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Tome premier.
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LIVRE I.

2 '.!

CHAPITRE III.

Ces deux traités ouvraient à Napoléon lechemin de la Russie ; mais, pour pénétrerdans les profondeurs de cet empire, il fallaitencore s'assurer de la Suède et de la Turquie .

Toutes les combinaisons militaires s’étaienttellement agrandies, qu’il ne s’agissait plus,pour tracer un plan de guerre , de considérerla configuration d’une province, celle d’unechaîne de montagnes, ou le cours d’un fleuve.Quand des souverains tels qu’Alexandre etNapoléon se disputaient l’Europe , c’était laposition générale et relative de tous les em-pires qu’il fallait embrasser d’un coup d’œiluniversel; ce n’était plus sur des cartes par-ticulières , mais sur le globe entier que leurpolitique devait tracer ses plans guerriers.

Or la Russie est maîtresse des hauteurs del’Europe , ses flancs sont appuyés aux mersdu nord et du sud. Son gouvernement ne peutque difficilement être acculé et forcé à com-poser, dans un espace presque imaginaire,dont la conquête exige de longues campagnes,auxquelles son climat s’oppose. Il en résulteque, sans le concours de la Turquie et de laSuède, la Russie est moins attaquable. C’était