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ECONOMIE INDUSTRIELLE.

ECONOMIE INDUSTRIELLE.

blic comme dune propriété, il en résulte tout na- ,turellement, pour la représentation du pouvoir so-cial, droit de juger lentreprise projetée.

Ou le pouvoir social, concentrant dans ses mainslexercice de ce pouvoir, ne voulant pas le délé-guer, exécutera lui-même lentreprise; mais alorsen grandissant évidemment la nation administra-tive, en tendant à la centralisation ; ou il se con-tentera de surveiller la délégation de ses pouvoirs;il favorisera lesprit dentreprise, linitiative descitoyens, en tendant à la décentralisation, mais encourant le danger de voir se constituer des mono-poles, sétendant bien au delà des limites quil auracru prévoir.

La France avait pris linitiative du premier sys-tème : rappelons la gabelle si décriée, mais qui,comme service public au moyen âge, pour la dis-tribution dune denrée aussi nécessaire que le sel,était une admirable création avant que limpôt,confondu avec le prix du service, ne fût devenuexcessif. Rappelons ladmirable réseau de nos rou-tes royales affranchies de tout péage, et leur grandeinfluence sur la fusion des diverses provinces deFrance .

Nous prendrons pour exemple dun monopoleexercé par lÉtat celui des postes, pour montrercombien il peut-être dintérêt public quun servicesemblable, exercé au profit de tous, soit administrépar lÉtat. Nous parlerons ensuite des voies decommunication, et surtout des chemins de fer.

MONOPOLE 'DES POSTES.

La régie des postes, la centralisation du trans-\>rt des lettres dans les mains de lÉtat, est fortmcienne en France ; jamais on na songé à confierà dautres quà des foncLonnnaires publics, unservice qui entraîne une grande responsabilité,qui exige la confiance publique.

Sous le rapport de la sécurité pour les objetsconfiés à la poste, de la régularité dans le service,ladministration française ne laisse rien à désirer.Nous navons pas à décrire ici son mode dorga-nisation, que chacunau reste connaît. Constatonsseulement quelle sest laissée singulièrement de-vancer par ladministration anglaise qui a réaliséun si admirable progrès en adoptant le beau sys-tème de M. Rowland-Hill et réduisant à un bonmarché excessif le prix du port des lettres (0 f ,10pour toute lAngleterre).

Grâce à cet exemple et à une expérience per-mettant de constater dune manière positive lesrésultats obtenus, qui rend certain le triplementdu nombre des lettres, lorsquon réduit le prix» duport à nètre plus quune dépense minime, on estenfin arrivé à réduire.en France le prix des let-tres à 25 centimes.

Pour ce faible prix, grâce à léconomie de fraisrésultant de la centralisation du service, et grâceà laccroissement des correspondances, une let-tre parcourt le territoire enlier du pays, un fac-

teur va chercher la personne à laquelle elle estadressée dans quelque village, dans quelque ha-meau qu'elle vive. Et ce service si rapide, si régu-lier, si sûr, fait par des agents rétribués convena-blement, offrant toutes les garanties convenables,et malgré tout cela fait à si bas prix, rapporte àlÉtat 25 à 30 millions comme impôt. Certes au-cun exemple ne peut mieux démontrer la supé-riorité de la régie de lÉtat sur lexploitation parconcurrence, dans ce qui se rapporte à la gestiondun service dintérêt général, dont la centralisa-tion évitant les rouages inutiles, les doubles em-plois, procure une grande économie en mêmetemps quelle assure une exécution parfaite dontjouissent également tous les citoyens, les plus pau-vres comme les plus riches.

INDUSTRIE DES TRANSPORTS.

Une grande, une immense industrie, celle destransports de voyageurs et de marchandises, dontles statistiques les plus récentes font monter lasomme des produits annuels en France à près dunmilliard, était et, en partie encore aujourdhui,est exploitée par une foule de citoyens. Les uns,propriétaires de messageries, exploitaient les gran-des distances de ville à ville, et malgré le mo-nopole quavaient su se créer, à laide de grandscapitaux, deux riches compagnies, leur nombreétait très considérable. Quant au transport desmarchandises, outre une très-grande quantité den-trepreneurs de roulage propriétaires de servicesdits accélérés, une multitude de charretiers, pro-priétaires de leur charrette et de leurs chevaux[lélément démocratique du roulage, dont la con-currence des grandes entreprises na jamais putriompher), faisait la très majeure partie des trans-ports de marchandises sur toute la surface de laFrance .

Si lon ajoute à ces intérêts ceux des maîtres deposte dont les établissements étaient dune grandeimportance, on admettra facilement que la trans-forftiation dune industrie aussi capitale exigeaitles plus grandes précautions à tous les points devue, et notamment à celui de la destruction desmoyens dexistence dune classe nombreuse de ci-toyens, parvenus à trouver dans leur travail lai-sance et quelquefois la fortune.

En outre il importe de remarquer que le prixdu transport venant sajouter au prix de toutes lesdenrées, qui ne se consomment pour ainsi dire ja-mais sur les lieux de production, les richesses dunpays saccroissent avec lamélioration des moyensde transport, le prix des marchandises baissantpar cela même sur les lieux de consommation.Aussi cette question a-t-elle toujours été au premierrang de celles dont une société bien organisée sestpréoccupée. Construction de routes, de canaux,creusement du lit des rivières, amélioration desports de mer, etc., tous ces travaux sont au pre-mier rang de ceux qui peuvent servir à développer