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ECONOMIE INDUSTRIELLE.

dans tous les autres. Voilà ce qui est certain.

« De l’utilité de l’Imprimerie nationale. 1,’uti-lité-de l'Imprimerie nationale est admise, par quel-ques personnes, dans trois cas : pour les impres-sions secrètes, pour les produits de très grandluxe, enfin pour les impressions en caractèresorientaux. Disons franchement toute notre penséeà cet égard ; elle s’éloigne de celle de beaucoup degens timides, car nous croyons, même dans tousces cas, l’Imprimerie nationale complètement inu-tile.

« Pour les impressions secrètes, en supposantque l’on éprouve la nécessité d’impressions mys-térieuses, c’est une singulière méthode que de lesconfier à un atelier composé de trois cents ou-vriers. Je comprendrais que, comme à la Banquede France , on établit au ministère de l’intérieurdes presse» et un atelier de trois ou quatre com-positeurs, hommes de choix, parfaitement sûrs,tenant à une position avantageuse; mais, en de-hors d’une semblable combinaison, le secret estillusoire, n’existe pas, n’est pas possible.

« Les impressions de luxé sont rares à l’Impri-merie nationale, et la presque totalité de ce qui s’yfait est notablement inférieur aux meilleurs pro-duits du commerce. Cela est incontestable. Enquels points pourrait-elle prétendre à la supério-rité? Est-ce pour les impressions en couleur? (Juel’on compare ce qu’a fait Silbermann de Stras-bourg , n’employant que ses ressources privées,avec ce qu’a fait l’Imprimerie nationale, et l’onverra où est la supériorité. Est-ce pour les ou-vrages de mathématiques surchargés de formules?Que l’on compare le Monge que M. Bachelier vientde publier à ses frais avec les œuvres de Laplace,imprimées aux frais de l’État, et qui n’ont eu poureffet que de faire augmenter le prix de la premièreédition, exempte des fautes que renferme l’éditionofficielle.

* Enfin, le terrain le plus solide aujourd’huipour la défense, ce sont les caractères orientaux.Qui en gravera, dit-on, si l’État ne s’en charge?D’abord, l’industrie privée n’est pas aussi misé-rable qu’on veut bien le dire, et, en plusieurspoints, elle est fort supérieure à l’État. Nous ci-terons les grecs Didot, les seuls adoptés par laGrèce moderne et employés pour tous les beauxouvrages grecs de l’Europe ; les caractères arabesque possède notre maison, et dont nous avonsfourni plusieurs imprimeries de l’Algérie ; les ca-ractères chinois, qu’un graveur a osé entreprendrede graver sur acier sans le moindre concours offi-ciel , travail immense devant lequel on avait tou-jours reculé.

« Mais il y a mieux, c’est que l’industrie privée,loin de trouver un bienveillant concours dans legouvernement, est arrêtée par l’Imprimerie natio-nale. Comment espérer un débouché raisonnablepour un caractère qui ne peut servir que pourquelques savants, lorsque l’État se charge de le

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graver aux frais des contribuables, plus ou moinsdisposés à faire cette dépense?

«*A Leipzig, en Angleterre (pays où l’idéed’une imprimerie royale n’a jamais pu venir à l’es-prit de personne), la fonderie privée a créé descaractères sanskrits, des hiéroglyphes, etc.; icil'Imprimerie nationale a empêché d’en créer.

« On confond, en général, deux choses bien dis-tinctes : les encouragements donnés aux savants,aux publications qui honorent notre pays, et l’exé-cution de ces publications par l'État même. Lors-qu’on ouvre un crédit de 100,000 francs pour unecollection orientale, soyez certain qu’il se trou-vera, sans atelier public, un établissement pourl’imprimer, et, avec l’aide des savants, un carac-tère arabe ou sanskrit convenable. C’est avec cetargent que l’Imprimerie nationale exécute ses gra-vures, avec les mêmes graveurs, les mêmes ar-tistes qu’emploierait l’industrie privée; c’est aveccet argent que celle-ci les exécuterait. Que l’onfasse déposer les poinçons à la Monnaie, au cabi-net des Médailles, si l’on veut, comme curiosité,rien de mieux ; l’État aura toujours l’honneur, ettous les droits seront respectés.

« Je dis même que l’encouragement donné à l’in-dustrie sera beaucoup plus efficace dans ce sys-tème que dans le système actuel. J’appelle vive-ment l’attention sur ce point, car l’observations’applique à toutes les circonstances où l’industrieprivée est substituée à l’industrie officielle. Eneffet, la maison qui aura exécuté des caractèresétrangers s’efforcera d’en tirer parti après quel’État aura terminé ses publications, fera naîtrequelque entreprise pour les utiliser, tandis quedans le système actuel ils restent inabordables auxspéculations de l'industrie privée.

« Mais en voilà assez à cet égard. Qu’on laissesubsister si l’on veut une imprimerie nationalepour produire quelques curiosités, quelques ou-vrages en langues orientales, il n’en résultera quel’inconvénient de faire chèrement ce qu’on eût pufaire à meilleur marché et plus utilement pour lesprogrès de la science et des arts.

« L’Imprimerie nationale et l’atelier national deM. L. Blanc. Nous avons dit déjà combien, parla fondation de l’Imprimerie nationale, tous lesprincipes étaient violés, combien cette interventionde l’État dans une industrie était funeste. Mais cen’est pas seulement dans les faits que la violationdes principes se fait sentir, c’est encore dans lesidées.

« Nous avons souvent entendu dire que grandnombre de compositeurs d’imprimerie apparte-naient à des opinions trop avancées. On s’en étonne,vu leur intelligence; mais le contraire serait bienplus extraordinaire.

« En effet, il faut de deux choses l’une, ou quele citoyen espère arriver au bien-être, à la fortune,par son intelligence et son travail, ou qu’il prenneconfiance dans nous ne savons quelle forme sociale