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Tome premier.
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CHAPITRE III.donc avec leur secours qu’il fallait la surpren-dre , attaquer au cœur cet empire dans sa mo-derne capitale, tourner au loin, en arrièrede sa gauche, sa grande armée du Niémen ,et non pas brusquer seulement des attaquessur une partie de son front, dans des plainesoù l'espace empêche le désordre, et laisse tou-jours mille chemins ouverts à la retraite decette armée.

Aussi les plus simples dans nos rangs s’atten-daient-ils à apprendre la marche combinée dugrand-visir vers Kief, et celle de Bernadotte en Finlande . Déjà huit monarques étaient ran-gés sous les drapeaux de Napoléon ; mais lesdeux souverains les plus intéressés à sa que-relle manquaient encore à son commande-ment. 11 était digne du grand empereur defaire marcher toutes les puissances , toutes lesreligions de l’Europe à l’accomplissement deses grands desseins : alors leur succès était as-suré , et si la voix d’un nouvel Homère eûtmanqué à ce roi de tant de rois, la voix dudix-neuvième siècle, devenu le grand siècle,1 aurait remplacé ; et ce cri d'étonnementd’unâge entier, pénétrant et traversant l’avenir,aurait retenti de génération en générationjusqu’à la postérité la plus reculée.

Tant de gloire ne nous était pas réservée.

Qui de nous , dans l’armée française, ne sesouvient de son étonnement, au milieu deschamps russes, à la nouvelle des funestes trai-