172 LIVRE IV.
partout à la fois ; tant la renommée agranditl’homme de génie , en remplit le monde, eten fait comme un être surnaturel, en le ren-dant présent partout.
Ce choc fut violent et opiniâtre de la partdes Russes , mais sans combinaison. Bagra-tion , rudement repoussé , fut encore forcé deretourner sur ses pas. Il alla passer le Borys-thène à Novoï-Bickof, où il entra dans l’inté-rieur de la Russie , pour se joindre enfin àBarclay, au-delà de Smolensk .
Napoléon dédaigna d’attribuer ce mécompteà l’habileté du général ennemi : il s’en pritaux siens. Déjà, il sentait que sa présence étaitpartout nécessaire , ce qui la rendait partoutimpossible. Le cercle de ses opérations s’étaittellement agrandi , que , forcé de rester aucentre, il manquait sur toute la circonférence.Ses généraux , fatigués comme lui, trop indé-pendants les uns des autres , trop séparés , eten même temps trop dépendants d« lui ,osaient moins et attendaient souvent ses or-dres. Son influence s’affaiblissait dans cetteétendue. Il fallait une trop grande âme pourun aussi grand corps : la sienne, quelque vastequelle fût, n’y pouvait suffire.
Mais enfin , le 16 juillet!armée entière étaiten mouvement. Pendant que tout se hâtait ets’efforcait ainsi , il était encore dans Vilna ,qu’il faisait fortifier. Il y ordonnait la levée - deonze régiments lithuaniens. Il y établissait le