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CHAPITRE 1. 3o;
à sa portée , quand vingt journées suffisaientpour l’atteindre.
Au reste, qu’on ne se presse pas de jugercet lionune extraordinaire sur des faiblessescommunes àtousleshommes : on va l’entendrelui-même, on verra jusqu’à quel point sa po-sition politique compliquait sa position mili-litaire. Plus tard encore, on blâmera moins larésolution qu’il va prendre, quand on verraque le sort de la Russie tint à un jour de santéde plus, qui manqua à Napoléon sur le champmême de la Moskwa .
Cependant, il parut d’abord ne pas oser s’a-vouer à lui-même une si grande témérité : maispeu à peu il s’enhardit à la considérer. Alorsil délibère , et cette grande irrésolution , quitourmente son esprit, s’empare de toute sapersonne. On le voyait errer dans ses appar-tements comme poursuivi par cette dangereusetentation : rien ne peut plus le fixer; à chaqueinstant il prend, quitte et reprend son travail;il marche sans objet, demande l’heure, consi-dère le temps ; et, tout absorbé , il s’arrête ,puis il fredonne d’unairpréoccupé, et marche
encore.
Dans sa perplexité , il adresse des parolesentrecoupées à ceux qu’il rencontre. « Eh bien!*> que ferons-nous?resterons-nous?irons-nous» plus avant? comment s’arrêter dans un si11 glorieux chemin ? » Il n’attend pas leur ré-ponse , il erre encore ; il semble chercher
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