TISSAGE.
TISSAGE.
tisser réduit à sa plus simple expression et à peu prèssemblable à ceux qui sont connus depuis les temps lesplus reculés, et qui sont encore usités pour le tissage àla main. La partie immobile se compose d’un bâti rec-tangulaire dont les montants réunis forment un en-semble solidaire ajusté à angles droits de manière àpouvoir résister aux ébranlements. Il supporte les piècesmobiles qui se composent : 4° du cylindre ou ensoupledu derrière A, recevant la chaîne; 2° des lisses CC enplus ou moins grand nombre, la figure n’en offre quedeux ; 3° des leviers ou marches H H qui font manœu-vrer ces lisses, par l’entremise des conles attachéesa leurs extrémités inférieures et par d’autres, qui lesréunissent à leurs extrémités supérieures en passant surdes poulies ; 4° du roi ou peigne E, placé au boutd’un levier vertical qui peut prendre un mouvement au-tour de Taxe F ; c’est Tensemhle de ce système quiporte le nom de battant ; 5° de la poitrinière D en boiseur laquelle passe l’étoffe tissée ; 6° du cylindre ou en-souple du devant G sur lequel la chaîne tissée et tenduevient s’enrouler par un cliquet.
Nous revenons sur ce métier si simple et si connu enquelques mots qui suffiront pour en faire connaître lesfonctions. La chaîne fixée daus les deux lisses et pas-sant entre les dents du peigne ou battant, étant conve-nablement tendue sur les deux ensouplcs par l’un desmoyens de tension que nous examinerons, et les deuxmarches H H restant dans le même plan, to.us les filsde la chaîne seront parallèles entre eux et formerontune ligne à peu près horizontale de D en A. Le peigneE occupe alors une position verticale au lieu de la di-rection inclinée qu’on remarque dans la tig. 2487.
Pour commencer à tisser, l’ouvrier se place en avantdu cylindre G sur un banc disposé à cet effet et que Tonvoit par la figure. Il pose un pied sur l’une des marches,sur H par exemple; elle descend alors, fait baisser lalisse C avec tous les fils qu’elle porte pendant que Jamarche H’ monte avec tous les siens Ils forment enconséquence un parallélogramme ; c’est dans l’angleque Ton fait passer la navette contenant la trame.A chaque passage, elle fournit une duite de la largeurde la chaîne; une duite étant chassée, l’ouvrier faitmouvoir le peigne E avec une certaine force, de fa-çon à bien égaliser la duite, et à la serrer suffisam-ment au sommet de l'angle. Ce mouvement exécuté * ille recommence avec le levier H’ et les parties corres-pondantes. La chaîne reprend encore les mêmes posi-tions dans l’espace que précédemment, avec la seule dif-férence que les fils qui composaient dans le premiermouvement les côtés inférieurs du parallélogramme, enforment maintenant les supérieurs et rtc« versâ, de ma-nière que la duite est incorporée entre eux, absolument
comme les règles d'enverjures, et forme avec ceux delàchaîne un corps très intimement lié ; on chasse une se-conde duite dans le nouvel angle formé, et on la serrede nouveau comme la première fois, et ainsi de suitependant tout le travail. Comme le fil de la trame ainsilogé forme des sinuosités dessus et dessous ceux de lachaîne, il tend toujours à rétrécir la largeur de celle-ci ;pour limiter ce rétrécissement et conserver une dimen-sion régulière à l’étoffe, on place à plat une règle outemple , fixée de chaque côté dans la lisière au moyende pointes. A mesure qu’une certaine quantité est tis-sée , on l’enroule sur le cylindre G qui porte une petiteroue à rochets.
De la navette. Pour chasser la trame on se sert d’unedes navettes, représentées fig. 2488. 2489 et 2490.Une cavité ou chase reçoit la canette qui repose surson axer dont les deux extrémités forment tourillons.Lorsqu’on chasse la navette, son mouvement faitdérouler le fil d’une duite à travers un trou pratiqué
2489.
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2490.
dans l’épaisseur de l’outil. Comme les navettes doiventpasser le plus rapidement possible, on les fait en boisdur et sec, et pour augmenter la solidité, on en ferreles deux extrémités ; afin qu’il y ait moins de frottementcontre les fils, on diminue les surfaces frottantes en leurdonnant une certaine courbure ; souvent aussi on munitleur.partie inférieure de galets comme on le voit en g(fig. 2490).
Le poids de la navette et le volume de la chasse doi-vent être proportionnels à la largeur de l’étoffe à pro-duire. La première condition est nécessaire pour quele mouvement, qui est uniformément retardé par lefrottement, soit moins irrégulier; la seconde est exigéepour qu’elle porte le plus de fil possible, et pour dimi-nuer la perte de temps nécessaire à son remplacement.L’axe de la canette qui reçoit la trame n’a pas tou-jours la même forme. ?our les matières ordinaires, unemploie généralement celle indiquée. Elle se composede deux cônes renversés montés sur un axe placé dansla chasse. Cette disposition permet au fil de se dévi-der régulièrement sans s’enmêler. Mais on voit que cemouvement du fil varie nou seulement avec la vitesse dela navette, mais encore avec la circonférence de la ca-nette qui va en diminuant à mesure que le dévidageavance; pour obvier à ces causes d’irrégularités, onemploie plus fréquemment pour les matières délicatesla canette dite à dérouler. L’axe est fixé d’un côté au! moyen d’une fourche g , et de Tautre, il est arrêté parune goupille qui le maintient immobile. Il porte deuxpetites branches ou ressorts en baleine, qui pressentsur le fil à mesure qu’il se déroule. Ce petit système deTaxe avec ses ressorts porte le nom de pointiselU.
| Il existe plusieurs autres espèces de navettes. À tou-i tes, il faut chercher à faire remplir les conditions sui-I vantes : 4° Elles doivent avoir un mouvement aussi ré-gulier que possible pendant toute leur course; 2° laI longueur du fil fournie par chacune doit être la