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Tome premier.
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204 LIVRE V.

fondront. De là ces profonds ravins si inatten-dus , qu’aucun mouvement de terrain ne faitprévoir , inaperçus à quelques pas de leursbords, et qu’on a vus dans ces vastes plaines,surprendre et arrêter tout-à-coup des chargesde cavalerie.

II ne fallait à des Français qu’un mois pourmettre cette ville à l’abri d'un siège, mêmerégulier : on négligea d'ajouter ce peu d’art àla nature. En même temps quelques millionsindispensables à la levée des troupes lithua-niennes , leur furent refusés. C’était le princeSangutsko qui devait aller commander l’in-surrection du sud ; on le retint au quartierimpérial.

Au reste, la modération des premiers dis-cours de Napoléon , n’avait pas trompé ceuxde son intérieur. Ils se rappelaient qu’à la pre-mière vue du camp vide des Russes , et deVitepsk abandonnée, les entendant se réjouirde cette conquête , il s’était retourné brus-quement vers eux , en s'écriant : « Croyez-» vous donc que je sois venu de si loin poura conquérir cette masure ! » On savait d’ail-leurs qu’avec un grand but , il ne formait ja-mais qu’un plan vague , n’aimant à prendreconseil que de l'occasion , ce qui convenait àla promptitude de son génie.

Au reste , 1 armée entière fut comblée desfaveurs de son chef. S'il rencontrait des con-vois de blessés, il les arrêtait, s’informait de