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ÉCONOMIE INDUSTRIELLE.

ECONOMIE INDUSTRIELLE.

semblable institution est précieuse, mais encore !pour toutes celles qui servent de base à des fa- ;brications considérables. Ainsi à Lyon , où un éta- ;blissement municipal fort important qui a pour jobjet le conditionnement des soies sur des basesfixes, a puissamment aidé à lui conserver la supé-riorité du marché, il serait très utile de créer quel-que chose d’analogue. Le bon marché'et la régu-larité du prix de la matière première sont lesbases évidentes de la prospérité d’une industrietelle que l’industrie lyonnaise, et il importerait delui assurer ces avantages en présence des effortsde rivaux entreprenants. Or qu’ont fait ceux-ci?Des monts-de-piété pour les soies, c’est-à-dire ceque nous voudrions. La municipalité ne pourrait-elle, par exemple, à l’aide d’un emprunt, créer unentrepôt des soies, et, à un taux d’intérêt peuélevé, faire aurdéposants l’avance des trois quartsde la valeur? Les capitaux engagés dans le com-merce de soies brutes devenant ainsi en grandepartie disponibles agiraient avec plus de facilitépour assurer à Lyon un marché qui ne pourraitplus lui échâpper.

C’est l’idée qu’on a cherché à réaliser à l’âidedes sous-comptoirs du Comptoir national d’es-compte, et qui, appliquée à des industries fournis-sant des matières premières pour d’autres fabri-cations, la papeterie, les métaux, etc., donnera,nous croyons, d’excellents résultats, moins assurésquand ils s’appliquent à des objets de consomma-tion, tels que livres, étoffes, etc., dont le prix estextrêmement variable.

Nous terminerons ce qui a rapport à cette séried’idées en faisant remarquer qu’il ne faudrait pasque les warrants devinssent un moyen de fairel’accaparement sur une très vaste échelle, en per-mettant de différer la vente de la denrée à l’aidedes ressources qu’ils fournissent, et forcer ainsi leconsommateur à en donner un prix trop élevé.

Le remède consisterait à arrêter la marche del’entrepôt, les avances, ou à rendre les récépissésles plus anciens exigibles aussitôt que le cours dela marchandise dépasserait un prix peu différentdu prix moyen et fixé d’avance.

Le système anglais va être appliqué sur unegrande échelle, quant à la mobilisation de la mar-chandise, par la Société de Docks fondée à Paris ;nous craignons que le dernier inconvénient quenous signalons ne s’y fasse bientôt remarquer.

4° Des sociétés par actions.

Le partage de la propriété industrielle s’obtientpar deux moyens : 4° la multiplication des établis-sements industriels; 2° la division de la propriétéd’établissements qui représentent des capi taux con-sidérables en titres d’une société.

Sans entrer ici dans les formes de sociétés paractions que reconnaît le code (société en comman-dite, société anonyme), qui sont connues de tous;des droits et des obligations des associés,questions

qui ressortissent surtout de la jurisprudence com-merciale, nous dirons seulement que ce moyen dedivision de la propriété industrielle s’applique ad-mirablement aux fabrications qui doivent avoirnécessairement lieu sur une grande échelle, auxexploitations essentiellement unitaires; la divisiondes héritages contraint nécessairement les proprié-taires, successivement plus nombreux, des grandsétablissements à adopter cette forme. Un des grandsavantages qui en résultent est que la nécessité detrouver un directeur capable, qui se trouve élevéde suite au niveau des plus grandes positions d’unpays, sans autre fortune souvent que sa capacité,concourt au progrès dont nous avons donné la for-mule : Élever à la tête de la société les plus capa-bles.

La division de la propriété industrielle en ac-tions est donc souhaitable en principe; dans l’ap-plication elle est souvent funeste aux actionnai-res, par deux motifs : l’exagération des apportsdu fondateur, la difficulté de négociation de ti-tres peu connus, qui ne donnent lieu qu’à un petitnombre de transactions.

Le premier inconvénient n’a guère de remèdeque dans une certaine sévérité de mœurs com-merciales , qui ne font accepter que las titresd’une société fondée sur des bases étudiées pardes hommes honorables et spéciaux qui s’y intéres-sent, cautionnée en quelque sorte par eux. Nousne voulons pas ici nous attacher spécialement àcette question; nous allons voir en traitant la se-conde, que nous avons surtout en vue, que le sys-tème que nous proposons aiderait à porter remèdeau premier inconvénient que n^us avons signalé.

C’est énoncer une chose évidente, même pourquelqu’un qui n'a aucune pratique commerciale,que parler do la difficulté de réalisation d’unepart d’intérêt dans une société au capital de 3 ou400,000 fr., qui a pour objet l’exploitation d’unefabrique dont le rayon d’affaires est très limité ; etdont le capital divisé en un petit nombre d’actionsdonne lieu à des transactions trop rares pour pou-voir être côtées à la Bourse . Quels acquéreurs peuttrouver l’actionnaire qui est contraint à réaliser?Évidemment seulement des personnes connaissantl’affaire, c’est-à-dire quelques actionnaires ou legérant. Obligé de solliciter un ou deux acquéreurspossibles, il n’obtient de conclure son marché qu’àl’aide de sacrifices considérables ; le prix est en rai-son de son besoin d’argent bien plus qu’en raisonde la valeur de l’affaire. La demande n’existantpour ainsi dire pas, l’offre entraîne la baisse èt ladépréciation.

Il y a à ceci un inconvénient plus grave encoreque la perte injuste que supportent certaines per-sonnes; il y a, au point de vue économique, éloi-gnement des capitaux de l’industrie, pénurie dutravail productif, langueur du crédit industriel.

Ce crédit, pour la fourniture des moyens de pro-duction, pour la commanditedu travail, forme sous