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TUYAU .

TUYAU .

des chaudières à vapeur à haute pression ; Us doiventêtre proscrits et remplacés par des tubes en tôle soudésà recouvrement, des expériences toutes récentes, faitespar ordre du sous-secrétaire d’état des travaux publics,ayant démontré que ces tuyaux de cuivre s’écrasaienttrès fréquemment sous la pression du dehors en dedansà laquelle ils se trouvaient soumis, ce qui pouvait don-ner lieu à de graves accidents (voir ^4nn. des Mines 14* livr. de 1846).

Tuyaux en fonte . Les tuyaux en fonte sont depuislongues années presque exclusivement employés pourles grandes conduites de distribution d’eau et de gazdans les villes. Autrefois et encore maintenant dansbeaucoup 4’usines on coulait ces tuyaux dans une po-sition horizontale ou plus ou moins inclinée; il en ré-sultait toujours un soulèvement du noyau et par suiteune inégalité d’épaisseur dans les parois qui était causeque l’essai à la presse hydraulique faisait toujours re-jeter une proportion assez considérable de ces tuyauxet causait ainsi une perte notable au fabricant. Lors dela dernière adjudication pour la fourniture des tuyauxdestinés au service des eaux de la ville de Paris, l’ad-ministration, dans le but d’améliorer la fabrication, aexigé que les tuyaux de conduite seraient dorénavantcoulés verticalement et en syphon, ce qui exige, il estvrai, un matériel un peu différent, mais a l’avantagede parer aux inconvénients ci-dessus signalés. Bien queles tuyaux de fonte soient sans défauts, il arrive quel-quefois que la fonte est assez poreuse pour laisser suin-ter l’eau sous une charge un peu forte, ou que les eauxforment peu à peu dans l’intérieur des tuyaux des dépôtsqui finissent par les obstruer ou au moins par en dimi-nuer considérablement le débit. On peut remédier à cesdeux accidents d’une manière aussi simple que facile, enimprégnant les tuyaux à la presse hydraulique ou avecuue forte presse, avant leur mise en place, d’une huilesiccative, telle que l’huile de lin par exemple, commel’a fait le premier, avec le plus grand succès, M. l’ingé-nieur en chef des mines Juncker, aux tuyaux de con-duite des belles macliiues à colonne d’eau qu’il a éta-blies à Huélgoat.

Autrefois les tuyaux en fonte s’assemblaient au moyende-brides que l’on serrait avec des vis et des écrous enfer avec interposition d’une rondelle de plomb ou d’untoron de filasse imprégné de mastic de minium. Onremplace maintenant souvent, dans les tuyaux de con-duite, les brides par un emboîtement légèrement co-nique; on enfonce le tuyau mâle jusque près du fondde l'embdîtement, et l’on remplit le joint d’abord avecde la corde goudrounée et mattée, puis avec du plombqu’on matte aussi au dehors, ce qui rend le joint im-perméable. Cet assemblage se prête aux effets de ladilatation qui, sans cela, dans une conduite un peulongue, pourrait disjoindre les tuyaux, et oblige dansles assemblages à brides à interposer de distance endistance un joint compensateur fait à l’aide d’un man-chon de recouvrement.

Tuyaux en fer. Depuis assez longtemps on fabriqueen Angleterre des tubes soudés à recouvrement pourtubes calorifères de chaudières à vapeur, etc. Cette fa-brication qui commence à se répandre dans notre pays,se fait en opérant le soudage au moyen d’une fi-lière ou paire de cylindres dont le supérieur est àgorge et opère le soudage des bords, tandis que l’in-férieur supporte le chariot sur lequel est fixé le tubepréalablement chauffé et dans lequel on introduit aubesoin un mandrin pour empêcher la déformation dutube.

Ce mandrin a été remplagé avec avantage par uneespèce «l’œuf qui ne peut passer à travers la filière etest porté par une tige mince. Lqs bords du tube étantpressés entre cet œuf et la filière, la soudure s’opèreau blanc soudant, et la double épaisseur s’efface

par des passes ultérieures. Ce procédé, inventé parMM. Russel, a été importé eu France par M. Gan-dillot.

Tuyaux en tôle. Les tuyaux en tôle servent à l’écou-lement de la fumée dans les poêles, au tubage provi-soire des troul de sonde, etc. On les assemble à recou-vrement, c’est à-dire que les bords de la tôle cintréesont réunis par des rivets ; ces tuyaux étaient réunisbout à bout, à recouvrement, avec ou sans rivets.M. Ledru a cherché à remplacer les rivets par une espècede pli obtenu par l’étirage à froid et une forte pression.

tuyaux en tôle et bitume. Les conduites engrès ou en terre cuite se brisent au moindre choc, s’as-semblent mal, ne peuvent s’embrancher solidement, etne résistent que peu ou point à la pression des fluides.

Les conduites en fonte sont poreuses, oxydables,laissent échapper une partie de3 gaz, surtout s'ils sontsoumis à une pression de deux ou trois atmosphères,s’embranchent difficilement, et, ne pouvant se souder,ne présentent jamais qu’un assemblage imparfait. Lesconduites en plomb coûtent fort cher, s’écrasent trèssouvent si leurs parois ne sont pas d’une épaisseur convenable, ce qui devient alors très dispendieux.

II était donc tout naturel que l’industrie s’occupât decréer un genre de conduite qui ne présentât aucun desinconvénients ci-dessus, et cependant pût être livré auconsommateur à un prix modéré; avantage d’autantplus précieux, que l’emploi de pareils produits a presquetoujours lieu sur une grande échelle.

Ce problème semble avoir été résolu victorieusementpar M. Chameroy, breveté pour des tuyaux en tôle etbitume.

Nous allons rapidement décrire leur fabrication, quin’offre rien de bieu extraordinaire en elle-même, maisdont la perfection repose sur le soin extrême apporté àchacune de ses parties, et sur l’heureuse applicationd’outils et de procédés spécialement inventés pour leurusage.

Le diamètre des tuyaux de tôle et bitume varie de-puis 27 millimètres jusqu’à 40 centimètres; dans ceslimites, on emploie de la tôle de 1 à 2 millimètres d’é-paisseur. Même dans le cas des plus fortes conduites,cette dernière épaisseur a été reconnue suffisante.

La tôle bien décapée dans un bain acidulé est éta-mée au plomb sur ses bords, puis courbée dans un la-minoir à tiois cylindres, dont elle sort avec la forme etla dimension du tuyau qu’on veut fabriquer.

On écarte les lèvres du tuyau, et un emporte-piècefort ingénieux perce à la fois sur leurs deux bords lestrous destinés aux rivets. Les trous ainsi obtenus sesuperposent parfaitement lorsque le tuyau vient à serefermer. Les rivets, en fer étamé, sont placés au mar-• teau.

A l’une des extrémités du tuyau on pratique, aumoyen de deux cylindres en fonte, portant des canne-lures inverses l’une de l’autre à leur extrémité, roulantl’un sur l’autre, une gorge évasée dont nous verronsl’emploi tout à l’heure.

Enfin, l’on soude avec soin le joint du tuyau.

Nous arrivons maintenant à la série d’opérations quiconstitue réellement l’invention de M. Chameroy.

Nous avons vu qu’une des extrémités du tuyau pré-sentait une gorge évasée : daus cette gorge on coule,au moyen d’un moule intérieur en fonte soutenu parun bouchon de sable, un écrou en métal dur, inoxyda-ble, assez semblable pour sa composition à celui descaractères d’imprimerie, mais cependant rendu plus ré-sistant par l’addition d’un peu de cuivre rosette. A l’antreextrémité on coule de même, mais extérieurement, unpas de vis, de telle sorte que les tuyaux s’assemblenten se vissant l’un au bout de l’autre, mode d’assem-blage supérieur à tous ceux employés jusqu’à ce jour.Le joint est rendu encore plus intime et s’exécute rapi-