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Tome premier.
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216 LIVRE V.

» plus compter sur les bonnes dispositions des» habitants. D’après ses ordres secrets , ils ont» été sondés, mais inutilement. Comment les» soulever pour une liberté dont, ils ne com-» prennent pas même le nom ? par où avoir» prise sur ces peuples presque sauvages, sans» propriétés, sans besoins? Qu’avait-on à leur» arracher ? Avec quoi les séduire ? Leur seul» bien était la vie , qu’ils emportaient dans des» espaces presque infinis. »

Berthier ajouta : « que si nous marchions» plus avant, les Russes auraient pour eux nos» flancs trop alongés , la famine , et surtout>> leur puissant hiver ; tandis qu’en s’arrêtant,

» l’empereur mettrait I hiver de son côté, etse» rendrait maître de la guerre; qu’il la fixerait» à sa portée, au lieu de la suivre trompeuse,

» vagabonde, indéterminée. »

Berthier et Daru répliquaient ainsi. L’em- 1pereur les écoutait doucement ; plus souvent,il les interrompait par des raisonnements sub-tils : posant la question suivant ses désirs, oüla déplaçant, quand elle devenait trop près'santé. Mais quelque fâcheuses que fussent le*vérités qu’il eut à entendre, il les écouta pa-tiemment et y répondit de même. Dans toutecette discussion , ses paroles , ses manières , .tous ses mouvementsfurent remarquables pal - |une facilité , une simplicité , une bonhomie,qu’au reste il avait presque toujours dans soeintérieur ; ce qui explique pourquoi , malgi -e