ÉCONOMIE INDUSTRIELLE.
ÉCONOMIE INDUSTRIELLE.
tat, s’il y a insuffisance. S’il est pour celui-ci unemission sacrée, c’est celle de développer l’éduca-tion morale des citoyens pour en faire des honnê-tes gens, l’éducation intellectuelle pour en faired’habiles producteurs. S’il est un noble but à as-signer aux efforts de l’association de tous, c’estsans contredit celui de rassembler les moyens etles influences propres à développer les plus no-bles facultés de toutes les classes. Cela est tropévident pour qu’il y ait lieu d’insister.
II. MONOPOLES DE PROPRIÉTÉ.
Les monopoles personnels, résultat de l’activitéet de l’énergie de chacun, servent à créer le do-maine de la propriété. L’essence de la propriétéd’une utilité, c’est que celui qui l’a créée en fait telusage qu’il lui plaît: ce droit, que définit le droitromain, d’user et d’abuser, est, de sa nature, ab-solu ; on ne peut le limiter légalement sans spo-liation.
En lui-même, sans correctif, la possession ducapital, des instruments de production serait unmonopole considérable; en analysant les phéno-mènes de la rente, nous en avons apprécié toutela valeur. Mais, comme tous les monopoles, il secorrige par l’offre, par l’abondance des capitaux,qui ont besoin absolu du travail et de la capacitépour fructifier, et qui se multiplient par la circu-lation. C’est dans les moyens de l’activer que setrouvent les remèdes à quelques abus, pour nelaisser que les bienfaits, la facilité d’enrichisse-ment général qui résulte de l’abondance des ca-pitaux ; c’est dans l’activité de cette circulation,facilitée par de bonnes institutions de crédit, queréside le plus puissant moyen de développer lesforces productives, intérêt le plus grand des indi-vidus et des nations.
1° DES INSTITUTIONS DE CRÉDIT.
Dans la plupart des pays, dans tous, nouscroyons, quelques États des États-Unis d’Améri-que exceptés, le privilège d’émettre des billetspayables à vue, et circulant comme des espèces,ne s’exerce qu’en vertu d’un privilège accordé parl’État. Les institutions de crédit les plus impor-tantes, les principales banques de circulation nesont donc pas seulement des monopoles de fait entant que fondées par de puissantes compagnies,mais encore comme agissant avec un privilège lé-gal. On comprend l’importance de cette questionde privilège, puisque, ainsi que nous l’avons déjàdit, c’est dans la circulation des capitaux, dansleur mise à la disposition de la capacité, qu’existele plus puissant levier du progrès industriel, qu’ilfaut que cette condition soit remplie pour que lacapacité, le savoir, la moralité puissent conduireau succès.
Dans notre pays, si puissamment centralisé, agi-ter la question de la liberté des banques à une !époque où l’on a renforcé de tant de manières le ;
privilège de la Banque de France , serait prêcherpour un avenir bien éloigné, et nous ne croyonspas utile de nous arrêter à une question qui n’estque de pure théorie.
Nous ferons seulement remarquer que dans cecas, comme dans tous les autres, l’interventionde l’État, dans une circonstance, la concessiond’un privilège entraîne comme conséquence né-cessaire une succession d’interventions de mêmeordre. De ce que l’État a supprimé la liberté desbanques, en concédant à une compagnie le privi-lège exclusif d’émettre seule du papier-monnaiedans toute l’étendue du territoire, l’a rendue l’ar-bitre de la circulation et du crédit commercial, ildoit s’efforcer de remédier aux inconvénients quepeut entraîner ce monopole. L’État se trouve en-gagé tacitement à faire en sorte, par des encoura-gements s’il est nécessaire, que malgré le mono-pole concédé, et en échange de la sécurité qu’il enretire, le crédit commercial ne soit pas plus rareet plus difficile que dans des pays où règne la li-bellé des banques.
C’est à ces institutions complémentaires, très-capables, nous croyons, de faire jouir la France detous les avantages d’un crédit facile, que nousallons nous attacher, en admettant l’existence dugrand établissement régulateur de la circulation.Nous pensons qu’on peut ainsi obtenir tous lesavantages de la liberté, en même temps que lafixité, la régularité de la valeur de l’instrumentde circulation, du papier-monnaie, qui empêcheles crises où toute la fortune d’une nation peutsombrer.
Capitaux circulants.
Nous ne reviendrons pas sur la question desbanques de circulation qui créent du papier à vue,dont nous avons déjà parlé; nous traiterons sur-tout ici des établissements qui concourent, avecla Banque de France , à répandre le crédit.
Nous avons déjà parlé de l’escompte, mode decrédit le plus employé dans le commerce pourmultiplier les capitaux circulants; nous cherche-rons à compléter ici les considérations développéesplus haut.
Nous empruntons ce qui suit à une brochurepubliée par nous en <848, et qui, malgré son ca-ractère spécial, renferme des idées applicables àtoutes les industries.
« Définissons bien la nature intime de l’es-compte, forme que le crédit prend le plus souventpour venir en aide au producteur.
« Lorsqu’un négociant porte à l’escompte chezun banquier une valeur de commerce, celui-ci luidonne le montant de cette valeur, moins une primeque constitue l’escompte. Cette prime se forme del’intérêt du capital au taux ordinaire, plus d’uneassurance en raison de la solvabilité du négociant;
' c’est là le cachet spécial de l’escompte, le principei en dehors duquel il n’y a qu’idées fausses. L’es-■ compte est avant tout une prime d’assurance , l’es-