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Tome premier.
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206
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206 LIVRE V.

vaux, et attendre les ambulances, l’artillerie,les pontons, qui se traînaient encore pénible-ment dans les sables lithuaniens pour nousatteindre. Sa correspondance avec l’Europe devait encore le distraire. Enfin, un ciel dévo-rant l’arrêtait ! car tel est ce climat : le ciel yest extrême, immodéré; il dessèche ou inon-de , brûle ou glace cette terre et ses habi-tants , qu’il semble fait pour protéger : at-mosphère perfide , dont la chaleur amollissaitnos corps, comme pour les rendre plus ac-cessibles aux frimats, qui devaient bientôt lespénétrer.

L’empereur n’y était pas le moins sensible;mais quand le repos l’eut rafraîchi, qu’il nevit arriver aucun envoyé d’Alexandre, et queses premières dispositions furent prisés, l’iiu-patience le saisit. On le vit inquiet : soit que,comme à tous les hommes d action , 1 inactionlui pesât, et qu’à l'ennui d’attendre il préfé-rât le péril, ou qu'il fût agité par cet espoird’acquérir qui , chez la plupart , est plus fortque la douceur de conserver, ou la crainte deperdre.

Ce fut alors surtout que l’image de Moscou prisonnière obséda son esprit; c’était le termede scs craintes, le but de ses espérances. Danssa possession , il trouvait tout. Dès lors , oncommença à prévoir qu’un génie ardent, in-quiet, accoutumé aux voies courtes , n’atten-drait pas huit mois, quand il sentait son but