par M. Poncelet, dansles tuyères des hauts-fourneaux. Il a vu, en effet, quela force du courant d’air chassé dans le creuset duhaut-fourneau est beaucoup plus grande quand le boutdu porte-vent est placé à l’entrée de la tuyère, que lors-*qu’il y est engagé complètement et qu’il la ferme her-métiquement. Il se produit alors un vide autour de cejet d’air qui sort avec une vitesse considérable en sedilatant, et entraîne avec lui une grande quantité del’air environnant. C’est ce que M. Pelletan a fort bienobservé dans le cas d’un jet de vapeur, et il s’en estservi pour entraîner l’air d’un cylindre dans un autre,dans une machine à monter de l’eau.
Cette invention si importante pour obtenir des com-bustions rapides, et qui a trouvé une si belle applicationdans les locomotives, n’offre pas d’avantages au pointde vue de l’économie. Il paraît prouvé par l’expérienceque l’on a déjà faite, que le tirage produit par la va-peur envoyée directement dans une cheminée, et perdueensuite entièrement au dehors avec la chaleur qu’ellecontenait, et à la température encore assez élevée qu’elleconserve ou qu’elle rend à la fumée, né coûte pas beau-coup moins que le tirage ordinaire à l’air chaud ; autantpar lâ fumée qu’elle réchauffe en partie que par laperte déjà faite dans la production même de cette va-peur.
Mais lorsque l’on peut utiliser à la fois, et la chaleuremportée par la fumée, et celle contenue dans la vapeurinjectée dans le tuyau de fumée, en refroidissant celle-ci, et condensant en même temps la vapeur ; il est alorsévident que l’on obtient sans dépense et sans peine untirage très fort, et susceptible d’être appliqué dans ungrand nombre de circonstances.
4° Tirage par les procédés mécaniques. Le quatrièmeprocédé de tirage est le tirage mécanique dans lequella vitesse est imprimée a l’air par un moteur soit coursd’eau, soit machine à vapeur, soit moteur animé. Deuxsystèmes de machines y sont employés : les souffleries,moyen le plus puissant, et les ventilateurs qui ue doi-vent l’être en général que quand la pression à laquelleon a besoin de travailler n’est pas considérable.
Il est bien reconnu aujourd’hui que la vitesse à im-primer à l’air qu’exige la combustion d’une quantitédonnée de combustible, coûte beaucoup plus cherquand on se sert pour la lui imprimer du combustiblemême. M. Clément et M. Péclet l’ont clairement dé-montré.
Les machtnes soufflantes ne sont pas employées engénéral pour économiser les dépenses de tirage, maisbien pour donner à celui-ci une grande énergie qui dé-termine une combustion très active et par suite produitla chaleur nécessaire aux opérations industrielles. Maiselles pourraient être employées, et le sont quelquefoispour obtenir une économie dans des cas où le refroidis-sement de la fumée peut être obtenu utilement commepour chauffer l’eau des bains, ou l’air des ateliers, ou pourproduire la ventilation des mines, etc. ; car il est évi-dent que si la fumée devait sortir à 300°, il n’y auraitrien de mieux à employer qu’une cheminée, puisqu’àcette température le tirage physique y a lieu sans dé-pense accessoire.
Il est facile de montrer la supériorité du mode de ti-rage par procédé mécanique sur le tirage obtenu par lachaleur. Soit à faire passer à travers un fourneau laquantité d’air nécessaire pour brûler 60 kilogr. de houillepar heure, soit 960 mètres cubes d’air ; il suffira, avecun ventilateur, d’employer la force d’un homme ou lesixième d’un cheval-vapeur, qui ne coûte pas en houillebrûlée plus de 1/2 kilogr., tandis qu’avec le procédéordinaire le tirage coûterait 25 à 30 kilogr. de houille.
Aux bains Vigier, à Paris , un homme faisant tournerun ventilateur, aspirant les produits de la combustionqui traverse l’eau destinée aux bains, suffit pour fairebrûler par heure 85 kilogr. de bois correspondant à peuprès à 42 kilogr. de houille; ce qui correspond à peupeu près aux résultats sus-énoncés et montre que le ti-rage mécanique ne coûte pas plus de 1 p. 100 du com-bustible.
Remarquons qu’il est préférable de lancer l’air plutôtque de l’aspirer, puisque dans le premier cas c’est l’airfroid qui est envoyé dans le foyer, tandis que dans lesecond ce sont les produits de la combustion qu’il s’agitd’aspirer, c’est-à-dire un volume beaucoup plus grandpar l’effet de la chaleur, d’acide carbonique, d’azote etd’oxygène ayant échappé à la combustion.
TIROIR. Voyez détente et machine a vapeur.
TISSAGE (angl. weaving, ail. Weberei ). Le tissage,envisagé dans l’ensemble des moyens mis aujourd’huien usage pour produire des étoffes de tout genre, est de-venu un des arts industriels les plus difficiles et les pluscompliqués.
Dans cette spécialité, ou a su mettre à profit la plupartdes sciences positives et les beaux-arts. La supérioritéincontestable de l'industrie française dans l’art du tis-sage tient évidemment à la diffusion de ces conu&issau-ces et an goût national. Il n’en est pas des progrès dutissage comme de ceux de la filature mécanique. Lespremiers sont bien anciens et n’ont pas subi tout à coupune modification profonde, analogue à celle qu'a éprou-vée la filature en général vers la tin du dernier siècle.
Du temps de Virgile , on paraissait familiarisé avecles principaux moyens employés de nos jours dans letissage, puisqu’il nous apprend « que les cultivateurstisserands s’occupaient pendant les jours de pluie del’été à monter les lisses sur les chaînes » (1).
Un passage de Pline indique clairement que les Grecsconnaissaient les combinaisons que nous nommons ar-mures. Il dit : « que la ville a’Alexandrie a établi surles métiers les moyens de tisser à plusieurs rangs delisses » (2). Des échantillons d’étoffes qui ont été re-trouvés au commencement de ce siècle dans les tom-beaux de Saint-Germain-des-Prés , dont la fabricationremonte à l’origine de l’industrie française, attestent lesprogrès du tissage à cette époque. On peut s’assurer euvisitant les beaux échantillons conservés à la Bibliothè-que royale et qui datent du 12 e siècle, que ce progrès aété continué avec éclat.
M. Desmarets, membre de l’Institut, dans un inté-ressant et savant mémoire adressé à l’Académie desSciences , sur les tissus trouvés dans ces tombeaux, dis-tingue trois époques tranchées dans l’histoire des pro-grès du tissage.
La première signale l’établissement de plusieurs rangsde lisses sur les métiers horizontaux par les tisseursgrecs d’Alexandrie . La seconde comprend le3 travauxde l'industriç gauloise, attestés par Pline et AmmienMarcellin . La troisième nous donne ceux de l’industriefrançaise qui a produit les étoffes trouvées dans lestombeaux de Saint-Germain-des-Prés (3).
Si aux moyens de tissage décrits dans les passages