VERRE.
VERRE.
mière qualité ne coûte en Bohême que 68 francs les100 kilogrammes.
La chaux est extrêmement pure et provient de lacalcination d’un calcaire saccharoïde blanc pur oubleuâtre venant de Moravie ou de Bohême.
Bien que la fabrication du verre de Bohême ait lieusurtout en Bohême et aux environs de Venise , il existeactuellement en France , notamment à Walsh, Saint-Louis et Baccarat , plusieurs usines qui fabriquent descristaux de Bohême.
Les verreries de Bohême étant exclusivement alimen-tées par le combustible végétal, on cherche autant quepossible à les établir au milieu des forêts et sur les bordsd’un cours d’eau flottable. Comme les périodes d’amé-nagement des forêts sont presque séculaires, il . estsouvent avantageux, après avoir abattu tous les boisqui environnent une usine, de la transférer dans unautre endroit où l’on retrouve un approvisionnementfacile, jusqu’à ce que ce dernier soit à son tour épuisé,et ainsi de suite. Cette instabilité dans l’emplacementde la plupart des verreries a conduit par économie àConstruire entièrement en bois tous les bâtiments quirenferment les fourneaux, etc. ; aussi, rien de plusmisérable, à première vue, que l’aspect de ces usinesqui semblent perdues au milieu de forêts sans fin et quis’annoncent au loin par des tourbillons de fumée quis’élèvent au-dessus des arbres. Il n’y a guère que lesusines certaines‘d’un approvisionnement pour aiusi direindéfini en combustible qui soient en partie construitesen pierre.
Les verreries de Bohême se composent ordinairementde deux fours de fusion dont l’un est en feu, tandis quel’autre est en réparation, de sorte qu’il y en a con-stamment un en activité. Lorsque l’usine fabrique desverres à vitres, elle possède un ou deux fours d’étendageplacés sous un hangar particulier annexé à l’usine. Lemagasin des matières premières est aussi annexé àl’usine; quant aux bocards à sec et aux fours de cuis-son pour le quarz et la chaux, ils sont également an-nexés à l’usine lorsque la puissance du cours d’eau lepermet, mais le plus souvent ils en sont séparés etplacés à quelque distance, soit en amont, soit en aval ;il en est de même des raffineries de verre, ateliers oùl’on opère la taille et la décoration des verres.
Les fours de fusion sont elliptiques, très petits etrenferment de 7 à 8 creusets ; leur forme est suffisam-ment indiquée par le plan 6g. 2544, et la coupe fi-
2545.
2544.
gure 2o45 : a est le cendrier, b la grille, fia chauffe,y les pots, l les embrasures de travail, k le- massif surlequel repose la voûte toujours construite d’une seulepièce en argile damée, » une porte, ordinairement mu-rée, par laquelle on retire les pots hors d’état de ser-
vice et par laquelle on introduit sur les banquettes lespots neufs préalablement chauffés au rouge ; m ram-pant qui conduit les flammes du four de fusion dans lefour à recuire n, qui, comme nous l’avons dit, est souvent surmonté d’un four à torréfier le bois.
Les pots ont ordinairement 0 m ,40 de diamètre inté-rieur à l’ouverture et 0 m ,35 au fond', 0“,45 deprofondeur, 0®,03 d’épaisseur à l’ouverture et 0®,04 au fond.On y charge moyennement70 kilogrammes de matièresfrittées ; la perte en eau, acide carbonique et alcali estde 45 à 20 p. 100, et on obtient par pot de 45 à 50 ki-logrammes de verre façonné, non compris les déchetsdu travail même. La fonte dure de 4 2 à 18 heures et letravail du verre de 44 à 15 heures. Chaque four pro-duit par semaine environ 2.000 kilogrammes de verrefaçonné, tandis que les fours français en produisentdans le même temps 36.000 kilogrammes.
Le mélange que l’on charge dans les pots se composemoyennement de :
Quarz étonné et pulvérisé. . . 400
Potasse première qualité calcinée. 50 à 60
Chaux calcinée.45 à 20
Acide arsénieux.1/4 à 1/2
Nitre. . 0 à 1
et quelquefois, mais rarement, 4/16 à 4/4 de peroxydede manganèse.
Les ouvriers de Bohême économisent le verre avecune habileté surprenante ; ils le cueillent avec des can-nes plus légères que celles que nous avons décrites aucommencement de cet article, et ils soufflent ordinai-rement la pièce creuse qu’ils veulent faire dans unmoule en bois à deux compartiments, qui sont mainte-nus rapprochés par l’apprenti, lequel a soin de lesmouiller très fréquemment afin de prolonger leur du-rée en les empêchant de prendre feu.
Le recuit des verres fabriqués 6*exécute en les por-tant encore chauds dans des pots cylindriques en argilede 0*,015 d’épaisseur, ayant 0 ra ,40 de diamètre et 0 m ,50de profondeur, placés dans le four a recuire annexé aufour de fusion. Lorsqu’un de ces pots est entièrementrempli, on le retire du four et on le laisse refroidirspontanément dans un coin de l’usine, en augmentantautant que possible la durée du refroidissement parl’addition d’un couvercle en tôle. On conçoit aisémenttout ce que ce procédé a d’imparfait en comparaison desfours à recuire continus si généralement employés enFrance .
On fabrique aussi en Bohême une quantité considé-rable de verres colorés dans toute leur masse ou dou-blés, filigranés, dorés, argentés, décorés avec des cou-leurs de moufle ; nous y reviendrons plus loin.
verre plombeux. cristal. La fabrication duverre à base d’oxyde de plomb, ou cristal ordinaire, estoriginaire d’Angleterre. Pour éviter la coloration duverre due à la fumée du charbon de terre, les verriersanglais commencèrent par remplacer les pots ouvertsemployés sur le continent par des creusets couverts,espèces de grandes cornues soustrayant les matières aucontact et a l’action des fumées du combustible. Maiscette substitution tendant à abaisser la températuredans l’intérieur des creusets, on fut obligé de chercherdes compositions plus fusibles et on y parvint en rem-plaçant la chaux par de l'oxyde de plomb.
Voici quelques analyses de cristal qui donneront uneidée de sa composition :
O) (*) (5)
Silice. ...... 0,560 0,514 0,560
Potasse. 0,066 0,094 0,089
Chaux.— — 0,026
Oxyde de plomb. . . 0,344 0.374 0,3250,980 0^994 4,000