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VERRE.

VERRE.

vient le mot tréjeter, jeter trois fois, et il plonge ensuitesa cuillère dans l’eau froide. Le four est ensuite ferméet les cuvettes abandonnées à elles-mêmes, pour que leverre s’affine, c’est-à-dire pour que les bulles, excitéesdans sa masse par le tréjetage, s’en dégagent, et pourqne l’excès d’alcali se volatilise entièrement. La fusion,l’affinage et la cérémonie étant achevés, on tire les cu-vettes du four pour faire la coulée. Chaque cuvette four-nit une glace.

Pendant que le verre prend dans les cuvettes la con-sistance nécessaire, on doit s’occuper à chauffer lescarquaires, ou fours à recuire, et la table de coulée.Cette dernière est ordinairement en bronze, couléed’une seule pièce, et d’une épaisseur d’environ 0 ,D ,11 ; saface doit être parfaitement unie. Actuellement, on la faitquelquefois en fonte : on lui donne alors une plus grandeépaisseur. Deux règles en bronze f, t (fig. 2550), de 0™, 027de large et de la longueur de la table elle-même, détermi-nent l’épaisseur de la glace, qui est de 0*,008 au moins.Ces tringles sont posées sur la table au moment du cou-lage; leur écartement dérermine la largeur et la lon-gueur de la glace. Pour étaler la masse de verre sur latable, on se sert d’un rouleau E D. Le rouleau étaut ar-rêté par l’épaisseur des tringles, il ne laisse entre lui etla table que le verre nécessaire à la formation de laglace. Cet instrument est creux ; sa longueur est égaleà la largeur de la table; son diamètre varie suivant lesusines de ,0 m ,30 à 0“,o0 ; il s’appuie sur les règles enbronze /, f, et pèse de 300 à 450 kilogrammes, selon lagrandeur et l’épaisseur des glaces à couler.

La carquaise étant chauffée au rouge-brun, la ta-ble de coulée ayant acquis une température convenable,et le verre étant épaissi au point nécessaire, ou ap-proche la table près de l’embouchure de la carquaise, onla nettoie, on met les tringles sur chaque côté dela face plane de la table, on prépare le rouleau, eton procède à l’opération du coulage. A cet effet,on enlève la tuile qui ferme l’ouvreau en regard de lacuvette que l’on veut enlever, puis, deux ouvriers sai-sissent latéralement la cuvette par sa ceinture, avec destenaille? montées sur deux roues, tandis qu’un autreouvrier la détache de son siège avec une pince à clo-cher. Arrivée à l’entrée de l’ouvreau, elle est reçue etposée sur un chariot, dit chariot à terrasse , et conduiteprès de la table de coulée. Là, on l’écrème, puis on la sai-sit avec la tenaille T, suspendue par quatre chaînes à lapotence V, on l’élève à 0",32 environ au-dessus delàtable, on l’assure partout à l’extérieur, ensuite onrenverse le verre sur la table entre les deux règles, encommençant du côté de l’embouchure de la carquaise,et en tirant la cuvette du côté opposé. Immédiatementavant la coulée, deux ouvriers placent en dedans destringles, deux main»' en fer tn, m, pour empêcher leverre de se répandre au-delà des tringles et de donnerlieu à des bavures, tandis qu’un troisième ouvrier pro-

mène sur la table la croix à essuyer, entourée d’uu lingec, pour enlever la poussière et les corps étrangers quipourraient s’interposer entre la table et la glace. Aus-sitôt que la cuvette est vidée, on met le cylindre enmouvement et on le fait rouler sur les tringles et sur leverre coulé, qui s’aplatit alors dans toute sa longueuret remplit uniformément l’espace qui se trouve entreles deux tringles. Le rouleau ayant parcouru toute ialongueur de Ja table, on le remet sur sou chevalet ; ilne peut servir que pour deux glaces consécutives. Il fautalors le retirer pour le laisser refroidir, et le remplacerpar un autre rouleau. On ôte aussitôt les tringles et oncasse les bavures qui peuvent exister sur les deux côtésde la glace ; pendant ce temps, un ouvrier ferme le re-bord, ou ce qu’on nomme la tête de lu glace, tandisqu’ou nettoie la sole de la carquaise et qu’on la sablepour que la glace puisse y glisser sans obstacle. Commela glace est encore molle au moment où ou l’introduitdans la carquaise, l’effort qu’on est obligé d’exercer sursa tête, pour la pousser sur la sole, produit à la surfacede la glace des ondulations très fortes que le polissagefart disparaître. Nous avons vu, dans une usine, pous-ser à la fois dans le four à recuire la glace et la table*de coulée; ou employait alors des tables de diversesgrandeurs, suivant les glaces, et d'une épaisseur plusfaible ; mais il n’en fallait pas moins un matériel consi-dérable, ces tables étant d’un prix très élevé. Pendantl’enfournement, d’autres ouvriers sont occupés à retirerdu fourneau de fusion une nouvelle cuvette, qui arriveprès de la table de coulée au moment où la glace pré-cédente vient d’être introduite dans la carquaise.Lorsque toutes les glaces de la même coulée ontété introduites dans la carquaise, on en bouchesoigneusement tous les orifices et on laisse refroi-dir le tout spontanément.

Lorsque le refroidissement du four est complet,on retire avec précaution les glaces les unes aprèsles autres, puis onles porte au magasin. Là, à l’aided’un diamant brut à rabot et d’une règle à équerre,on retranche d’abord la tête de la glace, puis, aprèsun examen attentif de toutes scs parties, et en te-nant compte de ses défauts et imperfections, on larogne ou divise en fragments de plus faibles di-mensions.

Polissage des glaces. Le polissage des glacescomprend deux opérations, le dégrossissage et ledouci.

Le dégrossissage s’exécute en frottant deux gla-ces l’une contre l’autre, avec l’intermédiaire de sable derivière ou de toute autre matière siliceuse pulvérisée ; àcet effet, les. glaces sont fixées avec du plâtre sur desplateaux en pierre, ordinairement en calcaire compacte.Une roue hydraulique imprime, par un mécanisme dontil est facile de se rendre compte et qui varie dans cha%que usine, un mouvement de va-et-vient aux plateauxsupérieurs, qui sont susceptibles de tourner sur eux-mêmes et glissent sur les plateaux inférieurs, qui sontfixes; ces derniers sont toujours plus grands que lesplateaux mobiles. Le seul travail de l’ouvrier consisteà imprimer de temps en temps un mouvement de rota-tion aux plateaux supérieurs (il est très facile de le fairefaire par la roue motrice même, et c’est ce qu’on faitdans plusieurs usines), et à jeter, sur les plateaux infé-rieurs, avec une truelle en bois, un mélange d’eau et desable. Il va sans dire que l’on doit employer des sablesde plus en plus fins, à mesure que l’opération avance.Un seul ouvrier peut desservir le dégrossissage de deuxgrandes glaces ou de quatre petites. Le premier côtéétant fait, on retourne les glaces pour travailler l’autreface de la même manière ; il faut seulement avoir soinici que cette seconde face soit rigoureusement parallèleà la première, c’est-à-dire que la glace ait partout lamême épaisseur.