TOUR.
TOUR.
mouvoir et regarde la matière s’enlever par l'actiond’un moteur extérieur auquel il peut souvent emprun-ter une force illimitée.
Presque tous les tours sont horizontaux, quelques-uns sont verticaux, ceux employés par le potier, parexemple.
On distingue dans les tours deux gran&s subdivisions ;les tours à pointes et les tours en l’air. Dans les premiersla pièce à tourner se trouve placée entre deux pointesfixes et on la met en mouvement en fixant sur elle unepoulie qui reçoit, au moyen d’une corde, un mouvementcirculaire continu ou circulaire alternatif. D’autres fois,et c’est le cas le plus général, une des pointes formel’extrémité d’un arbre auquel on donne un mouvementde rotation^ mouvement qui se communique à la piècea tourner par le moyeu d’un taquet fixé à cet arbre. Laseconde pointe peut se rapprocher ou s'éloigner de lapremière suivant la Longueur de la pièce à travailler.
Cette seconde espèce de tour à pointe peut setransformer en tour en l’air en supprimant la secondepointe et en plaçant la pièce à l’extrémité de l’arbremobile, on peut alors l’attaquer de tous les côtés, ex-cepté par le point d’attache.
Rien de plus simple que le tour à pointes : deux ju-melles en bois parallèles et distantes l’une de l’autresont supportées à leurs extrémités par deux pieds ; cette, disposition n’est pas particulière au tour à pointes, ellepeut être employée pour le tour en l’air.
Les pièces de bois qui supportent les pointes sontappelées poupées , ce sont des billes de bois carrées, ter-minées par un tenon à double arra^ment qui pénètreentre les deux jumelles, les dépasse en dessous et porteà sa partie inférieure une mortaise transversale danslaquelle on passe une clef en bois qu’on chasse à coupsde masse pour faire appuyer fortement la poupée sur lesjumelles. Les pointes sont fixées à 3 décimètres au-dessus du banc, et à 4 décimètre environ du sommet dela poupée. D’ordinaire, la pointe de gauche est immo-bile ainsi que la poupée, et la pointe de droite de la pou-pée mobile est une vis pointue vissée dans cette poupéequ’elle peut dépasser de 4 décimètre du côté de la pre-mière pointe.
Il faut maintenant donner au tourneur un appuisolide sur lequel il puisse poser son outil afin d'attaquerla pièce fixée entre les pointes. Cet appui s’appelle sup-port à chaise, et se compose de trois parties : la semelle ,la chaise et la cale.
La semelle est une planche de 3 à 4 centimètres d’é-paisseur sur 4 4 de largeur, et de longueur variablesuivant la force du tour. Elle porte dans une partie desa longueur une ouverture longitudinale large de 3 cen-timètres, destinée à recevoir le collet d’un boulon dontla tête carrée sera noyée dans deux feuillures pratiquéesle long des côtés de l’ouverture et en dessous ; le boulonpasse entre les jumelles, traverse une forte barre enbois, au-dessous de laquelle est un écrou à oreilles aveclequel on opère la pression et la fixation de la semellesur l’établi. On comprend facilement qu’en desserrantle boulon on peut faire glisser la semelle dans un sensperpendiculaire à la ligne des pointes et même l’inclinerpar rapport à cette ligne ; on peut aussi la faire mar-cher le long des jumelles et la placer par conséquentdans la position convenable par rapport à ia pièce àtourner.
La chaise est un morceau de bois en forme d'équerre,appuyant par des branches horizontales sur la semelleà laquelle elle est fixée par un boulon. Ce boulon, ta-raudé à sa partie inférieure, s’engage dans un écrounoyé au-dessous de la semelle; il se termine à sa partiesupérieure par une forte tête percée de deux trous encroix dans lesquels on introduit la queue d’une clef pourserrer la chaise sur la semelle quand on a fait tournerde la quantité convenable cette chaise autour du boulon.
La cale est une planche épaisse de métal ou de boisdur qu’on attache dcvantla branche verticale ou le dos-sier de la chaise au moyen d’un écrou en T. Cette calen’a par le bas que la largeur du dos de la chaise, dansle haut elle s’élargit et est terminée par deux pointes ;c’est sur la partie supérieure de cette cale que l’on ap-puie l’outil. Pour que la cale puisse être haussée oubaissée à volonté, le trou qu’on y pratique pour laisserpasser le T, n’est pas rond mais allongé dans le sensvertical.
On emploie encore d’autres supports pour le tour enl’air; tel est le support à barre composé d’une plancheen bois parallèle à l’axe du tour et portée sur deuxespèces d’équerres qui peuvent glisser à frottement duret perpendiculairement à cet axe dans deux mortaisespratiquées dans les poupées au-dessous des pointes. Cesupport est loin d’être aussi commode que le snpport àchaise qui vient d’être décrit et qui a l’avantage d’êtreaussi applicable au tour en l’air.
On communique à la pièce à tourner un mouvement,soit circulaire alternatif, soit circulaire continu; dansle premier cas c’est au moyen d’une corde qui fait plu-sieurs fois le tour de la pièce et que deux hommes tour-nent alternativement; d’autres fois, et c’est même lecas le plus fréquent, la corde s’attache à l’extrémitéd’une perche élastique fixée par l’autre bout au plafondde l’atelier, descend verticalement en faisant plusieursfois le tour de ia pièce à tourner, continue ensuite àdescendre et s’attache à un levier nommé pédale . Ce le-vier peut osciller autour d’un point fixe. Le tourneurplace le pied sur la pédale, et pendant qu’elle descend ilattaque sa pièce avec l’outil; quand il relève le piedl’élasticité de la perche fait remonter la pédale et tour-ner ia pièce en sens contraire.
Ce système est simple, mais entraîne une perte detemps considérable en occasionnant en outre de fortesvibrations dues à l’action intermittente de l’outil. Il estde beaucoup préférable d’enrouler la corde sur unepoulie fixée à la pièce à tourner, et sur une secondepouije plus grande mise en mouvement, soit par le pieddu tourneur, soit par une manœuvre quand l’effort àproduire est un peu considérable.
Rien de plus facile que de monter une pièce sur letour à pointes; s’agit-il par exemple d’un pied de lit,ou bornoie la bûche d'où on doit le tirer ; si elle estdroite il y a peu de déchet, si elle est courbe il faudraenlever beaucoup de bois. On trace aux deux extré-mités deux cercles égaux eu diamètre à la pièce quel’on veut obtenir, on place les centres de ces cercles demanière à ce que la ligne qui les jpint ne s’approchejamais de la surface de la pièce en aucun point de plusprès que le rayon définitif. Il faut beaucoup d’habitudepour arriver a remplir promptement cette conditionOu enfonce alors les centres avec une pointe de fer co-nique et on fait entrer les deux trous ainsi obtenusdans les pointes du tour qu'on humecte d’huile pouradoucir les frottements, on serre assez les pointes pour[ que le bois ne ballotte pas quand on l’ébranle, et pasassez pour l’empêcher de tourner librement.
On attaque d’abord le bois, quelle que soit sa nature,avec une gouge, outil demi-cylindrique affûté à son ex-trémité, qui dévore le bois avec beaucoup de rapidité, etque l’on tient incliné avec les deux mains, et en atta-quant le bois au-dessus de son axe ; cet outil ne doitpas être présenté constamment en ligne directe devantl’ouvrier.'mais incliné successivement de droite à gau-che, après avoir produit un sillon de la profondeur desa lame et même un peu moins.
Pour enlever les irrégularités produites par la gougeon emploie un ciseau ou fermoir , outil dont le tranchantest formé par la rencontre de deux biseaux. Cet outilse tient de même que la gouge, mais est plus difficile àmener, il termine complètement le cylindre; on s’eu