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ÉCONOMIE INDUSTRIELLE.

ECONOMIE INDUSTRIELLE.

vons faitjusqu’ici, que les produits du travail d’unproducteur trouvent toujours à s’échanger contreceux d’un autre, les deux producteurs désirantmutuellement acquérir le produit l’un de l’autre.En pratique il n’en est pas ainsi : un libraire, parexemple, ne peut guère payer son boulanger, sonboucher avec des livres ; cet échange direct seraitbientôt arrêté et la circulation ne pourrait se pro-longer longtemps, s’il n’existait une marchandiseexceptionnelle, toujours reçue avec empressementen échange de toutes les autres, la monnaie.

C’est parce que les métaux précieux sont inal-térables ; que leur pureté, leur poids est garantipar le monnayage, que leur valeur est peu consi-dérable pour une valeur ou une quantité de travailimportante, que la monnaie joue avec tant d’a-vantages le rôle de marchandise par excellence quila fait toujours rechercher avec empressement.

Grâce à cet intermédiaire, tout échange de pro-duits se résout en une double opération. Nousvendons un produit, c’est-à-dire l’échangeonscontre du numéraire; avec celui-ci nous achetonsun autre produit, c’est-à-dire échangeons de lamonnaie contre celui-ci. Ce qui nous importe doncfinalement, c’est la quantité de produits quelcon-ques que nous trouverons à échanger contre unproduit, et non pas seulement la quantité d’or etd’argent contre laquelle on pourrait l’échanger.C’est parce que la monnaie est avant tout unemarchandise, que l’on ne peut soutenir comme rai-sonnable le système de la balance du commerce ,avec lequel les politiques ont cru bien souvent en-richir les nations, et qui consistait à employertoutes les ressources de l’État pour accumuler lesmétaux précieux dans un pays, en favoriser l’im-portation et en défendre l’exportation.

La monnaie sert non-seulement à faciliter leséchanges, elle fournit aussi le moyen d’apprécierà un instant donné toutes les valeurs en une autrevaleur, de manière à pouvoir comparer celles-cientre elles. Ainsi les rapports des valeurs d’unemaison et d’un cheval seront bien déterminés sil’on sait que la maison se vendrait 50,000 fr., lecheval 2,000 fr. Le rapport de ces deux valeurs !sera de 25 à 1, quelle que soit la monnaie quiaura servi pour apprécier les deux objets. Bienentendu que nous supposons les prix fixés en de-hors des causes de variation dont nous avons parléà propos des prix courants, que nous parlons deprix d’évaluation.

Mesure des valeurs. Nous venons de voir queles valeurs pouvaient, au moins approximative-ment. se mesurer à l’aide de la monnaie, quecelle-ci nous fournissait l’unité à l’aide de la-quelle celles-ci s’appréciaient : il y a donc science,puisqu’il y a mesure et relation. Quelques per-sonnes ont voulu aller plus loin, et comparer lesvaleurs dans des lieux différents et à des époquesdifférentes.

Évidemment la monnaie ne peut plus servir

j dans ce cas, car, valeur elle-même, la monnaie estassujettie à la loi des frais de production. C’estainsi que la découverte de l’Amérique a diminuédéplus de moitié la valeur de l’or, et qu’on n’a pasmaintenant pour, un même poids d’or la moitiédu blé qu’on avait avant la découverte dfe l’Amé-rique. C’est ainsi que, de nos jours, lorsqu’on Ca-lifornie et en Australie on trouve beaucoup d’or,que l’intelligente et énergique race anglo-saxonne. se substitue aux indolents Mexicains, peuple desdéserts inhabités jusqu’ici, que par l’applicationdes forces mécaniques et chimiques on réduitchaque jour les frais de production, nous assis-tons à un semblable spectacle et sentons chaquejour diminuer quelque peu la valeur de l’or.

En s’attachant à évaluer la valeur du travailproducteur lui-même, ou son incarnation dans untravail qui a peu varié, tel que le travail du terras-sier ou celui de ta production du blé, on a cru pou-voir dresser l’échelle des valeurs aux diversesépoques, évaluées en valeurs de nos jours.

Ces recherches faciles pour chaque pays et mêmepour des pays différents, en un même moment,lorsque la monnaie se déplace facilement d’unpays dans l’autre, ne peuvent fournir qu’une ap-proximation peu exacte pour des époques diverses.

En effet, le sacrifice qui se fait à chaque instantpour rémunérer l’unité de travail est loin d’être lemême dans les diverses société? qui se sont suc-cédé; ainsi de nos jours un Indou, un Chinoisou un Anglais effectueront des quantités de tra-. vail très différentes en échange d’une même quan-tité de blé ou de riz; ainsi encore dans les Etats-Unis du Sud, la journée de travail des esclavescorrespond à une chétive subsistance; tandis quedans les États-Unis du Nord, le travailleur libren’échange son travail que contre une quantité con-sidérable de produits. Ce que l’on voit ici a existédans les diverses sociétés pour des degrés diffé-rents de civilisation, et montre qu’il existe pourchaque société une différence très grande dans larémunération d’un même travail, différence qui asa cause dans la disproportion qui y règne entre! les produits accumulés et les besoins (voyez sa-laires), de telle sorte que la valeur du travail, dublé, n’est pas constante. Mais pour chaque épo-que, pour des états de sociétés donnés, la varia-tion lente de l’unité n’altère pas les rapports, lesvaleurs que considère l’Économie industrielle ; lesrapports restant les mêmes dans tout l’édifice, lesvaleurs, les richesses sont toujours représentéespar les mêmes chiffres, et tous les théorèmes dela science restent également vrais.

Variation des prix.

Nous extrairons d’un curieux tableau donné parM. Babbage, dans son Économie des manufactures,quelques chiffres relatifs à la variation de prixd’objets fabriqués à diverses époques assez rap-prochées, qui appartiennent au grand mouvement