TISSAGE.
TISSAGE.
fes no se défilent-elles jamais; et cependant ce n'estpas là le principal mérite des cachemires de l’Inde .L'harmonie, l’éclat et la variété de leurs couleurs lesfont surtout rechercher et leur donnent un grand prixet une véritable supériorité sur nos beaux châles, quià leur tour se distinguent par le bon goût des dessius,par la régularité parfaite du tissage, tant du fond quedes bordures. Ces qualités ne se retrouvent pas ordi-nairement dans ceux de l’Inde , où la nuance du fondest souvent désagréable et l'exécution des dessins plusou moins imparfaite, suivant que les bandes ont ététravaillées par des ouvriers plus ou moins habiles. Lescoutures qu’exigent d’ailleurs ccs châles pour réunirles différentes bandes qui les composent offrent un as-pect peu élégant et peu digne de la clientèle qui les re-cherche. Mais comme les défauts que nous signalonsdans les châles des Indes leur donnent un cachet par-ticulier, ils deviennent souvent une qualité aux yeuxde leurs propriétaires, comme certaines fautes typogra-phiques dans des éditions rares sont aux yeux des bi-bliomanes passionnés une preuve de plus de la valeurdu livre.
Le travail que font les Indiens est simple, facile etbien connu aujourd’hui, mais il est long et coûteux etne peut par conséquent se faite avec avantage que dansles pays où la main-d’œuvre est à bas prix. Cette con-dition qui existe dans l’Inde , jointe à l’expérience sé-culaire de ses fabricants, à l’habileté si remarquable deses teinturiers, donneront pendant longtemps encorela vogue aux produits riches de ces contrées, malgré lesdéfauts qu’ils peuvent présenter et les tentatives d’imi-tation, assez heureuses cependant, qui ont été faitesrécemment.
Moquettes anglaises . Les tissus désignés sous le nomde moquettes anglaises sont des tapis veloutés, façonnés,qui sont produits par des procédés analogues à ceuxemployés pour les châles, si ce n’est qu’au lieu de faireusage d’une chaîne de la même couleur et dont touslus fils ont la même longueur, celle des moquettesest composée de fils de nuances différentes afin demultiplier davantage les moyens de varier les effets.
Comine la longueur des fils de diverses couleursvarie avec celles nécessaires aux effets à produire,au lieu de disposer les fils sur un ensouple unique,on les ourdit sur des séries de bobines ou roquetinssupportés par rangées sur un banc incliné absolumentcomme on le fait pour l’ourdissage. Le bâti supportanttoutes les petites poulies 8e nomme contre.
Par cette disposition, il devient facile au besoin dechanger les petites bobines d’une couleur par une autre,lorsque la chaîne doit présenter une nuance nouvelle,sans rien déranger à l’ensemble des dispositions et dutravail.
Le tissage de la moquette anglaise réunit donc à luiseul presque tous les moyens usités pour la productiondes diverses étoffes. En effet, il nécessite : 4° l’emploidu mécanisme le plus complet de la Jaequart pour pro-duire les ornements par la trame ; 2° les lisses de rabat et de liage; 3° la chaîne pour faire le fond ; 4° les dif-férentes chaînes nécessaires soit aux boucles, soit aupoil, suivant le cas; 5° enfin les fers pour opérer la fri-sure ou le coupage du poil.
Le travail de la moquette par le métier à la Jaequarta été exécuté d’abord par un Anglais ; c’est M. Sallan-drouze qui l’a pratiqué le premier en France dans sesbeaux établissements d’Aubussou où nous l’avons vuexécuter.
Tissus brochés. Pour éviter les pertes de la matière*lorsqu’elle est précieuse et pour conserver la légèretéqu’exigent certaines étoffes élégantes, les fleurs et lesornements qu’elles doivent recevoir sont souvent brodésà la main. Les brillants tissus de soie pour ornementsd'église et pour toiles de cours ou costumes de théâ-
tre sont souvent produits de cette façon. Pour dimi-nuer la dépense considérable de main-d’œuvre qu’exigece mode de procéder, on a cherché à brocher leschâles mécaniquement ; plusieurs systèmes de battants-brocheurs ont été imaginés dans ce but. Mais de tousceux-ci nous n’en connaissons qu’un, celui de MM. Go-demard et Meynier, qui soit réellement employé. Nousl’avons vu fonctionner à Lyon chez les inventeurs ;nous en avons également vu faire une application desplus ingénieuses à Amiens où l’on en fait usage pourfaire des mousselines festonnées. (Voyez battant-BROCIIEUR.)
DISPOSITIONS GÉNÉRALES DES PRINCIPAUX TISSUS.
Etoffes pour meubles et ornements d'église . Les ef-fets imitant la taille-douce, employés en généralpour reproduire les gravures et les ornements si com-pliqués que représentent les étoffes pour meubles etpour ornements d’église, tels que les brocards, les fam-pas, les damas, les taffetas lamés brochés, sont fabriquésprincipalement à Paris, à Lyon et à Tours . Ces lissussont généralement exécutés sur une largeur de *11 /2i,ancienne mesure, ou O" 1 ,55, contenant vin^t portées. Lenombre de fils en dents et en maillons varie de trois àdix, suivant le genre à produire. Les découpages onttoujours lieu fil à til, ce qui nécessite l’adjonction deslisses,’ qui sont disposées sur plusieurs corps à cause dela complication des dessins à exécuter. Le nombre delacs ou couleurs par duite, varie suivant le genre et larichesse de ces tissus ; il est compris le plus fréquem-ment entre deux et six ; il y a rarement moins de deuxpassées ou lacs et plus de six.
Étoffes mélangées pour ameublements. L’industrie deRouen fabrique une étoffe pour ameublement moinsriche, toujours tramée en laine, mais dont la chaîneest tantôt en fils de. coton, tantôt en fils de soie ou defantaisie, et dont les dispositions les plus ordinairespour les articles courants sont les suivantes : les lar-geurs de ces tissus varient suivant leur destination ; onleur donne cependant assez généralement 0 m ,80 en-viron, lorsqu’ils sont destinés à des tentures ordinaires,à des fauteuils ou des chaises ; elle est augmentée jus-qu’à 4“*,60 lorsqu’on les réserve pour rideaux, pourde larges portières, etc.
Il y a nécessairement aussi des variations dans laquantité des fils employés, mais les nombres les plususités sont 82 fils par 0 ,M ,027 pour chaîne de coton,90 lorsqu’on fait usage de fantaisie, et 400 fils sic’est de la soie ; le nombre de fils en dents varie de2 à 3.
On fait quelquefois aussi des étoffes pour meubles àdouble chaîne, pour produire deux effets différents surles deux côtés ; ce genre ne présente d’autres particula-rités dans le montage que la nécessité d’un corps de pluspour la seconde chaîne, comme nous l’avons expliqué enparlant des tissus à double chaîne.
Étoffes pour gilets. Pour la plupart des étoffes d’unmême genre, les largeurs restent invariables, mais lenombre de fils compris dans la largeur change avecles qualités que l’on veut donner a l’étoffe. Le piqueblanc , qu’on fabrique à Saint-Quentin et à Mamers ,peut offrir un exemple de ccs variations. Cet article estgénéralement produit avec un peigne d’une largeuiconstante de 0‘ u ,l56. Le nombre de fils varie de 4 .OdU à2.0U0; le dernier nombre n’est guère employé que parquelques maisons qui imitent le piqué anglais si recher-ché. Les fils sont généralement passés par trois entrechaque dent.
Les étoffes pour gilets, nommées cachemires de Paris .ont à peu près la même largeur que les piqués. Le nom-bre de fils employés est moyennement de 2.400 passéspar deux fils en dent. Les empoutages pour ce genre