CHAPITRE IV. 3o
de ce général avec son frère, soit douceur ,compagne ordinaire de la force , soit étonne-ment , il le laissa sortir.
Dans cette même nuit, un conciliabule ,formé de dix députés du conseil des cinq-cents ,s’était rassemblé chez S— ; Bernadotte s'yrend. On y convient que le lendemain, dès neufheures, la séance du conseil s’ouvrira ; queceux de leur opinion en seront seuls avertis ,que l’on y décrétera que , pour imiter la, sa-gesse que vient de montrer le conseil des an-ciens en nommant Bonaparte général de sagarde, le conseil des cinq-cents choisit Berna dotte pour commander la sienne ; et que celui-ci , tout armé, se tiendra prêt à y être appelé.C’est chez S.... que ce projet est formé , c’estS qui court le révéler à Napoléon . Une me-nace suffit pour contenir ces conjurés : aucunn’osa paraître au conseil, et le lendemain larévolution du 18 brumaire s'accomplit.
Depuis , Bernadotte satisfit à lar prudencepar une feinte soumission ; mais Napoléon garda dans son cœur le souvenir de sa résis-tance. Il suivait des yeux tous ses mouvemens ;bientôt il l’entrevit à la tête'd’une conspira-tion républicaine qui se trama dans l’ouestcontre lui. Une proclamation prématurée ladécouvrit ; un officier, arrêté pour d’autrescauses, et complice de Bernadotte , en dénon-ça les auteurs. Cette fois Bernadotte étaitpei-du si Napoléon eût pu le convaincre.