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LIVRE V.
» Russie n’avait pas fait la paix, elle était» perdue ; que Smolensk était la clef des deux» routes de Pétersbourg et de Moscou ; qu’il» fallait s’en saisir : alors il pourrait marcherb en même temps sur ces deux capitales, pour» tout détruire dans l'une et tout conserverb dans l’autre, u
Ici, le grand-maréchal lui fit observer qu’ilne trouverait pas plus la paix à Smolensk , etmême à Moscou , qu’à Vitepsk ; et que pours’éloigner autant de la France , les Prussiens étaient des intermédiaires peu sûrs. Mais l’em-pereur répliqua « que dans cette supposition,» la guerre de Russie ne lui présentant plusb aucune chance avantageuse , il y renonce-» rait ; qu’il tournerait ses armes contre la» Prusse ; et qu’il lui ferait payer les frais deu la guerre, u
Daru vint à son tour. Ce ministre est droitjusqu’à la roideur, et ferme jusqu’à l’impas-sibilité : la grande question de la marche surMoscou s’engagea; Berlhier seul était pré-sent ; elle fut agitée pendant huit heures con-sécutives ; l’empereur demanda à son ministresa pensée sur cette guerre : « qu’elle n’estu point nationale, répliqua Uaru ; que l’in-« troduction de quelques denrées anglaises en» Russie , que même l’érection d’un royaurn®» de Pologne , ne sont pas des raisons suffi'a santés pour une guerre si lointaine ; qu®a vos troupes , que nous-memes, nous n’en