LIVRE V.
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Celui-là, pour mieux plaire , répondait hardi-ment de l’ardeur de ses soldats, dont les visa-ges amaigris s’accordaient mal avec les flatte-ries de leur chef. L’empereur croyait à cetteardeur, parce qu’elle lui plaisait, et parce qu’ilne voyait le soldat qu’à des revues : dans cesoccasions où sa présence, la pompe militaire,cet entraînement mutuel des grandes réunions,exaltaient les esprits ; où tout enfin , jusqu’àl’ordre secret des. chefs, commandait l’enthou-siasme.
Encore n’était-ce que de sa garde qu’il s’oc-cupait ainsi. Dans l’armée , les soldats se plai-gnaient de son absence. « Ils ne le voyaient» plus qu'aux jours des combats , quand il« fallait mourir-, jamais pour les faire vivre.» Tous étaient là pour lui , et lui ne semblait» plus y être pour eux. »
Ils souffraient et se plaignaient ainsi ; maissans assez sentir que c’était là un des malheursattachés à cette campagne. La dispersion descorps d’armée étant indispensable, pour qu’ilspussent trouver des subsistances dans ces dé-serts ; cette nécessité tenait Napoléon loin dessiens. A peine sa garde pouvait-elle vivre ets’abriter autour de lui : le reste était hors desa portée. Plusieurs imprudences venaient, ilest vrai , d’être commises; on ignore par quelordre , au quartier impérial, on avait osé re-tenir à leur passage, et pour la garde, plusieursconvois de vivres qui appartenaient à d’autres