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XYLOIDINE.

XYLOIDINE.

est remplacé par un atome d’acide nitrique.C’est eu

quelque sorte un sel dans lequel l’amidon remplit, rela-tivement à l’acide nitrique, le rôle de base : aussi est-elle très combustible ; à une température de 1 80 degréscentigrades, elle prend feu, brûle presque sans résiduet avec beaucoup de vivacité. Cette propriété m’a con-duit à une expérience que je crois susceptible de quelquesapplications, partiixilièrement dans l'artillerie. En plon-geant du papier dans de l’acide nitrique à 1,5 de den-sité, l’y laissant le temps nécessaire pour qu’il en soitpénétré, ce qui a lieu en général au bout de deux à troismiuutes, l’en retirant pour le laver à grande eau, onobtient une espèce de parchemin imperméable à l’hu-midité et d’une extrême combustibilité. La même chosearrive avec des tissus de toile et de coton.

• «Le papier ou les tissus qui ont ainsi subi l’actionde l’acide nitrique, doivent leurs propriétés nouvellesà la xyloïdine qui les recouvre. »

Cette dernière conclusion de M. Pelouze est inad-missible, car le papier azotique obtenu par le procédéqu’il indique dans ce passage est identique au produitde M. Schœnbein, et brûle par lui~méme sans résidu.Or le papier laisse, en brûlant, beaucoup de charbon ;la xyloïdine, en admettant la composition donnée parM. Pelouze, laisse aussi beaucoup de charbon; le ré-sultat simple de l’imprégnation de l’un par l’autre nesaurait se conduire autrement. Du reste, les applica-tions auxquelles avait songé M. Pelouze ne sont nulle-ment de l’ordre de l’idée qui constitue la découverte deM. Schœnbein. L’illustre chimiste français , en parlantd’artillerie, avait seulement proposé des enveloppesimperméables pour les cartouches et gargousses. Celarésulte de deux passages du Traité de Chimie de M. Du-mas (tome VI, pages 4 2 et 91), où ce dernier savant dit,en rapportant le travail de M. Pelouze : « Dans la prépa-ration des feux de raines et des pièces d’artillerie, lespapiers et cartonnages , rendus ainsi imperméables et trèscombustibles , auraient une grande utilité sans doute. »Ainsi il ne s’agissait nullement pour M. Pelouze defournir une substance tenant lieu de la poudre deguerre. Ainsi l’on peut regarder comme prouvé :

3° Que M. Schœnbein le premier a eu l'idée de substituerà la poudre à tirer du coton oxygéné et que le premieril a. réalisé cette expÉriencl:, en introduisant cecoton dans des armes à feu et dans des trous de mine. Cecoton explosible n'était ni de la xyloïdine , ni du cotonimbibé de xyloïdine.

M. Pelouze a reconnu ces faits avec une loyautéà laquelle on ne saurait donner trop d’éloges, en di-sant à l’Académie des Sciences (séance du 1 6 novem-bre) :

« J’ai insisté (en 1 838) sur l’extrême combustibilitédes produits de l’imprégnation des matières ligneusespar l’acide nitrique, et j’en ai présenté les applicationsà l’artillerie, sans toutefois les préciser.

«AM. Schœnbein revient l’honneur d’avoir montréque ces matières constituent une véritable poudre etune poudre plus énergique que la poudre à canon.

« Je termine par une simple observation.

« Jusqu’à présent on ne connaît qu’un moyen, celuique j’ai trouvé en 1838, pour préparer cette nouvellepoudre, et cependant M. Schœnbein n’a fait connaîtreencore ni la nature ni la préparation de son coton-poudre. i>

Nous ajouterons, en terminant cette portion de notrearticle, que M. Pelouze a reconnu, lorsque son atten-tion a été rappelée, par suite du bruit fait par la dé-côuverte de M. Schœnbein, sur les produits de la réac-tion de l’acide nitrique monohydraté sur la cellulose,que le papier et le coton fulminants ne sont nullementde la xyloïdine, mais bien un composé particulier qu’ila appelé pyroxyline, et dont il a essayé de donner lacomposition. Nous croyons cette appellation très oon-

venable, et nous l’adopterous pour désigner la nouvellepoudre ; on lui substitue souvent le nom de pyroxile.

§ II. Préparation. Nous avons dit que le moyen d’ob-tenir du coton-poudre consiste dans l’oxygénation ducoton ordinaire par l’acide nitrique. Cette oxygénationpeut être obtenue en suivant différentes recettes quenous allons rapporter, mais qui dépendent toutes dumême principe.

1° Procédé de M. Pelouze. C cstM.Otto, de Brunswick,qui le premier, après l’annonce des résultats de M. Schœn*bein, a publié avoir réussi à préparer du coton-poudre.Voici la note qu'il a publiée à ce sujet:

« Il parait résulter des expériences qui ont été faitesjusqu'ici, que l’acide nitrique fumant, concentré, telqu’on l’obtient de la distillation de 10 parties de sal-pêtre et de 6 parties d’acide sulfurique, a la propriétéde rendre le coton explosif. La portion de l’acide quiest la plus puissante est celle qui passe la premièredans la cornue. Si l’on plonge le coton pendant unedemi-minute dans cette première portion du liquide,qu’on le presse ensuite entre deux plateaux de verre oude bois, et qu’ensuite on le lave jusqu’à ce que touteacidité ait disparu, on obtient alors, après l’avoir faitsécher, un produit éminemment explosible. Si, aprèscela, on cherche à rendre explosible une nouvelle quan-tité de coton, en le*plongeant dans le liquide qui a étédéjà employé, le nouveau produit est beaucoup plusfaible.

« Si toutefois, après avoir lavé et séché ce produitplus faible, on le plonge de nouveau dans l’acide, il enrésulte un produit satisfaisant. On peut donc renforcerla préparation en plongeant à plusieurs reprises dan»l’acide. Je ne pense pas d'ailleurs, ainsi que je l’avaiscru d’abord, que le temps de l’immersion doive êtrecirconscrit dans des limites aussi étroites, car j’ai vudu coton devenir très explosif après une immersion dedouze heures. Mais, ce qui est de la plus grande im-portance, c’est le soin donné au lavage : les dernièrestraces de l’acide sont très difficiles à faire disparaître.S'il reste de l’acide dans le coton, cette substance,quand elle sèche, sent l’acide nitreux ; si on l’enflammesur une assiette de porcelaine, elle produit égalementune vapeur acide.

a Aussi la promptitude de la combustion d’une bou-lette‘de coton explosif sur une assiette de porcelaineest-elle le meilleur signe de la bonté du produit. Si l’ontouche la boulette avec un charbon rouge, elle doitfulgurer comme la poudre à canon, mais sans laisserde résidu : si, au contraire, elle prend feu seulement etlaisse des cendres, alors la préparation est impropre auservice des armes. Une chose importante à observer estcelle-ci : c’est, lorsqu’on a retiré le coton du bain acide,et que, par la pression, on l’a dépouillé de tout rested’acide, d’avoir soin de le laver à très grande eau enl’éparpiilant. C’est pourquoi aussi l’opération ne réussitjamais mieux qu’avec de petites portions. Lavé dansune petite quantité d’eau, le coton s’échauffe, surtouts’il y en a beaucoup, et il s’y forme des taches de cou-leur bleue ou verte, qui ne se redissolvent que très dif-ficilement, et peu de coton reste pur. Ou peut dire, engénéral, que le produit obtenu est d’autant meilleurque le coton explosible se distingue moins du cotonordinaire »

Ce procédé, suivi en. Allemagne par M. Otto, n’estpas antre chose que celui indiqué par M. Pelouzeen 1838, à savoir : tremper le coton ou le papierdans l’acide nitrique monohydraté. C’est encore sim-plement ce qu’a fait M. Pelouze pour le premier papier-poudre qu’il a introduit dans une arme à feu, ainsi qu’ilrésulte de la note insérée par ce savant dans le compte-rendu de la séance académique du 26 octobre 1846.Mais pendant ce temps M. Knopp,.préparateur au labo-ratoire de l’université de Leipzig , indiquait une modifia