i86 LIVRE IV.
aborde et tourne la gauche ennemie : ils res-saisissent la fortune ; les Russes rentrent dansleurs forêts.
Cependant, à leur gauche, ils s'obstinaientà défendre un bois épais, dont la positionavancée rompait notre ligne. Le quatre-vingt-douzième régiment, étonné du feu qui ensortait, étourdi par une grêle déballés, de-meurait immobile, n’osant ni avancer ni re-culer, retenu par deux craintes contraires,celle de la honte et du danger, et n’évitantni l’une ni l’autre ; mais le général Belliard ,que suivit bientôt le général Roussel, courutle ranimer par ses paroles , l’entraîner par sonexemple, et le bois fut emporté.
Par ce succès, une forte colonne, qui s’é-tait avancée sur notre droite pour la tourner,se trouva tournée elle-même; Murat s’enaperçut ; aussitôt, l’épée à la main : « Que lesplus braves me suivent ! » s’écria-t-il. Maisce pays est sillonné de ravins, qui protégèrentla retraite des Russes ; tous allèrent s’enfon-cer dans une forêt de deux lieues de pro-fondeur, dernier rideau qui nous cachait Vi-tepsk.
Après un combat aussi vif, le roi de Napleset le vice-roi hésitaient à se hasarder dans unpays si couvert, quand l’empereur survint;ils accoururent vers lui, lui montrant ce quivenait d’être fait, et ce qui restait à faire. Na-poléon se porta d’abord sur le sommet le plus