Band 
G-Z.
JPEG-Download
 

ECONOMIE INDUSTRIELLE.

ÉCONOMIE INDUSTRIELLE

splendeur de ladministration et de la nation offi-cielle, mais dans la prospérité de tous les citoyens !

« Cest depuis que ce récit nous a été fait quela lumière sest faite dans notre esprit, que nousavons compris combien était fâcheuse et injustecette intervention abusive de lÉtat dans une in-dustrie.

« Qbe dans un pays débutant à peine dans lacarrière industrielle un despote crée avec avantagepour la nation des manufactures privilégiées, celaest possible; mais, dans tout pays lindustrieest avancée et prospère, une semblable institutionnest pas défendable. Cest par des encourage-ments bien entendus que le gouvernement peutagir pour les progrès de lindustrie, jamais parlaccaparement, jamais en faisant concurrence àlindustrie privée, jamais en se séparant volontai-rement de la nation.

« Lindustrie privée peut-elle produire à aussibon marché que lImprimerie nationale ? Un motmaintenant sur les objections des partisans delImprimerie nationale, qui ne sont pas des Aris-tides, et font bon marché de la justice. Ce nestpas à nous à démontrer combien sont illusoiresles prétendus avantages quoffre limprimerie delÉtat; les imprimeurs de Paris sauront bien lesréduire à leur juste valeur. Répondons seulementà lobjection la plus grave et la plus répétée, celledu bon marché, et voyons de quel poids elle est,si elle supporte lexamen et si elle peut être miseen balance avec le droit et la justice.

« Le prétendu bon marché de lImprimerie natio-nale résulte dun arrangement bien simple, aveclequel on met en déroute les investigations quipourraient contrarier les projets denvahissementdes administrateurs de cet établissement. Cet ar-tifice consiste à compter certains articles très bonmarché et à en faire payer dautres beaucoup tropcher, de telle sorte que telle collection de savantsouvrages coûte un prix fabuleux, et que telle ad-ministration dont les impressions ont été enlevéesrécemment à l'industrie privée paye fort bonmarché.

Qui na pas rencontré quelque jeune savantgratifié de moitié des frais dimpression dun ou-vrage, et se plaignant que la seconde moitié desfrais lui coûtât bien plus cher que ne lui eût coûtélimpression de louvrage entier par lindustrieprivé!

« Mais sans discuter des appréciations qui peu-vent être taxées dexagération, la possibilité pourlimprimerie de produire à aussi bon marché quelImprimerie nationale résulte clairement du prin-cipe évident quil y a pour tout imprimeur qui ades frais généraux fixes et des travaux extrême-ment variables par leur nature même, qui, engénéral, se refusent à toute fabrication faite à la-vance, bénéfice considérable à entreprendre auprix coûtant les travaux réguliers, prévus à la-vance, dune grande administration.

« Mais, dira peut-être une personne étrangèreà la typographie, le prix coûtant nest-il pas moin-dre à lImprimerie nationale? Comment cela pour-rait-il être? La principale partie du prix coûtant,le salaire des ouvriers, y est le même, et sil y aéconomie possible dans leur emploi bien entendu,certes lhomme par son intérêt privé la trou-vera mieux que pas un administrateur, quelquehabile quil soit.

« Les moyens de production de lImprimerienationale étant en tout les mêmes que ceux delindustrie privée, d viendrait léconomie? Cenest pas de la composition, les ouvriers composi-teurs ny sont pas différents de tous les autres; cenest pas du tirage, puisquon nemployait toutrécemment que les presses à bras et pas de ma-chines, cest-à-dire que le prix de revient des ti-rages était et est encore, pour la plus grande par-tie des impressions, trois fois plus élevé que dansle premier atelier venu possédant deux ou troispresses mécaniques.

« Le seul refuge des défenseurs est que lonconserve beaucoup de formes: Mais cest encoreune mauvaise plaisanterie, faite toujours dans lasupposition erronée, Dieu merci! quen dehors deladministration il nexiste que des misérables in-capables de faire la moindre dépense immédiateen vue dun bénéfice futur. Est-ce que lindustrieprivée ne conserve pas des modèles pour les admi-nistrations privées, celle des chemins de fer, parexemple? Quon aille donc visiter les imprimeriesqui font ce genre de travaux, et on trouvera desquantités énormes de modèles conservés; les im-primeurs savent parfaitement quil y a avantage àgarder la composition dun modèle destiné à re-passer sous presse pour des administrations quisavent très bien quon ne leur fait pas payer unenouvelle composition pour chaque tirage. Ce sys-tème est pratiqué depuis longtemps par tous lesimprimeurs, et ils nont rien à apprendre à cetégard.

« Enfin lImprimerie nationale na pas de loyer,na pas dintérêt de capitaux à compter. Cestune des causes apparentes dun bon marché quina rien de sérieux. Parce quon a logé gratuite-ment dans un hôtel valant un ou deux millions unmatériel coûtant pareille somme, à qui voudra-t-onpersuader que lÉtat retire un bénéfice en ne comp-tant pas les intérêts de ces capitaux, lorsque dunautre côté il les réalise par des emprunts dont ilpaye fort exactement les intérêts à laide des im-pôts?

« Cest donc, en réalité, lappoint de limpôt quipeut causer une diminution dans les frais; mais,en vérité, ce nest pas sérieusement quon cite untel avantage.

« Quon laisse donc de côté une objection sans 'valeur; grâce à laiguillon de lintérêt personnel,lindustrie privée fera à meilleur marché que lin-dustrie gouvernementale, dans ce cas comme