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VERRE.

VERRE.

au bout d’une canne, du verre trausparent dont on forme jun cylindre massif qui puisse entrer dans le moule igarni de baguettes, et chauffé préalablement un peu an- !dessous du rouge ; on chauffe fortement ce cylindre et jon l’introduit dans le moule où on le refoule de manièrea presser les baguettes qui adhèrent ainsi contre le verretransparent ; puis, retirant le moule, on enlève la canneet on entraîne ainsi les baguettes avec le cylindre ; onchauffe encore et on marbre pour rendre l’adhérenceplus complète ; enfin, chauffant l’extrémité du cylindre,on tranche d’abord cette extrémité avec les fers, on lachauffe de nouveau, on la saisit avec une pincette ouavec les fers, et on la tire de longueur avec la maindroite pendant qdfe de la main gauche on fait tournerrapidement la canne sur les bardelles du banc de ver-rier. Pendant que l’extrémité de la colonne s’allonge,les filets s’euroulent en spirale autour d’elle. Quand ona amené, à l’extrémité, une baguette de la dimensionvoulue, environ 0 m ,006 de diamètre, et que les filetssont suffisamment enroulés, on tranche avec la pin-cette, on'chauffe de nouveau l’extrémité de la baguette,et, la saisissant et l’étirant pendant qu’on roule rapide-ment la canne, on confectionne une nouvelle baguette,et ainsi de suite jusqu’à ce que toute la colonne soitétirée.

Pour fabriquer des baguettes qui par leur aplatisse-ment produisent des filets en quadrilles, on place dans lemoule, aux deux extrémités d’un seul diamètre, troisou quatre baguettes à filets simples alternées avec desbaguettes en verre transparent; on garnit ensuite lereste de la capacité intérieure du moule de baguettestransparentes, afin de maintenir les baguettes à filetsdans leur position, et on opère comme précédemment.

Pour obtenir des baguettes produisant, par leur apla-tissement, des grains de chapelet, on fait une paraisonsoufflée dont on ouvre l’extrémité opposée à la canne,de manière à produire un petit cylindre ouvert; on l’a-platit afin de ne donner passage qu’à des baguettes, eton introduit dans le fourreau ainsi formé quatre, cinqou six baguettes à filets simples, alternées avec des ba-guettes de verre transparent ; on réchauffe, on fermel’extrémité opposée à la canne, puis on presse sur laparaison plate tandis qu’un aide aspire l’air de la cannede manière à le faire sortir de la paraison et à produireun massif plat dans lequel sont logés les filets. On rap-porte successivement une petite masse, de verre chaudtransparent sur chacune des parties plates de la parai-son, et on marbre pour cylindrer la masse : on obtientainsi une petite colonne dans l’intérieur de laquellesont rangés, sur un même diamètre, les filets opaques ;on procède ensuite comme pour les baguettes précéden-tes en chauffant et étirant l’extrémité pendant qu’onroule rapidement la canne sur les bardelles. Par ce.mouvement de torsion, la ligne des filets se présentealternativement de face et de profil, et produit desgrains de chapelet.

Il arrive souvent que l’on combine ces grains avecles quadrilles des baguettes précédentes, en introdui-sant, dans le moule préparé pour les baguettes à qua-drilles, le cylindre préparé pour les grains de chapelet.Du reste, les combinaisons que nous venons d’indiquermettent sur la voie d’une foule d’autres que le verrierpeut opérer.

Quelquefois on ménage, au centre d’une des baguet-tes, un filet en zig-zag, ordinairement coloré : pourcela on prépare un premier cylindre massif en verretransparent d’un diamètre moitié de celui que l’on veutétirer, et on fait adhérer le long d’une des arêtes de cecylindre, une petite baguette colorée ; on recouvre letout d’une nouvelle couche de verre transparent d’é-paisseur suffisante pour produire le cylindre destiné àentrer dans le moule des baguettes à filets. La petitecolonne colorée, n’étant pas au centre du cylindre, tour-

nera en spirale autour de ce centre par le mouvementd’étirage et de torsion, et produira un zig-zag par l’aplatissement.

Parmi les pièces de Venise , et ce sont peut-être lesplus remarquables, il en est qui présentent un réseaude filets simples à mailles égales dont chacune renfermeune bulle d’arr : ce genre est le plus difficile à produire;on y parvient, toutefois, en soufflant une première paraison à filets simples tordus, puis une deuxième pa-raison à filets simples tordus en sens inverse; on ouvrel’une de ces paraisons et on y introduit l’autre de ma-nière à les faire adhérer; les filets se croisent alors etproduisent des mailles qui sont égales si les paraisonsont été bien préparées. Si le verre opaqne est dur, lescannelures produites par les baguettes se maintiennentà un certain degré quand on stfuffle la paraison ; cescannelures tordues en sens inverse venant à se croiserquand on engage l’une des paraisons dans l’autre, unebulle d’air restera renfermée dans chaque maille quandles deux paraisons seront réunies ; ou termine ensuitela pièce comme à l’ordinaire.

Verres mosaïques. Indépendamment des verres fili-£ranés, les anciens, les Vénitiens et les Allemands ont*fabriqués, par des procédés analogues, des verres mo-saïques plus connus sous le nom de millefiori. Voici,également d’après M. Bontemps, la manière d’o-pérer :

Les éléments, au lieu d’être des baguettes, sont destronçons de baguettes dont la section présente des étoi-les ou autres former symétriques composées de plu-sieurs couleurs; par exemple, on forme, au bout d’unecanne, un petit cylindre en verre rouge massif autourduquel on applique cinq ou six cueillages de verrableu-turquoise qu’on façonne avec une pincette pourformer des ailes prismatiques triangulaires dont la baseest sur le cylindre ronge, puis on remplit les interval-les entre ces ailes avec du verre d’une autre couleur,soit blanc-opaque ou jaune; on marbre et on enveloppele tout d’une couche de verre de couleur transparente,soitviolet-elair; on peut ensuite introduire cette colonnedans un moule garni intérieurement de baguettes d’uneautre couleur, soit blanc-opaque, qui, par leur section,feront un tour de perles blanches. Enfin, quand on acomposé la colonne comme on le désire, on la chauffefortement et on l’étire à la grosseur de 0 W ,010 à 0“,012;on peut faire varier à l’infini les formes et les couleursdes sections. On tranche ensuite les colonnettes entronçons d’environ 0 m ,010 de longueur, et c’est avecces tronçons qu’on compose les pièces mosaïques oumillefiori; pour cela on garnit de tronçons l’intérieurd’un moule, et l’on fait chauffer au rouge-brun, puison souffle une paraison à laquelle on donne à peu prèsla forme du moule; on la réchauffe et ou l’engage dansle moule, de manière à faire adhérer les tronçons contrela paraison; on réchauffe de nouveau, on souffle, onmarbre, et on opère enfin par les moyens ordinaires.Une méthode préférable consiste à faire une paraisondont on fait revenir intérieurement le fond vers lacanne, de telle sorte que cette paraison, étant détachéede là canne, présentqpune ouverture circulaire compo-sée de deux parois concentriques ; on laisse refroidir,puis, on introduit entre ces parois des tronçons de ba-guettes afin de remplir autant que possible tout le vide ;on réchauffe peu à peu cette paraison, on prépare unecanne dont l’extrémité est garnie d’un disque de verrechaud qui n’iutercepte pas le trou de la canne, on adaptece disque contre le bord supérieur de la paraison et onaspire par la canne l’air renfermé entre les tronçons etles parois de la paraison; enfin, prenant une- autrecanne préparée de la même manière, on l’applique con-tre le côté opposé de la paraison que l’on détache de lapremière canne : l’intérieur du fond rentré formeraalors l’intérieur de la paraison que l’on souffle , avec la