VERNIS.
VERNIS.
qu'on exprime fortement, on verse cette teinture surles nùtres résines pulvérisées et mélangées au verre enpoudre, et l’on procède au bain-marie à leur solution.
Le sang-dragon de première qualité pourrait y ap-porter une couleur trop forte.
C’est avec un vernis de ce genre que quelques ar-tistes procurent aux petits clous qui servent à garnirles faux étuis de montre une couleur d’or orangé ; maisils tiennent leur procédé secret.
Il est facile de procurer au laiton cette couleur aumoyen d'une sauce dont la composition ne tient pas àcelle du vernis, et qu'on peut imiter au moyen de l'or-piment (sulfure rouge d’arsenic) mélangé à certainssels. Lorsque les clous colorés avec cette sauce sontsecs, on les fait chauffer et on les trempe dans le vernisci-dessus.
Vernis pour carreaux d’appartement , connu sous diversnoms, tels que siccatif brillant, chromo-duropkane, etc.
Prenez et fondez à part :
Gomme laque.i 60 parties.
Cire jaune. 1 —
Alcool à 36 degrés. . . . 640 —
dont vous aurez réservé 4 /3 pour arroser.
D'autre part, vous aurez fait fondre dans un matras :
Galipot.412 parties.
Arcanson. 442 —
Avec essence de térébenthine. 444 —
Réunissez dans ce dernier la solution alcoolique ci-dessus avec les précautions indiquées pour le vernis àbois. Le mélange bien opéré, passez le vernis au tamiset colorez-le :
En rouge avec le rouge de Prusse,
En jaune avec l’ocre de rhue,
En couleur de noyer avec la terre d'ombre,en quantité suffisante.
Ces couleurs doivent être finement broyées, et surtoutbien sèches d’eau, sans quoi le vernis serait décomposé.
III. VERNIS A L’ESSENCE.
Les vernis à l’essence comportent presque lesmêmes résines et les mêmes matières colorantes queles vernis à l’alcool. Il est bon de remarquer, toutefois,que les vernis à l’essence, à égalité de composition,fourniront toujours une couche plus molle et moinssiccative qu’elle ne le serait si l'alcool ou l’éther servaientd'excipient aux matières résineuses qu'elle contient, parla raison déjà donnée que l’alcool et l’éther, s’évaporanten entier, laissent les résines dans leur état natu-rel ; tandis que l’essence non complètement vaporisablelaisse la pellicule de vernis composée non seulement desmatières résineuses employées, mais en outre dune cer-taine quantité d'essence grasse, laquelle les modifie, lesrend plus ou.moins molles, les empêche de reprendreleur consistance naturelle pendant un espace de tempsplus ou moins long. Ceci nous explique pourquoi lesvernis à l’essence sont moins siccatifs, plus mous queceux à l'alcool, et aussi pourquoi ils sont moins facilesà se gercer, plus faciles à polir, et plus durables que cesderniers.
Les tableaux demandent plus particulièrement le ver-nis à l'essence, précisément parce que la toile sur la-quelle ils sont peints, en raison de son peu d'épaisseur,étant extrêmement sensible aux variations de la tem-pérature, un vernis trop rigide s’y casserait, s’y gerce-rait, ou s’y fendillerait trop facilement, masqueraitbientôt la peinture qu’il doit faire valoir, et la laisse-rait trop vite exposée sans défense aux atteintes desgaz ou autres corps en état de l’attaquer.
Vernis pour les tableaux de prix, par Tingry.
Prenez : Mastic mondé et lavé- . . . 24 parties.
Térébenthine de Venise pure. 3 —
Camphre pulvérisé. ... 4 partie.
Verre blanc pilé. 40 —
Essence de térébenth. distillée. 72 —
Mettez le mastic en poudre fine, mélangez cette pou-dre avec le camphre et le verre *, jetez le tout dans unmatras à col court et versez l'essence. Ayez un bâtonde bois blanc bien sec proportionné à la hauteur dumatras, afin que vous puissiez vous en servir pour agi-ter les matières. Exposez le matras dans une cuvetteremplie d'eau tiède d’abord, qu’ensuite vous entretien-drez bouillante jusqu'à la complète dissolution des ré-sines. Quand la solution des résines est achevée, onajoute la térébenthine liquéfiée, on mélange, puis onlaisse encore le matras dans l’eau bouillante pendantune demi-heure, on le retire, on continue d'agiter levernis de temps en temps jusqu'à son entier refroidisse-ment; le lendemain, on le soutire, on le filtre au coton,et on le renferme pour l’usage. C’est, on le voit, lemême procédé que pour les préparations des vernis al-cooliques au baiu-marie.
Remarques. Si le vernis est destiué à des tableauxanciens ou qui ont déjà été vernis, et qu’il ne s’agit quede revernir, on peut supprimer la térébenthine, que nousne recommandons ici que pour le cas de première ap-plication sur des tableaux qui n'ont pas encore atteintle degré de dessiccation convenable.
L’esseuce de térébenthine distillée prescrite pour cevernis est celle qui a été distillée avec lenteur et sansintermède.
Autre vernis à tableaux moins coloré que le précé-dent , plus souple , et que nous lui croyons préférable.«Prenez : dammar friable (copal tendre), le plus blanc,le plus diaphane, le mieux mondé et le mieux lavépossjble, la quantité que vous voudrez, mais pro-portionnée à la capacité du vase où vous devez en opé-rer la dissolution, dans le double de son poids d'essencede térébenthine, pure, nouvellement distillée, sans au-cune couleur, et bien limpide.
Si vous voulez obtenir un vernis très souple, vousajouterez au mélange ci-dessus 30 à 40 grammes decamphre par kilogramme de résine employée.
Le voulez-vous plus simple encore? ajoutez 30 ou40 grammes de camphre par kilogramme d’essence em-ployée.
Le vernis peut se faire de deux manières : à froid ouà chaud. * #
A froid. Il suffit de mettre la résine, le camphre etl'essence dans une bouteille ou ballon, bien bouché auliège, mais qui ne soit plein qu’aux trois quarts, del’agiter de temps en temps et de l’exposer à l’ombre, ausoleil ou à l’étuve jusqu’à la complète disparition de larésine dans l’essence. Tirez à clair et filtrez le vernis ancoton.
Ou bien. iJettez une certaine quantité de résine enpoudre dans un mortier en verre, ajoutez-y peu à peu,en triturant, de l’essence, jusqu'à ce que la plus grandepartie de la résine soit dissoute. Versez alors cette dosedans un matras de verre ; faites-en une seconde, unetroisième, jusqu’à ce que vous ayez employé toute votrerésine et votre essence, ajoutez le camphre, bouchez lematras. Quelques jours de digestion, aidée d’une agita-tion deux ou trois fois répétée par vingt-quatre heures,vous fourniront un vernis parfait, absolument sans cou-leur, diaphane comme de l’eau alors qu'il sera bien re-posé et clarifié, si vous avez employé une résine bientransparente et une essence parfaitement jpure etexempte de toute coloration.
Si, cependant, le vernis ainsi obtenu était un peulouche, il suffirait d’exposer le matras débouché, qui lecontient, pendant une heure dans un bain-marie d'eaubouillante ; puis, de retirer le matras de l’eau et de lelaisser débouché jusqu'à l’entier refroidissement du ver-nis, pour lui donner toute la limpidité désirable.